XXXVIII] 7 FÉVRIER
disait à ses disciples : Que votre cœur ne se trouble fùifUf ne craignez point. Ce que les apôtres demandaient le plus fréquemment pour leurs troupeaux, c'était leur affermissement. Cette fermeté est tout autre que celle qui nous vient de certains principes philosophiques ou d'un stoïcisme naturel. Quand nous serons fables, alors seulement nous serons forts. Moïse, à la tête de ses six cent mille Juifs, sentit plus que jamais sa faiblesse, au moment où il eut devant lui la mer Rouge et derrière lui les chariots de Pharaon. On devient fort quand les forces propres sont brisées et qu'il faut croire. Ne pouvant plus vivre du visible, il faut vivre deTinvisible. On brûle alors ses vaisseaux et Ton apprend À marché sur les eaux pour aller à Jésus. Vous verrez Celui qui est invisible, car vous sentirez sa présence, et vous saurez qu^il est plus grand que votre ittur. Quand vous serez comme un homme qui tombe, lajssez-vous tomber; deux bras invisibles vous attendent, vous ferez la plus heureuse de chutes. Mais alors soyez reconnaissant; demeurez ferme, et conservez i^qu*à la fin ce qui vous a soutenu dès le commencettwil. Votre rocher est le rocher des siècles. Prenez pied sur ce rocher, et vous aurez un cœur ferme, quand vous marcherez comme voyant Celui qui est invisible.
Hé?eUle-toi, toi qai dors, et te relève d'entre les morts, et Christ l'éclairera. (Éphés. v, 14.)
Qu'est-ce qui endurcit? qu'est-ce quiTeiià.mç.vfeàM\ft^ ^'tstVbabitude. On ne veut pas changer, ou ^%V Vx^"^
Ces combats de la prière sont une œuvre de foi, et la foi est le bras qui saisit toutes les bontés de VÉtemeL
J'oublie les choses qui sont derrière moi, et je m'avance vers celles sont qui sont devant moi. (Phil. m, 14.)
Saint Paul oublie et jette loin de lui sa religion d'autrefois. Ce qui l'attire, depuis que Jésus-Christ Va pris à luiy ce sont ces biens célestes que Dieu donne gratuitement à celui qui croit. Quand Jésus-Gbrist vit en nous, on se détache de la terre et de la propre justice. Mais plus on marche avec Jésus-Christ, plus on aspire à posséder autre chose que ce qu'on a déjà. Les grAces que Ton a reçues semblent n'être rien à côté de celles qui manquent encore. On est transformé de gloire en gloire, et la gloire d'aujourd'hui ne sera demain qu'une ombre, si vraiment la vie s'augmente. Il y a des chrétiens qui, une fois arrivés à un certain point, semblent croire qu'ils sont des chrétiens parfaits. Ils n'avancent plus. D'autres, comme les vieillards, prônent sans cesse les bons vieux temps. Autrefois, au temps de leur réveil, ils avaient plus de feu, plus d'amour ; ils se seraient arraché les yeux pour les donner au Seigneur; mais cet heureux état a cessé, et ils semblent croire qu'ils n'ont pas à faire effort pour y revenir. Voilà ce qui arrive quand, au lieu d^oublier ce qui est derrière nom pour nous avancer vers ce qui est devant nous^ nous vivons dans la contemplation de nous-mêmes et de nos pauvres commencements. Il y a des mines d'or çuj ne nous ont point encore élé ouN^tX^^. C^^^welqjies
[XLlJ 10 FÉVRIKB. 47
eipériences de la grâce ne sont que les arrhes de V Esprit; le Seigneur nous réserve infiniment davantage. Courez, comme saint Paul, vers le prix de votre vocation céleste y et votre horizon s'élargira. Vos besoins croîtront à l'infini, et vous saurez que Vamour de Christ gni surpasse toute connaissance, remplit aussi de toute h plénitude des dons de Dieu.
Quand j'étais dans ma prospérité, je disais : Je ne serai jamais ébranlé. (Ps. xxx, 6.)
