MAURITANIE — SÉNÉGAL
Notre occupation de la Mauritanie a permis aux officiers qui commandent nos forces de recueillir sur toutes les régions situées au nord du Sénégal de nombreux renseignements et d’effectuer, au cours de leurs reconnaissances, des levés qui modifient considérablement la cartographie si défectueuse jusqu’ici de notre territoire civil. Le capitaine du génie Gérard, notamment, a dressé de celle contrée une carte fort intéressante, publiée dans la Dépêche coloniale -illustrée (février 11106) à l'échelle du I/2 500 UU0* Au sud du (louve Sénégal le, capitaine Vallier a exploré en 1004-1905 la région connue jusqu’ici sous l'appellation de désert du lerlo, région qui n'avait été précédemment traversée que par Moll ion, en ISIS, entre Ouaikhoret balaya (près de Saldé}, eL par Monteil, en 1879, entre Khorkhol etBakel,
Cette contrée, réputée jusqu'alors désertique, est constituée par une plaine légèrement mouvementée où l'ancien réseau de vallées ou de rivières n’est plus guère marqué aujourd'hui que par de faibles dépressions, relativement humides, riches en bois et surtout en pâturages, cl qui jalonnent de nombreux points d’eau entre lesquels on peut facilement forer des puits pour atteindre la nappe souterraine.
* La dépression la plus importante de tout le système prend sa source à une trentaine do kilomètres de Üakel, s’incurve au nord jusqu'à Nelby, pour sèfjcontiguer à l’ouest jusqu'aux environs de Uuarkhor et se terminer vers le nord-ouest dans le lac de Giùer, Les indigènes nomment celte dépression a TchiangoJ Ferlo î> (vallée du Ferla),
If après le capilame Vallier, cos sillons continus, ces espèces île ouaclis donnent l'impression qu'à une époque géologique antérieure, LaSêïtégnmbie devait être un vaste delta où couraient les branches multiples d'un fleuve considérable dont les traces se retrouveraient encore persistantes dans les dépréssions actuellement visibles, Quoi qu'il en soit, les reconnaissances effectuées par le capitaine Vallier donnent une physionomie toute nouvelle à la car Le de ces contrées publiée dans le 'Bulletin du Comité de l'Afrique française. Renseignements coloniaux, n° IL
Nous donnons ci-contre' une réduction au 1/5 000000 dés travaux des capitaines Gérard et Vallier.
Dans la boucle du Niger, il convient de signaler le beau levé de la région lacustre du fieuve exécuté pendant le cours d'une mission archéologique et ethnographique, en 1905-1006, par le lieutenant L. Desplagnes. La carte an 1/Iü00u0u qui résume les travaux du voyageur comprend toute la partie de l'arc du Niger compris au nord du parallèle 15*50 environ ; elle est du plus haut intérêt et donne une impression très claire de la configuration de LonLe celte contrée.
Dans le territoire militaire du Niger les reconnaissances ont été particulièrement brillantes en UUKi et ont fourni un parcours global de 10000 kilomètres, La route de Gao à Agadez, notamment, a été effectuée par le capitaine Pasquier, de Gao à Ménofca,avec reconnaissance du pays Uulliuiideu poussée jasqu’à Ténékar et par le capitaine Laforgue de Ménaka à Agadez.
Le capitaine Tillio, aucicnséebnd du commandant Moll, pour la France, le major Û'Shee pour l'Angleterre sont à la tète de celle nouvelle commission qui est partie d'Europe au mois d'octobre 1906.
D'importantes reconnaissances ont été faites dans les régions du Tchad et, plus particulièrement entre ce lac et le Tihesti.Lc capitaine Mangin, en effel, a parcouru, de juin 11104 à octobre 1906, les territoires compris entre leKanem et le Borkou (Eguèi, Toro, Bodélé, Mjourab) et a réussi à pousser jusqu'à IVasis de Voun, au sud-est d’Aïn Galakka, le point visité par Nacbtigal en 187!. Pour la première fois le cours desséché du bahr e! Ghazal a été exploré en entier. Le capitaine Mangin, d'accord avec Nachtigal, considère cette dépression comme un émissaire du Tchad qui a menait les eaux de ce bassin dans un second lac, beaucoup plus étendu, qui recouvrait tout le Modèle, Le lieutenant Freydenbsrg, qui a fait de nombreuses observations sur le lac Tchad, émit, au contraire, que le Bahr el Ghazal représente un affluent du lac. D’après lui, jusqu'à Massakory les différences de niveau sont insensibles dans le bahr, et si, lors des crues, les eaux du Tchad s'élèvent dans la dépression et remontent vers le borkou, il ne faudrait attribuer à ce fait que la valeur d'une inondation ; car à une dizaine de kilomètres au nonLest de Massakory tous les puits creusés dans le bahr él Ghazal présentent un courant nettement dirigé
vers ce lac, même lorsque les crues de celui-ci sont à leur ...
A une époque géologique antérieure toute la région devait être, d'après le lieutenant Freydenberg, recouverte par une vaste mer intérieure où se jetait le Chari et les eaux venant du iibesti, du Borkou et du Uuadai. Nous donnons ci-contre un croquis de cette intéressante région d’après les tracés publiés dans lé Bulletin du Comité de Y Afrique française et La Géographie,