‹ L'Année cartographique (volume 3)Chapitre 97 sur 115 · EXPÉDITION DE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DE

Le Nord de la Sibérie est peu habité et encore moins connu au point de vue topographique* On ne le dirad pourtant pas en voyant les cartes du pays et notamment la carte eu S feuilles, publiée par le Dépôt de la Guerre russe a l'échelle de J/4200000 4 . La comparaison de notre carte de l'expédition de la K balança, réduction de cette de belge Backlund, membre de l'expédition, parue dans le numéro de février 1908 de la Géographie* avec 3a carte du Dépôt de la Guerre russe montre à quel point les détails don! fourmille relie dernière sont du domaine de la fantaisie.

Nous allons signaler les modifies lion s apportées par la carte de M. Backiünd ; par environ N., 97 a FL de Paris, la carte du Dépôt de la Guerre indique une vaste nappe d'eau, le lac Yoïevoh. long de près de lui} kiL, large de 30 kil. Or, en réalité, il existe bien un lac de ce nom, mais il se trouve a 150 kil. au $. de remplacement qui lui était assigné et ses dimensions sont insignifiantes, c'est à peine une nappe d'eau ronde de 5 à tî kd. de diamètre. Lu autre grand lac, Jessei, se trouve sur la carte de M* Bac kl un J an S.-FL de remplacement qu’il occupe sur la carte officielle russe et ses dimensions sont beaucoup moindres. On peut en dire aillant des lacs Oukoulak, Djaltan, de* Le cours de la Khalanga et celui de son affluent gauche, le Koloui, sont reportés vers LE. d’environ 3 degrés. La côte orientale de l'embouchure du fleuve a un aspect tout différent et comme forme et comme emplacement.

L'ancien tracé de la région des sources de la Khalanga est dû à l'explorateur russe Tchekanovsky, qui vers 1870 partit de la Lena supérieure pour déterminer les sources de l'Olenck. Parvenu à un fleuve qui se dirigeait vers le Nord, Je voyageur, en l’absence de cartes suffisantes el de guidés sérieux, le prit pour le haut Olenek. Lorsque le dégel eut

b Travaux oL insultais île l'expédition de la Khalanga (l&ÜoJ, avec carte hors-teste. La géographie, K VIL, iV 2 .

guère que deux passages, ceint deOutaradît à Pak-I ai y avec un col presque insensible, et celui de Llan-Saï. C'est pour ne pas être coupés de leurs (mm ni un ica Lions avec le Mpnlhon Rachasima que tes Siamois attachai en I tant d'importance à la possession de Dan-Saï.

Les chaînes s'abaissent aussi dans le prolongement de la vallée de la Mmiaiîi, n'atteignant plus guère que 1000 k 1200 mèlres dans la région de Xierig Loin, tandis oue l'on trouve 1800 métrés à l'ouest et plus de L 2()HI) a l'est* Le pays est peu peuplé excepté dans les régions de Ken- Jao et de Lan-SâL Formées de grauwaekes et <f'argiles avec des bandes de calcaires, toutes J or ma lions de la partie siipérieUredu primaire, les chaînes co U ve r les d'n n e végé lation intense n'o lire n t g uè r e d'abri ( [u ’ à d es Me os r l desilaos,des Khas: Mou, Phaï/Pbinc, etc. Il existe meme, paraît-il encore, trois tribus sauvages très peu nombreuses, les Khas Tan-Luong, de petite taille, nomades dans la forêt, ne cultivant pas. Chasseurs intrépides, ils ont P c 11 d e n d a ti ( n i s a ve c le s L a o I i e ns des va IJ ée s *

Les six feuilles du Cambodge couvrent également une région fort peu connue surtout tout le long des Phnom Uangrek*

1 oufe la région du Grand Lac semble être formée par l'effondrement d'une immense dalle gréseuse, ayant sa ligne de plus grande pente du N, U. au S T E. Le relief du lorrain qui en est résulté est formé par 1rs bords de la cassure, le Phnom Uangrek ou Phou lien Muong;

Le grès est cassé suivanL deux directions perpendiculaires dont Tune est parallèle a celle des chaînes laotiennes. La chaîne s'élevant de l'ouest a I est. lumbe à pic sur le Cambodge et s'étend en un glacis presque insensible du côté de la vallée de la Semoune; an sud l’on retrouve encore ces grès, toujours cassés dans les mêmes direcl ions, formant une petite chaîne au sud-ouest de Pursàt, puis la grande chaîne qui borde la mer de than ta b ou ne a Galien. Au milieu de celte dernière chaîne, la dominant, nu trouve des a (fleure me ni s de roche éruptive, au Kntoch, au Tumpor. Les îles du la côte appartiennent au grès sauf Koh Lbang qui est granitique.