U y a une prospérité matérielle et une prospérité
spirituelle. Tantôt nos affaires vont bien, tantôt c'est
i^otre christianisme. Il y a des positions qui paraissent
tellement stables et où l'on est tellement à l'aise, qu'on
^e dit : Je ne serai jamais ébranlé. Il y a de même dans
l^vie chrétienne des heures où l'on se sent tellement
t>rès du Seigneur, et où la foi devient tellement la
'Victoire sur le monde ^ qu'on ne conçoit plus une autre
disposition. Il faut souvent si peu pour nous détromper I
Qu'est-ce qui est stable, de nos jours surtout ? Où est le
^CBur qui soit sûr de lui-même? La figure de ce monde
X^iuse^ et celai qui se confie en son cœur est un insensé.
l^e vent brise les cèdres : notre héroïsme chrétien n'est
ï^as fait pour résister davantage. Ce qui avait soutenu
ïiavid, ce n'était pas sa montagne, ce n'était pas lui.
^otre force est dans la faveur de V Éternel, mais sitôt
^nil cache sa faccy nous devenons tout éperdus. Ce sont
^os humiliations qui nous font rechercher la vraie
Prospérilé. On n'est Aeureux que quanà ou ^evA ^\^^ \
48 11 FÉVRIER. [XUIJ
Éternel! me retirer vers toi, c'est tout mon bien. Con-fiez-vous en V Éternel à perpétuité, car le rocher des siècles est en V Étemel notre Dieu .
Jésus lear répondit : Ma doctrine n'est pas de moi, mais elle est de Celui qui m'a envoyé. Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il reconnaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. (Jean VII, J6, 17.)
On a écrit des volumes sur la divinité de Jésus-Christ, sur rinspiralion des Ecritures, et sur toutes les vérités du christianisme. Mais a-t-on converti quelqu'un par des preuves ou par une argumentation? La seule chose qui convertisse, c'est l'expérience personnelle. Celui qui sent quHl a passé de la mort à la vie, ne demande pas d'autres preuves. Un homme que le soleil réchauffe et pénètre de ses rayons n'a pas besoin qu'on lui prouve la vertu des rayons du soleil, et celui qui s* est repu de la moelle du froment, ne demande pas qu'on lui démontre la vertu du pain. Or, comment voulezvous faire l'expérience de votre salut? Faites l'essai de la doctrine de Jésus-Christ sur vous-même. Sondez les Écritures, approchez-vous du Seigneur, il ne met point dehors ceux qui viennent à lui. Il vaut mieux aller à la source, que de boire dans une citerne crevassée. Vous feriez des essais de chimie, de physique, quand il s'agirait de votre santé ou de votre commerce; feriez-vous moins quand il s'agit de votre âme et du fondement de votre paix? Venez apprendre que la rérJté de Dieu est assez forte pour se démontrer par
[lUU] 12 FÉVRISE. 49
elIe-mAme; yeaez avec un esprit droit, avec un cœur aSomé, et bienlAt vous comprendrez, car vous recevrez rintdllgence des Ecritures et la foi en Jésus-Christ, et par elle un libre accès à la vie éternelle.
Que votre doacear soit connue de tous les hommes. (Phil. iv, 5.)
Il y a loin de la douceur naturelle à la douceur et à la débonnaireté chrétienne. La douceur du monde se réduit souvent à des manières courtoises; si clic est quelque chose de plus, c'est une vertu de tempérament; si elle s'élève plus haut encore, alors c'est une affabilité ou une condescendance de caractère. Le côté faible de cette douceur, sous quelque forme qu'elle se présente, est qu'elle ne se prodigue pas à tous les hommes. L'homme naturel, quand il est doui, sait très-bien envers qui il est doux. Dans ses rapports avec certaines personnes, vous trouveriez ce même homme rude et violent. Vous le prenez pour un agneau, mais quelquefois c'est aussi un loup. La douceur chrétienne a une autre source et de meilleures garanties. Elle est issue de la pauvreté d'esprit et de la connaissance de nousmêmes. Un pauvre pécheur qui a beaucoup vécu en présence de lui-même, et qui sent qu'il ne vit que de grâce et de pardon, se montrera doux envers tous les hommes. Il verra dans le dernier des pécheurs son propre portrait ; il reconnaîtra en eux les mêmes racines de péché qui sont en lui ; quel droit aurait-il de s'élever? Qiia-i-û quîl n'aù reçu? Mais il \oV\. o^uç^ix Ôl^\n& \^
50 13 FÉVRIER. ^ [XLIt]
dernier des pécheurs une âme pour qui fut versé le sang de son Sauveur. Pourrait-il ne pas être doux pouit cçlui pour qui Christ est morty et qu'il a appelé à là même gloire éternelle ? La douceur chrétienne atocrjours quelque chose de brisé et d'humble. On distingue facilement un visage qui porte Tempreinte des souffrances de Tâme et le sceau de la miséricorde du Seigneur d'un autre visage qui n'a que des traits aimables et qui peuvent cacher bien des passions et une vie religieuse bien superQcielle.
