SOUDAN ET CONGO FRANÇAIS
Dans la région de la Côte dTvoire, il faut signaler l'important voyage exécuté en 19132 par M. G. Thomaiin, administrateur des colonies, de Sassandra, sur la côte, à Ségnëla, à travers une région encore très peu connue. M. Thomann a rapporté de son voyage d’intéressants renseignem ents carlc)graph îques.
Les travaux de la commission franco-anglaise pour la délimitation de la Côte d Ivoire et de la Côte de l'Or (voir Année carîog., fasc. 12) plusieurs fois repris et interrompus, comme on sait, ont été activement poussés sur le terrain pendant le cours de l'année 1902 cl ont définitivement abouti, Je l* r février 1905, à la signature d'un arrangement qui modifie à peine les arrangements provisoires des 12 mai et 7 juillet 1902. Les levés de précision (6000 kilomètres d'itinéraires, appuyés sur de nombreuses observations astronomiques) apportent une précieuse contribution à ta connaissance cartographique de ces régions. Nous en donnerons une réduction dans notre prochain supplément.
Au Togo, une mission a étudié le tracé d'un chemin de fer à voie étroite, long de 120 kilomètres, destiné à relier Lomé à Misahohe. Inc commission mixte anglo-allemande a procédé sur le terrain à la délimitation de la frontière occidentale du Togo conformément à la convention de 1899i elle a terminé ses travaux à la fin de 1902.
C'est à la fin de 19(32 qu'est partie la commission mixte chargée, sur le terrain, de la délimitation de la frontière franco-anglaise entre le Niger et le Tchad. La mission française esL commandée par le capitaine Moll et la mission anglaise par le colonel Elliott. Les deux sections se sont rencontrées à Dioundiou en mars 1905. On sait que la France réclame une rectification de la frontière au sud de l’arc de cercle de Sokolo, la région au nord de la ligne actuelle ne permettant pas, à cause de sou extrême aridité, le passage de nos convois chargés de ravitailler le 5“* territoire.
Dans la Nigeria, il faut signaler les expéditions militaires entreprises au Bornou par le colonel Moriaud et ses officiers, les capitaines Cochrane et Moleswcrth; des postes ont été fondés et Je levé topographique de la région avoisinant le Tchad a été commencé méthodiquement.
Au La mérou n, le colonel Pavel, commandant les troupes de la colonie, a dirigé 1111 e expédition dans le Hinterland de la colonie. Parti de Garoua,
poste fonde par le lieutenant Eominik au commencement de ranime, le colonel l avel a occupé Dikqa et a poussé une pointe jusqu'au Tchad; î! est revenu sur la côte, à Kribî, par Ngaoundëré et Tibati. Par suite, plusieurs stations militaires ont été installées, notamment à Ngaoundêré et à fier loua.
lue autre mission, commerciale, celle-là, dirigée par H. Bauer, est jiari.c de Garoua Tcrs la fin de 1 002; elle a exploré la région entre fiei fioiiha et la frontière franco-allemande, (où elle a suivi les traces do
expédition Lôfler) la zone de partage des eaux entre In Dénoué et le Logone, les sources du Hao-fobina et delà Dénoué et a rallié son itinéraire <1 aller a Dproum.
Ces différentes missions ou expéditions ont rapporté de nombreux documents scientifiques, qui amélioreront grandement lu représentation cartographique de res régions encore si mal connues du Cameroun allemand.
ka région française du Tchad, du Chariot du llaut-Oiibaugiii a continué detiv le siège d'une féconde activité pendant l'année 1902.
Les rives du lac Tchad, ses Mes et ses environs ont été explorés par le colonel Destenave et ses collaboïgtcurs : renseigne de vaisseau d’Huart, les capitaines Truffer!, Dubois, Eézu, etc...
Les levés de ces officiers confirment, en les précisant, ceux des missions Joalland-Meyitier cl Foureau-Lamy pour ce qui est delà forme nouvelle qu a fléchi nt les rives orientales du lac; ils permettent, en plus, de représenter pour la première fois, avec exactitude, les fies nombreuses qui avoisinent ces rives. Ces îles constituent deux grands archipels : celui de Kouri. qui emplit la grande haie qui se termine par la.dépressïon du Bahr-cl-Ghazal, et celui de Boudounia, qui borde la côte du Kancraî à partir du la 0 MY de latitude nord.
