ARGENTINE
La vieille question de la navigabilité du Pilcomayo, qui a de nouveau préoccupé les pays intéressés, c'est-à-dire la Bolivie,' le Paraguay et T Argentine, nous a valu une nouvelle et fructueuse explorai ion de ce rio, avec carte à l’appui. C'est un ingénieur norvégien déjà connu pour scs investigations dans T Argentine et la publication de cartes excellentes-, M* Gunardo Lange, qui en est fauteur. Subventionné par un syndicat de Buenos Aires, if est allé reconnaître la navigabilité possible du fleuve duChaco de puis son embouchure dans le Paraguay iiisqu'à la colonie Bu en a Ventura près du 22 r lal. S. Il lit le levé du cours d'e^u à partir du point où Tavaient laissé ses prédécesseurs, c'est-à-dire à une distance de 160 kil* h vol d’oiseau du confluent avec le Paraguay, en s'appuyant sur 15 observations de latitude qui sont marquées sur la réduction que nous donnons aujourd’hui, dans notre fascicule annuel, M* Lange effectuait au i/l 00 000* la construction de sa carte au fur et à mesure qu'il exécutait le levé. Les 51 feuilles de son plan original ont cLé réduites en une carte en 7 feuilles à l’échelle du 1/100 000* qui vient d'être publiée à Buenos Aires. C'est là, nous croyons. Je document définitif auquel les cartographes auront recours.
Nous écartant de notre point de vue strictement cartographique, il n'est pas inutile de faire remarquer qu'en raison du manque de profondeur des eaux, le Pilcomayo n'est, pas navigable en l'état actuel pendant toute l'année; mais il sera facile de remédier à cet inconvénient naturel par des barrages successifs, comme aussi de réunir, par un canal modeste et peu coûteux, les deux parties dit fleuve qui se trouvent interrompues dans la région médiane et marécageuse dite de « Soret Satandi »* Telles sont les conclusions de l'intéressante exploration de M, Gunardo Lange. Ainsi régularisé, le fleuve répondra à l'objectif''des pays riverains et deviendra, pendant toute l'année, une voie de pénétration accessible et un moyen de transport économique.
Mentionnons simplement aujourd’hui la correction apportée à l'altitude admise pour TAconcagua (0970 met. d'après P. Güsslcld) par les observations rapportées par M. F. Schrader d'une excursion dans la Cordillère des Andes. Les vïsc v s et les calculs de M* F* Schrader, établis en partant,.non plus d’une observation barométrique sans contrôlé, mais d'une base nivelée avec précision, ont donné au sommet le plus élevé des deux Amériques une altitude de 0953 mût.
CHILI
A signaler la carte des Skt/rihg and Otway Bachten an der Magalhâes Slrassi publiée par les Peterrnann'& MitteUutxjcn de 1906 (T. TJ), d'après les levés de La marine chilienne, qui complèlc fort heureusemenL la physionomie cartographique de l’extrême Sud-américain, JusqiFici; ces ultimes fjords de la Patagonie chilienne n'avaient pas encore été pénétrés
jusqu’au fond* La communication, par un étroit canal, entre Skyrîng Water et le golfe de Xaultegua (branche du détroit de Magellan) fait apparaître dans ce dédale déjà si compliqué une grande île nouvelle, appelée ile Riego.
COLOMBIE
Dans lu domaine politique, M faut dire que la Colombie, jadis République de forme unitaire, a changé de constitution et est devenue fédérale* Elle se compose désormais de 15 Etats autonomes ayant chacun leur
î. Voir Année cartographique [sixième année), 1895.
assemblée de députés, d'un district fédéral, celui de la capitale, et d'un certain nombre d'intendances et territoires relevant de radministrâfion des États. Nous donnons dans notre planche de cartes ces nouvelles divisions politiques.
V* H cor.
ASIE
ITINÉRAIRE DU MAJOR C* *-D, BRUCE DE LEH A PÉKJNG l 905-1906
L’ilinêraire du major C.-IL Bruce i*sl tout eu longueur, sans un seul crochel à droÜG ni à gauche. Ce n’éLaïl pas une « outrée bien déterminée et peu ou point connue que l'explorateur voulait, étudier rl.nts lotis les détails; sou hui était de faire nu levé plus on moins détaillé, exécuté jour par jour, sans la moindre lacune* du chemin qui mène de Leh à Pékirig. Le major Bruce était secondé pour cela par un topographe hindou, de son escorte, le sikh La U Sing, attaché an « Survcy » de Fin de.