n aara encore compassion de nous; il mettra sous ses pieds nos iniquités, et il jettera tous nos péchés au profond de la mer. (Michée vu, 19.)
Quand Noé sortit de Tarche, Dieu lui dit : Je mettrai mon arc en la nuée, et il sera pour signe de Valliance entre moi et la terre. Dieu se souvient toujours de cette alliance; il Ta depuis magnifiquement confirmée par le sang de son Fils. Il y a quelque chose qui marche devant vous, quelles que soient vos ténèbres et vos misères : c'est la miséricorde de votre Dieu. Que de fois on croit qu'on a épuisé les compassions du Seigneur ! On n'ose plus croire, on n'ose plus espérer; mais la même voix répond : Il aura encore compassion de toi; il a jeté tous tes péchés au profond de la mer. Cette promesse avance avec la vie ; elle est comme une colonne de nuée qui nous conduit le jour^ et une colonne de feu gui nous éclaire la nuit. Nous arrivons au terme de toutes choses, mm la miséricorde du Seigt^war 4wt
[xly] U février. 51
étemellement Si vtms pouvez rompre Vallianee de
l'Étemel touchant le jour et la nuity tellement que le
jour et la nuit ne soient plus en leur temps, dit VÈ-
Éemeh inon alliance avec David, mon serviteur, sera
aussi rompue; et le plus faible sera comme David;
l^ Étemel a fondé Sion, et les affligés de son peuple se
w^etireront vers elle. Il y a une puissance qui surpasse
xn otre intelligence ; c'est celle qui peut toujours aimer,
qui peut toujours avoir compassion, qui i^exxi jeter tous
^9^^ péchés au profond de la mer.
-aussitôt que tu reprends quelqu'un, et que tu le châties à cause de son péché, tu consumes, comme la teigne, son excellence. (Ps. XXXIX, il.)
Il y a des hommes dont tout le monde est content, et
^ui ont peut-être tout ce qu'ils désirent ; une seule chose
*^ur manque : la paix. Il y a un ver qui consume cette
^ODcellence, Dieu les reprend et les châtie à cause de
ïetir péché. Tant qu'il en est ainsi, à quoi servirait-il
^e gagner tout le monde? Ce sont des âmes attaquées
que personne ne peut consoler, que personne ne peut
guérir. On n'a jamais tant besoin de Dieu que quand
on manque de l'assurance que nos péchés nous sont par'
donnés. On rencontre quelquefois des riches qui ne
peuvent jouir de leurs richesses ; un homme prôné et
qui souflfre de tous ces éloges ; un homme qui distri-
herait tout son bien pour la nourriture des pauvres,
pour pouvoir se réconcilier avec sa consd^xve.^ \ ^ ^'^X
iiû bomme consumé de craintes , parce que Bleu. \^
52 15 FÉVRIER. [XLVl]
reprend ;i\ nourrit en lui un ver qui ne veut point mourir, un feu qui ne veut point s'éteindre. Humiliez-vam sous la main toute-puissante de Dieu; reconnaissez que tout vos avantages , sans la paix du cœur, ne sont qu'une perte ; mais croyez aussi que Celui qui fait la plaiey est le mène qui la bande ; ces jours sans paix vous seront utiles plus tard ; ils vous feront comprendre la voix qui crie : Oh ! si tu eusses été attentif à mes com^ mandementSy ta paix eût été comme un fleuve^ et ta justice, comme les flots de la mer! Israël ! attends-toi donc à l* Éternel, car la miséricorde est avec lui, et la rédemption se trouve en abondance auprès de lui,
Il m'est permis d'user de toutes choses, mais il n'est pas toujours bon de le faire; il m'est permis d'user de toutes choses, mais tout n'édifie pas. (i Cor. x, 23.)