Des îles, au nombre d'environ 80, généralement basses, sablonneuses oublieuses, avec do nombreux pâturages, sont toutes orientées N.-N.-O. S.-S.E.; beaucoup sont habitées par des indigènes islamisés, qui vivent de TeJevage, de la culture du mil eL de là pêche.Une carte topographique et bathymétrique de ces archipels a été dressée au 1 / 200000 par 1 enseigne dTluart.
En dehors des reconnaissances hydrographiques du Tchad, les officiers et administrateurs faisant partie de la mission Destenave ont effectué do nombreux autres travaux qui ont été, paraît-il, utilisés pour îa construction d'une carte générale au J/2000100* s'étendant de EOubangui an nord du Kanem et dont l'auteur est Je capitaine fiezn, chef du service géographique.
Les principaux levés exécutés sont ceux du capitaine Dangeville, du Lhari, par Kouka, en territoire anglais, jusqu'à ÎVguîgmi sur notre frontière du nord-ouest, et dans Lest, au lac Fïttri, à Yao, à Midogo et jusque dans le Umidat; du capitaine Eellion, dans la dépression du Bahr-el-Gazal : du capitaine Faraire; au Bahr-el-Salamaf ; de M. Bruel sur la Fafa el dans le bassin du Chari.
MM. Rousset et Ferdrîzet, administrateurs des colonies, sont parties de Fort Sibiit (ancien Krébedjé) pour reconnaître la navigabilité de la rivière Fafa, qu'ils ont descendue en bateau depuis te G™ parallèle nord environ jusqu'à son continent, vers Je 7° 20' de latitude nord, avec le Bahr Sara, large, à partir de cet endroit, de 2Ü0 à Sflfi mètres et dont Je cours, assez tranquille et sans rapides, est navigable, en aval, toute Tannée, pour les vapeurs.
La nouvelle voie découverte par MM. Rousset et Perdrizel, raetjïnircissant considérâblement la roule de terre qui mène de B an gui au bassin du Chari, assurera désormais le ravitaillement plus économique clés territoires du Tchad et donnera, par suite, un plus grand essor au développement du Centre africain français. Il faut malheureusement déplorer la mort de M. Rousset qui a succombé aux fatigues de l'expédition eu revenant a la côte.
Le capitaine Julien, résident de France à N’Delé, a exploré la région qui s’étend entre Fort Crampe! et sa résidence, autour de laquelle il a largement rayonné,
La mission scientifique de Mr A. Chevalier, avec ses collaborateurs, MM. Courtet, l) r Decorse, Martret, a pour champ d'action actuel les mêmes régions; elle y est parvenue vers la fin de 1902, et a déjà fait parvenir en France d'intéressants renseignements.
M. Superville, remontant la Kotlo, est également parvenu à YDelé au mois de décembre 1902, après avoir découvert les sources du Kounugo et coupé, dans une région montagneuse, les hauts affiuenls du Chari.
M. Séguin, de la Société du Kouango, a exploré le cours du kounugo, affluent de TOubangui, et a remonté son cours à environ 180 kilomètres au delà du point ou s'était arrêté M. Panel.
Nous avons pu, dans notre carte du Congo français et territoires du Tchad, utiliser déjà un certain nombre de renseignements recueillis par ces différents voyageurs et donner ainsi nue image à peu prés complètement nouvelle de ces régions. Pour les rives et les Mes du Tchad, par exemple, trous avons reproduit, en l'assujettissant aux positions antérieures, les tracés des collaborateurs de M. Destenave. Le bassin du Chari et la région civile des territoires du Tchad est une réduction de la grande carte au 1/5110000° de M. Bruel que nous devons à l'obligeance du Service cartographique des Colonies,
Nous avons utilisé les réductions des itinéraires des missions Chevalier et SuperviIle publiées dans le Bulletin de la Société de Géographie.
Du Bulletin du Comité de l'Afrique française, nous avons extrait l'itinéraire provisoire de l'expédition Lôfler et le tracé du Kouango de 31. Séguin; du Bullelin de la Société de Géographie commerciale et d'une carte inédite de la Société des caoutchoucs et produits du Loba y t le cours nouveau du Bâti, d'après MM. Dessirier de Pauwell et Bburgeaii (voir Ann. Cartog., 12" fasc.). Le Service cartographique du Ministère des colonies a bien voulu nous communiquer également le tracé provisoire de la frontière méridionale du Cameroun, fixée parla Commission francoallemande de délimitation, ce qui nous a amenés à déplacer vers Test le cours de fa Sangba et tout le système hydrographique s'y rattachant.
ANNÉE CARTOGRAPHIQUE -(Treizième Année 11902
PUBLIÉ par la LIBRAIRIE HACHETTE ET C'. c
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