AMERIQUE BOREALE. CANADA. TERRE-NEUVE
Il convient do résumer en quelques lignes les recherches qui ont été entreprises pendant ces années dernières dans la région polaire américaine» Le nom de M* A- P. Low, revient encore une lois, à ce sujet, sous les yeux de nos lecteurs L’infatigable explorateur canadien accomplit en 1005 et 1904 une fructueuse campagne de JS mois dans l’archipel américain pour en parfaire l’étude géographique et scientitique. H a publié le rapport de son expédition au commencement de Tannée 1905.
Nous empruntons à la Géographie un bref résumé de ce rapport.
Après avoir mouillé dans le golfe de Cumberland et y avoir observé la vie des Éskimos qui y son! installés, le navire do JL Low, le Neptune, lit roule vers le détroit de Hudson, en suivant la côte sud-ouest du golfe de Cumberland, croisa autour de l'archipel situé dans la partie nord de la haie do Hudson (îles Bell, Nortii SouLhampton), puis prit ses quartiers d hivernage près du cap Fullerton qu’il quitta seulement en juillet 1904 pour se diriger vers le détroit de Hudson et atteindre Port BurwelL L’expédition entreprit ensuite une longue el laborieuse exploration dans l’archipel! polaire américain. Longeant la côte du Groenland, elle visita la baie Parker Show* à l’est du cap York, puis le détroit de Smith et le golfe d’fnglcfield ; elle franchit, delà, le détroit de Smith, (d, descendant au sud, le long de la Terre d’Elleëinere, pénétra dans le détroit de Lancastre jusqu’à Pile Beechey, où jadis hiverna Franklin. Après une relâche à Pile North Somerset, le Neptune reprit la route de retour en explorant de nouveau le détroit de Hudson et l’archipel que l'on y rencontre. L’expédition revoyait Halifax au mois d’octobre 1904, après avoir accompli une oeuvre vraiment considérable, relevé 1175 milles de côtes jusqu'alors très inexactement connues, fait de nombreux et très intéressants travaux hydrographiques : levers, sondages multiples, etc,, des reconnaissances géologiques sur la côte occidentale de la baie, de Hudson et sur tous les points où eurent lieu des débarquements et des observations intéressantes sur les petits établissements eskimos dû la Terre de fiaflhi. La mission a recueilli, en outre, de nombreuses collections zooicjjfiques. Enfin elle a pris possession, au nom du gouvernement du Canada, de la Terre d’Ellesmere et du North Devon, annexant au domaine britannique ces régions polaires, restées jusque-là sans niaiLre.
I ne antre expédition dans les parages polaires du Canada mérite d’être signalée: celle du capitaine norvégien Amundsen dont nous avions, il y a deux ans, annoncé le départ sur le sloop Gjôa, Sur ce petit navire de 47 tonnes, le hardi marin a réussi avec huit compagnons à effectuer intégralement le passage du Nord-Ouest. C’est un exploit sans précédent * et d’une importance considérable, an point de vue géographique, puisque jusqu’s ci aucun navire n’avait encore réussi à le traverser de bout en bout. On se rappelle en effet que le célèbre explorateur Mac Cim e, pins heureux que Franklin, était parvenu â exécuter matériellement d’ouest en est ce passage, à la découverte duquel l'amirauté anglaise a toujours attaché une importance considérable, mais c’était après avoir abandonné son navire, et rejoint dans les parages de File Melville, le passage en traîneau effectué, un autre bâtiment qu’on avait envoyé à sa rencontre. Amundsen, lui. est resté à son bord pendant toute la croisière et sans perdre un seul homme.
Parti de Kristiania en juillet 1905, il s’engagea dans l’archipel polaire américain par le détroit de Lanças Ire et bientôL tint hiverner sur la côte méridionale de la Terre du Roi Guillaume et y rester pendant 25 mois pendant lesquels il exécuta une série très complète d’observations de toute sorLe en en lieu, voisin du pôle magnétique, et sur les terrés voisines qui furent étudiées à tous les points de vue. Le 15 août 1905 seu-
DU NORD
lement, l’expédition put reprendre l'avant pour achever la Ira versée du passage qui, avec la détermination du pôle magnétique, était l’objectif du navigateur. Grâce aux faibles dimensions de son bateau, Amundsen put franchir le chenal du détroit de Simpson que son étroitesse et le peu de fond rendent presque impraticable. Les difficultés furent encore grandes, aux approches de J a Terre Victoria, dans le dédale de ces archipels minuscules et innombrables, encombrés de liants fonds et séparés par des canaux trop peu profonds. Arrivés à l’embouchure de Mackenzie, c’est-àdire le passage effectué, l’expédition reprit encore ses quartiers d’hiver pour achever au printemps de 1906 ce magnifique exploit arctique.
( Mais, non content de ce résultat, le vaillant Norvégien ne pensait pas s’eu tenir là : on lut avait,prêté l’intention de continuer sa route vers l'ouest et de revenir en Norvège par le passage du Nord-Est. El aurait accompli ainsi J a circumnavigation complète de Ea région arctique* Au dernier moment, on annonce qu’il a modifié son itinéraire et revient directemenl sur KhrisLianîa.
L 1 intérieur de Terre-Neuve, encore si peu connu, a ôté l'objet pondant l’automne de 1904 d’une intéressante exploration. MM. H. G. Thomson et W. H, Buat ont parcouru les plateaux et les collines tourbeuses de la longue presqu’île de la côte Nord, que ces cartes jusqu’ici laissa feu i complètement en blanc.
Hans le domaine politique, nous avons à mentionner, au Canada, la constitution en 1905 de deux nouvelles provinces fédérales, l’Alberla et le Saskatehewen, formées avec les anciens territoires d’Athabaska, Alberta, Saskatchewan et Assiuiboia, Ces régions, nouvellement ouvertes à la grande colonisation, maintenant en voie de peuplement et traversées par des lignes ferrées, auront leurs députés dans la représentation fédérale du Dominion. La capitale du Saskatchewan est Itegina, et Edmunloii est provisoirement désignée comme capitale de l’Alberta. Ces deux grandes provinces, sensiblement égides en surface, mesurent environ 250000 milles carrés.
Enfin, on laisse entendre que bientôt les provinces de Québec, d’On- Lario et de Manitoba seront prolongées au nord jusqu’aux rivés de la baie de Hudson.