BOLIVIE — BRÉSIL
On sait que le territoire, depuis quelques années appelé Acre, du nom de l'unodes branches du Rio Purus, grand affluent de l'Amazone, et qui s'étend en forme triangulaire entre Brésil, Pérou et Bolivie, était devenu matière à contestation entre ces trois pays depuis qu'on y avait trouvé l'or, le pétrole, le charbon, et surtout depuis que l'exploitation du caoutchouc y avait attiré une population avide de s'enrichir.
Si les frontières étaient peu précises, la nationalité des habitants était encore plus complexe* Entre le Brésil et la Bolivie surtout, la question de frontières avait soulevé plusieurs fois des orages.
Après un long litige et plusieurs explorations scientifiques, le Brésil avait reconnu, parle protocole de 1898, interprétant le traité de 1807, les droits de la Bolivie sur ce territoire* Les Acrenses firent de la résistance* Le parti brésilien ne voulait pas du joug de la Bolivie. Tous regrettaient l'indépendance passagère* Bientôt, cependant, à la suite de deux expéditions successives envoyées contre eux par le gouvernement de Bolivie, et jugeant que la résistance, toute facile qu'elle était, tes détournait de P exploitation du caoutchouc, ils se résignèrent, en apparence, à être Boliviens* Mais la pacification de l'Acre devait être illusoire* L'Amazonie devint un foyer d'intrigues tendant à entretenir, chez les Brésiliens de l’Acre, un état d'agitation et de révolte* D'autre part, les revendications du Pérou sur ce même territoire et les difficultés à le mettre en valeur, en raison des distances et du climat, créaient à la Bolivie de nouveaux soucis. Aussi ccïie-rt se décida-t-elle simplement à concéder l'exploitation du pays à un syndicat anglo-américain.
De là, protestations du Brésil, qui ne voulait pas reconnaître les droits des étrangers que la Bolivie lui donnait pour voisins. La Bolivie, pour éviter que sa souveraineté sur l'Acre fût remise en question, sollicita les bons offices du gouvernement des États-Unis, démarche qui provoqua une crise aiguë entre les gouvernements de La Paz et de Rio*
Dans ces circonstances critiques, le Brésil et la Bolivie consentirent à un ntûdits vivendi , signé à La Paz en mars 1905, par lequel les troupes du premier État devaient occuper l'Acre et celles du second les rives de la rivière Ortôn, avec des postes avancés sur le Rio Abîma, Le Brésil recueillait les droits sur l'exportation du caoutchouc et en versait ensuite la moitié à la Bolivie; si, après quatre mois, les intéressés n’étaient pas parvenus à s'entendre directement et définitivement, la question devait être soumise à un arbitrage.
Fort sagement, les deux républiques ont mis un terme à leur différend en signant un traité nouveau et définitif à Pétropofis, le 17 novembre 1905*
On verra sur notre carte ce qu'est la nouvelle frontière ot comment elle répartit la région entre les deux voisins* Tandis que le cours inférieur du Rio Acre est laissé au Brésil — la partie supérieure de celte rivière formant la limite nouvelle, — la Bolivie obtient le triangle que forment en se réunissant le Rio Madeira et. son affluent le Rio Abuiià* Ce triangle de pays était auparavant rejeté du côté brésilien par la ligne provisoire qui réunissait les sources du Rio Yavary au point ou le Rio Madeira coupe le parallèle 1020' au sud de l'Équateur.
Y* Il LOI*
AMÉRIQUE
AMÉRIQUE DU NORD