Il y a une fausse étroitcsse et une fausse largeur. Si votre cœur est véritablement acquis à Dieu, il n'est pas besoin de vous énumérer ce qui est permis, ce qui est défendu dans tel ou tel cas ; l'amour vous guidera, et l'amour est la souveraine sagesse. Mais la liberté dans laquelle Christ vous a mw, a ses réserves. On peut tomber dans un latitudinarisme qui devient un achoppement pour les faibles et un danger pour soi-même. Ne prenez pas d'une manière trop superbe la liberté que Christ vous a acquise par son sang. Que celui qui se tient debout prenne garde qu*il ne tombe. Il y en a eu de plus forts que vous qui sont tombés, et cruelle- Jf^fût, Ceux Qui coulent les moucYietoiis ^\. ^w\ ^N^kut
[XLYIl] 16 FÉYRIEB. 58
les chameaux, sont dans Tétroitesse; ceux qui se donnent Vair d'avoir une maturité qu'ils n'ont pas, sont'dans la fausse largeur ; ils veulent mer de toutes choses, mais c'est pour cela qu^ils n édifient pas^ el qu'après avoir commencé par Vesprity ils finissent par la chair.
Éteruel, rends-moi la viel (Ps. cxLiii, 11.)
C'est un cri qui revient souvent dans les Psaumes. Est-il déjà sorti de votre propre âme? On ne vit point, quand la vraie vie est comme éteinte, quand les impressions spirituelles ne se font plus sentir, et que l'âme est comme dans une terre déserte, où elle est altérée et sans eau. Heureux encore celui qui peut alors crier : Eternel, rends-moi la vie 1 II est surtout trois situations où Ton peut-être amené à pousser ce cri. On peut se trouver sous le poids d'un souci ou d'une épreuve qui ne laisse aucun repos à Tâmc, qui la remplit de confusion et paralyse en elle l'esprit de prière ; ou bien si nos affaires extérieures vont bien, si ce n'est pas notre vie matérielle qui souffre, on peut, fatigué de la monotonie des choses de ce monde, avoir un sentiment renouvelé de son état de chute, une sécheresse qui va jusqu'au malaise, qui nous fait souffrir dans tous nos rapports avec Dieu, et qui nous porte à crier : Éternel, rends-moi la vie 1 Ou bien enfin l'ennemi poursuit notre âme; nous luttons contre une misère qui ne nous est point enlevée ; telle direction malheureuse do notre cœur TeVv^tvV. \o\iYi\«'5> ei nous fait souffrir ; c'est une chaîne, pexxVfeVc^ \«v\w-
54 17 FÎniEa. [xltiiiJ
terdit ; fatigués de ces luttes, de ces efforts stériles, non» tombons aux pieds du Seigneur, en nous écriant : Éter^ nel, rends-moî la rie! Soyez tranquille, il vous la rendra. Attendez son heure, et tenez l'oeil bien ouvert sur vous-même, car l'ennemi profite souvent de cet état de langueur pour nous jeter dans une foule de péchés. Vos profonds soupirs sont vos meilleures armes. David, dans ces moments, attendait le Seigneur plus ardemment que le guet n'attend le matin. Il y a une parole qui est très-ferme et en qui il vous faut mettre votre espérance, c'est celle-ci : De même qu'une mère ne peut point oublier l'enfant qu'elle allaite, le Seigneur non plus ne peut pas délaisser te misérable qui crie à lui, et qui languit après la vie. Quoi qu'il en soit, espérez continuellement en Dieu : les canaux des cieux se rouvriront, un fleuve d'eau vive, clair comme du cristal, sortira de nouveau du trône de Dieu et de l'Agneau, et vous saurez que le Seigneur est le mémCy hier, aujourd'hui, éternellement.
n FÉVRIER.
