‹ L'Année cartographique (volume 3)Chapitre 106 sur 115 · RÉGIONS · texte numérisé non relu

RÉGIONS

L'année 1908 a été marquée dans les parages arctiques par un désastre qm a causé partout, niais surtout en Danemark, une profonde émotion. %lîus-Erièj|sen» le chef de l'expédition danoise, partie en lüflfi, pour reconnaître la rôle nord-est du Grônland, a succombé avec deux de ses compagnons, épuisés et vaincus par 9a fatigue, les privations et le jeûne dans la région même qu’ils avaient découverte.

L'expédition Mylîus-Erichsen était montée sur le Damnai k, solide bateau commandé par le capitaine Trolle. Son but était fie continuer et d'achever l'œuvre d’exploration, admirablement poursuivie par le Danemark, sur la cote orientale du Grônland; par conséquent, de reconnaître l’angle nord-est de cette terre et rejoindre les derniers rivages connus aux côtes relevées par l'explorateur américain Peary.

Au prix de sa vie, Mylins-Erichsen a pleinement réussi dans l'accoinplissement de celte mission, et le dernier blanc est effacé sur le littoral de la grande île d a mi-américaine.

L’activité dans* l'exploration des régions polaires a été, d'ailleurs, particulièrement intense pendant ces dernières années, et au moment môme où les planches de VAnnée cartographique sont sons presse et mi nous écrivons ces ligues, deux télégrammes sensationnels arrivent eu Europe, presque simultanément, pour annoncer au monde que l'homme aurait enün foulé Pmi des points où se rejoignent Ions les méridiens de la terre. Après des siècles d'efforts et de vaines tentatives, deux hommes, deux Américains, auraient réussi, à une année d'intervalle, à atteindre le Pôle Nord, L'un, le D r Cook, parti sans bruit et profitant de circonstances particulièrement favorables, y serait parvenu le 'il avril 1903; l'autre, le commandant Peary> un vétéran des explorations arctiques, accomplissant sa sixième expédition avec une impeccable méthode, profitant de P expérience acquise et des fruits déjà récoltés, l’aurait touché et y aurait arboré le pavillon étoilé Je 9 avril 1909.

Sans doute, la géographie polaire retirera relativement peu de résut tais de ces victoires si longtemps convoitées; sans doute aussi, Pou savait déjà que le Pôle Nord du glôbe n'avait plus grand'chose à nous révéler et l’on a pu dire que ce ne sont là que des records; mais celte constatation n’est pas faite pour diminuer le mérité el Je lustre héroïque qui s'attachent à de (elles aventures, si Pop songe aux sommes qui ont été dépensées et aux existences qui ont élé sacrifiées depuis LauL d'années pour atteindre ce but,

Nous reviendrons Pan prochain sur ces expéditions, qui appartiennenl par la <lnte de leur révélation au fascicule de 19U9. Des doutes ont été émis, au surplus, sur la sincérité des deux explorateurs. D'ici là, leurs observations auront été contrôlées par des commissions scientifiques, leurs itinéraires auront été publiés avec exactitude; nous pourrons donc les porter sur une carte des régions polaires à côté des routes suivies par leurs glorieux devanciers.

Désormais, c'est sur l'An tard i que que se portera principalement l’intérêt des explorateurs et même du public, que passionnent les péripéties des grandes expéditions polaires.

Non seulement, au Pôle Sud, l'énigme n'est pas encore résolue, mais surtout il n'est pas de campagne scientifique qui n'apporte quelque nouveauté, qui ne donne la solution de quelque problème intéressant la physique Ju globe, dans l'immensité de ce continent dont les contours rie nous sont pas encore révélés cl dont la physionomie intérieure esL encore pleine de mystères.

L'exploration des parages antarctiques avait subi une éclipse pendant un assez long temps. Après les mémorables campagnes anglaises commandées par J. Ross (1840-45), on n'y vit que le nom de Nares, qui, eu 1875-74, commandant l'expédition du Challenger t n'aLteîgnit même pas le corde polaire. La série des explorations australes restait bien pauvre en comparaison de celles du Pôle arctique, lorsqu'on 1898 l’expédition de la Belgica attira de nouveau les yeux vers le Pôle austral; et une nouvelle émulation ne tarda pas à donner d'heureux rêsullats. L'expédition anglaise de la Southern Cross (19011), commandée par le Norvégien Bdÿhgrevinck, réussît à dépasser par 78° : &ü\ la latitude atteinte par Ross en 1842 (78° 10''). Puis, coup sur coup, ce furent l'expédition écossaise de fii Scolia (!9n5-Û4) qui, dans les parages déjà vus par Weddetl en 1825, découvrit une nouvelle terre, le (’oats Land; l'expédition allemande du Gauss (1902), qui ne fut pas très heureuse dans ses résultats; l’émou¬

AMÉRIQUE

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