NOTICE SUR LE LAC TCHAD
Le lac Tchad est une vaste nappe d’eau occupant le fond de la cuvette centre-africaine, entre 12®50'et 14"20' de latitude EV. et 10" 10' et 12°20' de longitude E. fi marque, pour ainsi dire, un intermédiaire entre La zone équatoriale et la région saharienne qui commence avec le Kanem. Il reçoit au sud le Chari, va s Le fleuve au régime irrégulier, et la Komadougou Yobbé, qui est plutôt une succession de mares réunies pendant la saison des hantes eaux. Les travaux particulièrement documentés de M. renseigne de vaisseau Audouin. résultat d’un séjour de plus de deux années presque ininterrompues sur le lac, ont à peu près définitivement fixé les régies de T hydrographie du Tchad. Les eaux du la c vont en s’approfondissant insensiblement de Test, où le sol du fond se relève en nombreux bourrelets, vers l’ouesL : de sorte que si la côte occidentale est assez raide et permet toute Tannée la navigation des embarcations à faible tirant d’eau (les plus grands fonds sont de 3 métrés), toute la côte orientale forme un vaste archipel et, comme l'évaporation des eaux est continuellement supérieure aux apports, cet archipBI augmente tous les ans. Il y a quelques années à peine le Tchad occupait une superficie presque double. Malgré ht crue exceptionnelle de 1905-1904, l’apport dos eaux de ses affluents n’a pas pn balancer l’évaporation, et la diminution de sa superficie s’est accentuée considérablement. Cette diminution, qui met à découvert chaque année de vastes terrains particuliérement fertiles, durera jusqu'à ce que F équilibre soit établi.
La carte fait clairement ressortir ce qui restera, à ce moment, du Tchad : deux nappes d’eaux libres : Tune, le long de la côte ouest, de Seyoroum à Kologo ; L'autre, à T embouchure du Chari, toutes deux réunies, à la saison des hautes eaux, par un marécage qui établira peut-être une co mmun i c ation n avigable.
L'archipel es! composé d’iles longues et étroites, sensiblement orientées N.-O -S.-K. Scs terrains cfalluvions permettent la culture du mil, du riz, du*blé et de tous les légumes européens. C’est, de tout ce vaste pays qui forme k colonie du Tchad, la seule partie qui jouisse d’une véritable fertilité.
Ses habitants, Kalis, Kouris, Bouddoumas, sont à la fois pasteurs et cultivateurs; ces derniers, les Bond doumas, sont des pécheurs d’une grande habileté.
En résumé, la légende qui a long temps eu cours sur cette vaste mer intérieure africaine, a vécu. Dans un temps plus ou moins long, lorsque le Tchad aura acquis sa stabilité hydrographique, il n’en restera qu'un vaste marais cl la communication navigable entre le Chari et la Komadougou, point de départ de la route du Soudan, n'existera que pendant quelques mois de l’année.
Iîqudrv,
Lieutenant d'infantSie coloniale.