Demearez en moi, et moi, je demeurerai en vous. (Jean xv, 4.)
Nous lisons tant, nous écoutons tant, et nous retenons si peu ! Cependant le Seigneur veut que nous demeurions en lui. Il veut que le sentiment de sa présence soit noire sentiment habituel, et que les grâces spirituelles se fixent, prennent racine et croissent en nous. Comment cela est-il possible? Il faut veiller d'abord sur Vesprli qui nous anime. Le véritable esprit est celui j/u/i/enion harmonie les forces viVaX^s, Sv t^w^s» Tkaw^
[XLTm] 17 FÉVRIER. 55
égarons loin du Seigneur, cela vient de ce que nous ne maintenons pas notre &me dans ce saint équilibre. Ne nous laissons point envahir par quelque chose de passionné , restons maîtres de nous-mêmes, soyons sûrs que l'Esprit de Dieu nous facilitera ce travail. Ecoutons ces voix qui nous parlent, qui nous avertissent et nous lamènent, comme la houlette du berger ramène les brebis qui s'éloignent trop du troupeau. Ménageons- QOQS, en second lieu, des moments solitaires pour nous remettre journellement devant la Parole sainte. Entretenons avec soin cette communication avec la Parole de m\ l'affection spirituelle est nourrie par l'action de la Parole. Lisez peu à la fois, mais ayez soin que ce lait spirituel et fur s'infiltre dans les pensées et dans les inkntions de voire camr; vous croîtrez par ce moyen. Veillez, en troisième lieu sur la disposition dans laquelle vous priez; placez-vous bien près du Seigneur; prenez une pose ferme et solide, la fixité spirituelle dépend en grande partie de la manière dont nous nous approchons habituellement de Dieu. Il faut nous orienter dans le inonde de la prière, comme nous ferions dans une ville étrangère, avec laquelle nous aurions à échanger notre lieu natal. Après cela, soyez sûr que le Seigneur vous enverra assez de secousses, d'humiliations, ou de croix domestiques, pour que vous soyez réduit à lui seul, et que vous n'ayez plus d'autre forteresse. Suivez toutes les voies par où il vous mène, et vous reconnaîtrez claii^ment que toute sa discipline est en ce peu de mots : Jkmeurez en moi, et moi^je demeurerai en vous.
56 18 FÉ?tm. fxLixJ
Cette parole est certaine et digne d'être reçue avec ane entière croyance : c'est que Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier (1 Tim. i, 15.)
Un pauvre pécheur est Tétre le plus malheureux oa le plus heureux, selon qu'il a reçu ou qu'il n'a pas reçu cette parole qui est le résumé de l'Evangile. Y a-til une existence plus malheureuse que celle d'un homme qui n'a point la paix? Séparé de Dieu, que sera*t-ilt Lisez l'histoire de l'enfant prodigue, vous le saurez. La paix est la vie de l'âme, et où la paix se retire, l'enfer a déjà commencé. Vous le saurez à ces heures où la cou* science se réveille, et où vous ne direz plus : PmXf paixj quand il n'j/ a point de paix. Â côté de ce pé' cheur irréconcilié avec Dieu, mettez-en un autre qui a reçu la sainte et bienheureuse Parole de la venue de Jésus-Christ pour le salut des pécheurs. Vous verrez en lui une nouvelle créature. La grâce surabonde pardessuê son offense^ sa conscience possède une paix qui surpasse toute intelligence et qui fait taire toute accusation. Il a le cœur touché. Jésus vivant se glorifie dans cette Ame qui l'a reçu. Dieu nous donne tout et gratuitemont, en nous donnant son Fils; Dieu donne, mais c'est à nous do recevoir. El qu'est-ce que recevoir? C'est nous approcher do Dieu, c'est voir clair enfin en nousmômes, c'est sentir les malédictions du péché jusque dans les jointures et dans les moelles, c'est rompre avec Jcs coinoilisos qui séduisent, avec cette vaine manière éf vivre qui rongo notre uaUxre \iiVvai^\ ^^^v «îi&o
[l] 19 FÉVRIER. 57
avoir faim et soif de grâce et de justice. vous qui avez mal cherché, cherchez ainsi et vous recevrez ; et vous qui avez trouvé, tenez- vous fermement attachés à la Parole qui vous nourrit aujourd'hui, qui vous nourrira aussi demain, après-demain, éternellement! Il y a quelque chose sur quoi Ton ne se blase point : c'est la paix profonde avec Dieu. L'Evangile la donne et l'Evangile l'entretient. Vous ne vous lasserez jamais d'ôtrc heureux ; et le plus heureux c'est celui qui a pu recevoir cette Parole certaine comme le dernier des pécheurs. Aspirez à descendre, et l'Evangile restera toujours nouveau pour vous. Vous serez cet affligé qui est toujours dans lajoie^ cet homme qui n*a rien et qui cependant possède toutes choses.