La contrée parcourue par l'expédition peut être divisée, au point de vue géographique, en trois régions bien distinctes: U le Tchang Tchemno et le TiheL nord-occidental, de Leh au Kouen-Lun ; 2° le Turkestan Chinois qui forme actuellement la dix-neuvième province de la Chine appelée Kan Süu-Siu-Kiang; 5° la Chine proprement dite*
La région sauvage qui comprend le Ladak et les premiers contreforts ■du Kouen-Lun a été visitée par un nombre assez considérable d'explorateurs : mentionnons le B r Thompson, collabora Leur de Cunningham et de Henry Rtrachey, de la Commission de délimitation dans le Ladak, qui fut le premier des Européens a faire l'ascension de la chaîne du Karakoram, et les frères Schlagintweit dont l’un fut assassiné à Kachgar*
Le Turkestan Chinois, qui commence de nouveau à attirer l’attention des explorateurs, es! traversé par une route (pii avait été décrite avec des détails pleins d'intérêt huit cents ans avant qu’elle fut parcourue par l'illustré Marco Polo. Les annales chinoises mentionnent, en effet, les noms de deux explorateurs, Fa-Ilien qui parcourut le Turkestan Chinois en -450 et Hiouen-Tsiang qui passa par là deux cents ans après* Il est i\ remarquer que l'itinéraire du major Bruce coïncide, sur une grande par lie de son parcours, avec celui de Fiïlustre Vénitien qui, comme on le sait, passa par Kéria, le Lob Nor et Sa-Tchéou* Tout le monde connaît les noms des explorateurs qui ont parcouru le pays depuis trente ans; des Français : Bfmvalot, Dutreuîl-de-Rhins, Grenand, le prince Henri d’Orléans, Chat fanjon ; un Suédois : le D r Sven Hedin; des Musses : Prjevalsky, Roborovsky, Pevtsotf, Kozloif, etc, ; des Anglais : Beasy, M. et Mme Littïedale, Bower, Malcolm; tin Allemand, le IF Slein*
La partie de la Chine traversée par le major Bruce est, de Fa vis de F explorateur, bien moins comme des Européens que l’on ne le croirait, étant donnée sa situation.
Nous u’e titrerons pas dans les détails de la description du long itinéraire reproduit dans notre carte et nous nous bornerons à noter, en passant, ce qui présente un intérêt particulier au point de vue cartographique*
Leh, te point de départ de F expédition dont nous nous occupons et, en général, de toutes celles qui oui pour but l’Asie Centrale, esl pour ainsi dire le terminus de la vie civilisée* La contrée, de Leh à la frontière
tibétaine, est relativement bien connue. Les cols par lesquels on est obligé de passer sont à l'altitude de plus de 5000 mètres : Tchang-La, 51S0; Masemik-La, .'>”>I3L); Lanak-La, 5410* Malgré celle altitude, les trois cols eu question sont faciles à franchir, si, comme c’était le cas pour le major Bruce, ils ne sont pas encombrés de neiges.
Beux noms nouveaux sont introduits par F explorateur dans la nomenclature orographique de l’Asie Centrale; ce soûl les chaînes Cur&on et kikkener, dont les neiges persistantes reposent à plus de 6500 mètres au-dessus du niveau des mers.
Après avoir traversé le col de la Rivière Blanche, FÀkfsou-La 1 , le major Bruce campe dans la haute plaine de Gou-Goul que nous avons ériij Coiigourt en suivant l’orthographe de Greiïard*. Dans la partie sud de la plame sont situés trois petits lacs, dont le plus vaste a prés de 5 kilomètres de long sur 5 1/2 de large. (L’échelle do notre carte ne nous a pas permis de les nommer*) Celui des trois lacs que Deasy nomme Ouloug KouK est salé et malgré son altitude considérable (4660 m j n'était pas gelé le 15 octobre; le lac suivant, FAtchik-Koul*, possède une eau désagréable k boire dont les hèles se désaltèrent pourtant quand elles ont bien soif; contrairement au Grand lac* le lac Amer était complètement couvert de glaces. Les trois petits lacs de la plaine de Gongourt doivent, selon le major Bruce, être les restes d’un grand lac dont les eaux couvraient toute la plaine,
Aû iN. de celle plaine commence la traversée du Kouen-Lun, très pénible en cette saison (octobre)*
A Kéria (Pein de Marco Foin) commencent deux routes qui longent l’immense bassin de l’Asie Centrale, s'étendant sur environ 4090 kilomètres depuis les monts Àlaï à FO* jusqu'au Khmgan en Mandjourie. L'une de ces routes, la plus importante, se dirige presque en ligne droite sur Tcharkalik, ville située à une centaine de kilomètres au S,-O. du Lob Nor, L'autre passe plus au S,* au pied de FÀltyn Tagb, cl aboutit également à Tcliarkalik* L’expédition du major Bruce a suivi celle dernière, en passaut par Nia, Sorghak on Von extrait de For par les moyens les plus rudimentaires, et Âtchun d’où l'itinéraire tourne au N* pour rejoindre Tchertrhen située sur la route directe* Tcherfçhcn fut à l’époque de Marco Bolo le chef-lieu d’un district comp ise de nombreuses villes dont on ne trouve pas trace actuellement, toutes ayant succombé sous Faction iente* mais puissante, des sables du désert, à /a bordure duquel elles étaient situées.
 partir de Tchertchen, jusqu’à la frontière de Chine, te voyage se fait dans une région très sérieusement étudiée par Syen Hedin, Prjevalskv, Kozïo ff et plu s i eurs a u tre s vo yageu rs de moi n d re i m port a ri ce.
La carte du major Bruce, publiée dans le numéro de juin (1907) du Journal de la Société de Géographie de Londres, est au 1/5 500 900* Notre réduction est au 1/5 000 000*