Au milieu de l’immense cuvette ainsi formée sont restés des témoins présentant les mêmes directions de cassure, Loulou, Thhrng, etc.,cl des massilsd'uj] cidcaire noir et dense complètement isolés en blocs analogues à ceux du Tunkiu et de la baie d'Along.

Les grés sont li és puissants, al teignant 1500 mètres d'épaisseur au Phou-Kao. 13s appat'lSonnent ainsi à la parité supérieure du primaire.

Toute la région est habitée par les Cambodgiens. Quoique très peuplée en certains endrôils elle est déserte en d’autres et cependant les innombrables ruines de monuments, de digues* de cbaus-ées, tes merveilles unîques d’Angkar, de Beg Meleu, de Preas Vihear, prouvent qu elle lui habitée dans tèule son étendue par une population très dense. Ilés-fégions ont, ele déserléês a la suite des nombreux siècles de guerres que les Khmers ont dû soutenir contre leurs envahisseurs du Nord.

Nu s deux ca rt c * : a l ro nt i è re d u La m b odge w e t a Frô n t i è ro d o Loua u g- Prabang », sont rédigées d'après des caries manuscrites que M* le colonel Bernard el M. le capitaine Tixier oui en l'amabilité de nous conlier à leur rentrée en France. Nous leur adossons ici nos plus vifs remercimcnls pour celle contribution si intéressante à notre Annéj mrlwjmphique, d'autant plus intéressante qu'elle concerne mie légion devenue française. Nous remercions doublement M. le capitaine Tixier pour les noies maiiuscriles d'après lesquelles est rédigée la notice ci-dessus.

LA KHATANGA - \ 90S

lieu, Tchekanovsky se confia au cours d'eàu inconnu. La violence du courant, par ce temps de crue printanière, l'obligea bientôt à s'arrêter pour attendre le moment où, les eaux devenues plus calmes, la navigation serait moins périlleuse. C'est pendant ce séjour forcé sur la rive qu’un Toungouse, rencontré par hasard, apprit h l'explorateur que le fleuve au bord duquel il se trouvait, n'était pas l'Olenck, mais le Moïero, c'est-à-dire la branche droite de la haute K ha tanga.

G'est grâce à cette fausse Toute de. Tchekanovsky que le monde scient ihqtîe apprit la grande extension du bassin de la Khalanga et crut à l'exîs- Icncc delà région de grands lacs que l'on disait aussi étendus que ceux de l'Afrique orientale*

Plus de treille ans après, M. F. Schmidt, membre de l'Académie impériale des sciences de Sainl-Pelersbourg, consacra une somme importante aux frais de l'expédition aux sources de la Khalanga; le plan de fexpédllion n'était déjà pas nouveau, car il avait été élaboré par M* Schmidt d accord avec feu Tchekanovsky* La dîrcclion de la mission était confiée au géologue J. Tolmatcfielf, qui était accompagné du capitaine KojevnikolT, du géologue Backlund auquel étaient confiées les déterminations astronomiques, de l'ethnographe Vassîlief et du géologue S. Tolstoï. L'expédition quitta Saint-Péterbourg en janvier 1905. Les travaux qu’elle a pu exécuter peuvent être résumés ainsi :

I* Levé cartographique complet de la Khatanga et de ses branches supérieures, de 1 Anabara et de la côte de l'océan Glacial arctique entre les embouchures de ces deux fleuves. Le haut Kotoui, affluent gauche de la K h a tanga, a été relié au bas lenlseï. La carte s'appuie sur 45 déferminaiions astronomiques, dont 52 donnent à la fois ta longitude et la latitude, les autres la latitude seulement,

2° Les lacs immenses que l’on croyait exister dans la région parcourue, sont, dit M. Backlund, du domaine de la fable, La région lacustre est très riche en nappes d'eau, mais leurs dimensions sont, en général, insignifiantes. Tous les lacs, à l'exception d'un seul, fiertés sur l’ancienne

ANNCé: CARTOGRAPHIQUE ( Dix huitième Année) 1907.

PUBLIÉ Par la LIBRAIRIE HACH EUE ET C l - £

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