Noé fut an homme juste et plein d'intégrité en son temps, marchant avec Dieu. (Genèse vi, 9.)
Quand esi- on juste ? quand est-on plein d* intégrité? C'est quand on marche avec Dieu. Adorer Dieu ne suffit pas ; il faut marcher avec Lui. Il faut sentir votre main prise par une main invisible, il faut trouver en Dieu un vrai compagnon de route pour pouvoir, quand les rangs se dégarnissent ou que les eaux du déluge grondent, dire à votre âme : L Éternel est ton berger, tu n*auras point de disette. Marcher ainsi , c'est rencontrer partout des parcs herbeux et des eaux tranquilles. C'est la seule vie heureuse , le seul état permanent. Regardez à vos années qui s'envolent et à ces tombeaux entre lesquels V0U5 marchez; il y a une main qui vous cYietcXi^ ^\\wv^
58 20 FÉVRIER. [li]
voîx qui vous répète : Mon enfant , donne-moi ton ccBur, et que tes yeux prennent garde à mes voies. Les voies de V Éternel ne sont que bonté et que vérité, mais marche!^ y ; sortez de vos propres voies et de vos propres désirs. Vos destinées seront mieux entre les mains du Dieu d'amour qu'entre vos propres mains. Inclinez vers l'Éternel vos pensées et votre existence, et vous marcherez comme Noé , juste , intigre et heureux en votre temps. Vous serez une lumière pour les autres.
£t Agrippa répondit à Paul : l\ s'en faut peu que tu ne me persuades d'être chrétien. (Actes xxvi, 28.)
Être sur le point de se convertir et ne se convertir jamais, n'est-ce pas là le caractère de la plupart d'entre nous? Qu'est-ce qui nous ruine et nous tient éternellement loin de Dieu ? Ce sont nos à peu près. On veut et l'on ne veut pas , on se rend et l'on ne se rend pas , et ces renvois à demain sont autant de chaînes que nous ajoutons à celles que nous portons déjà. Demandez à toutes les consciences usées, à tous les cœurs émousses, ce qui les a jetés dans cette incurable misère. C'est qu'ils ont été , comme Agrippa , à peu près persuadés d'être chrétien. Dieu frappe à toutes les portes ; et malheur à celui qui entend et n'ouvre pas! Retenir la vérité captive, c'est lui ôter la force d'agir. Agrippa, c'est tout homme qui sent l'aiguillon et qui lutte contre l'aiguillon. Aujourd'hui, non point demain; prenez cela pour devise. Rompre à l'instant même , c'est vous ouvrir Ja prison, c'est recevoir, avec la Noloulé , l'accomplisse-
[lh] 21 FEVRIER. 59
ment. Chaque voix est un appel; être chrétien, c'est écouter. Dieu veut le cœur. Il a horreur des à peu près. Décidez- vous; ce n*est pas un bourreau qui vous appelle, c'est un père, c'est une éternité de gloire. Heureux ceux qui peuvent dire : Éternel ! tu m'as attiré et fat été attiré, tu as été plus fort que moi, et tu as prévalu.
Toutes les choses qae voas voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur aussi de même; car c'est là la loi et les prophètes. (MatUi. vn, i2.)
Cette maxime d'or est le 'miroir qui plus que tout autre nous fait voir notre étal de renversement. Quand le fondement est renversé , tout n'est-il pas renversé avec lui? Par notre chute , Dieu et le prochain ont été détrônés; et qu'est-ce qui les a remplacés? C'est l'idolâtrie de nous-mêmes. Examinez ce moi superbe, qui a envahi tous les recoins de l'ftme, et vous verrez que votre Dieu , c'est vous ; que votre prochain c'est encore vous. L'égoïsme traduit ainsi : Toutes les choses que je voudrais qu'on me fît , qu'on me les fasse ; à cette condition j'accorderai aussi quelque chose. Il demande : Qui est mon prochain ? au lieu de demander : De qui suis-je le prochain? Il s'envisage comme un centre rayonnant, il veut que les autres se réjouissent à cette lumière. L'égoïste sait , à un atome près , ce que les autres lui doivent; quand saura-t-il que la vie normale est celle qui se dépouille? Le dépouillement effraie, mais en ïïom gardant nous-mêmes y que gagi\oiiv\iQ>ws>1X^w
60 22 FÉVRIER. [lui]
souverain ennui. L'égoïsme est la plus terrible charge et la plus folle des déceptions. Après avoir dévoré un monde y sa faim n'en serait que plus cruelle. Jusqu'à quand vivrons-nous ainsi? Allons à la racine du mal « convertissons-notÂS. Efforçons-nous d'aimer , puisque nous sommes nés pour aimer. Demandons-nous : Que puis-je faire pour Dieu? que puis-je être pour les autres? Donnons , et on nom donnera une mesure pressée et entassée ^ nos prétentions tomberont, nos sacrifices abonderont y et en élargissant notre cœur , nous élargirons aussi le vase que Dieu veut bénir et remplir de ses biea^ faits.
Approchez- vous de Dieu, et il s'approchera de vous. (Jaq. nr, 8.)
Nous sommes tantôt trop passifs et tantôt trop actifi^ dans nos rapports avec Dieu. L'un ne veut rien faire , un autre ne laisse rien à faire à Dieu. Cela arrive quand la confiance devient de l'inertie, et quand l'activité redevient de la propre justice. L'Écriture veut qu'il y ait rencontre entre l'homme et Dieu ; laissez parler vos be« soins , et vous ne resterez point figés sur vos lies , tout en sentant que tout est grâce dans la grande œuvre du salut. Vous vous approcherez de DieUy et il s'appro^ chera de vous. L'Esprit de Dieu vous répétera : RecheT' chez V Étemel et sa force ; efforcez-vous d'entrer par la porte étroite ; combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle; cours vers le but; sois fidèle jusqu'à la ^ft^ — -mais le même Esprit vous dira : Cela ne vient ^^^fàt$ gui veut, ni de celui qui court ; è est un dm
[lit] 23 FÉVRIER. 61
de Dieu; c*e$t m vain que vous vous levez matin et que vous vous couchez tard , Dieu donne le repos à celui qu'il aime ; il a aimé Jacob et il a haï Èsaû ; il fait miséricorde à celui à qui il fait miséricorde , et il endurcit celut qu'il veut. Le monde vous dira qu'il y a contradiction entre ces deux sortes de passages, mais ce n'est pas aux raisonnements du monde » c'est à votre propre expérience qu'il faut croire. Essayez de croiser les bras et de tout attendre de Dieu, jamais de cette manière Dieu ne s'approchera de vous. En revanche, essayez d'imiter Marthe et de faire de la vie chrétienne une fièvre. Votre activité ne vous donnera point de paix, et ne vous sauvera pas plus que la fausse confiance ne sauvera l'autre. Entrez dans le plan de Dieu , mais comme un homme en qui tout est à faire et à qui tout est à donner. Les contradictions humaines sont l'harmonie de Dieu ; quiflanque est pour la vérité ^ écoute sa voix.
U vaut mieux se retirer vers l'Éternel que de s'assurer sur l'homme. [Ps. cxvm, 8.)
On peut rapidement se faire des amis ; on peut plus rapidement encore les perdre. Lèvent souffle où il veuty la faveur aussi. Elle élève l'un , elle abaisse l'autre ; le public est un être si capricieux ! Retirez-vous vers VÈfemel, et ne vous assurez pas sur V homme. Le même peuple qui avait crié : Hosanna! criait la même semaine encore : Ote-le^ crucifie-le. Rien de si peu sûr que la vogue; il 7 a des mondains prunes , ç,OT«£kfc *^^ à des cbrétiens prônés , et ici conime \k W ^ ^ ^'ÇiS ^Vsi^'^s
62 24 FÉVRIER. [lt]
tombées. Il faut si peu pour déplaire soit aux mondaiDS, soit aux chrétiens. Aujourd'hui vous êtes le héros da jour; demeurez trois ans au même endroit, on ne parlera plus de vous , vous serez passé de mode, cêtuD qui vous cherchaient autrefois ^ s'enfuiront loin de vous. Heureusement il y a une faveur plus précieuse en laquelle on ne s'assure point en vain. Dieu seul est fidèh. Recherchez donc la gloire qui vient de lui , ne cherchez point celle qui vient des hommes. Ne bravez personne, ne narguez personne, mais retirez-vous vers V Étemel ^ il n'y a point d'autre rocher que lui. Les esprits bienheureux jettent leurs couronnes devant le trône , en di- ' sant : Seigneur, tu es digne de recevoir la gloire ^ TKonr neur et la puissance. Le bonheur du ciel peut devenir aussi le bonheur de la terre , quand le cœur, bien pe^ suadé que toute chair est comme l'herbe, et toute la faveur de Thomme comme la fleur de l'herbe, peut dire avec une affection filiale : Pour moi, m'approcher d$ Dieu, c'est tout mon bien. J'ai assis ma retraite sur h Seigneur, l'Éternel, afin de raconter tow ses ouvrages»
Prenez garde que personne ne se prive de la grâce de Diea, i^tqoa quelque racine d'amertume poussant en haut ne vous troable, et que plusieurs n'en soient infectés. (Hébr. xn, i5.)
L'Écriture appelle racine un sentiment quelconque qui devient un goût ou une habitude. Il est question ici des racines amères, de celles qui sont les germes de nos^ tristesses. Le cœur déchu est un abîme de tristesse; pourquoi? Parce que nous laissons tfeçaei «ci w^xia de
fLVj 24 FÉVRIER. 63
mauvais sentiments, et que rien ne se fixe plus vite dans le cœur que le mal. Ce n'est pas sans raison que nous confessons tous les dimanches que nous sommes enclins au mal. La vie, telle que le péché l'a faite, est une mauvaise pente. Le propre de ces racines amères est qu'elles notis troublent. Elles jettent le désordre dans l'âme. Ce désordre croît à mesure que nos racines poussent en haut. Le mal a une force progressive qui nous envahit de plus en plus. Longtemps cachée, elle éclate enfin malgré nous dans notre conduite et dans nos rapports avec le prochain. Une autre propriété funeste que possèdent ces racines amères, c'est quelles sont contagieuses : plusieurs en sont infectés. Elles nous font devenir une odeur de mort, au lieu d'être pour nos alentours unparfum de vie. Certaines gens disent : Calomniez, il en restera toujours quelque chose. Cela est vrai de toutes les racines amères que nous laissons pousser en haut d^ns notre cœur d'abord, puis dans nos paroles, dans nos procédés. Nous infectons la société, et nous laissons après nous des traces maudites au heu d'un souvenir béni. Prenons donc garde de ne pas nous priver de la grâce de DieUy en laissant germer en nous de mauvaises racines. Si nous perdons la grâce de Dieu^ que nous restera-t-il? Dans notre propre intérêt, prenon<-|^ garde.
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L'oDCtioD que vous avez reçue de lui, demeure en vous, et v^ D*avez pas besoin que personne vous instruise; mais comme ce même onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est vérita' et exempte de mensonge, vous demeurez en lui, selon qu'e vous a enseigné. (I Jean ii, 27.)
L'onction est l'empreinte de vie qui nous vient « l'Esprit du Seigneur. C'est le rayonnement spirituel ( notre viç chrétienne, comme le visage des rois, d prophètes et des souverains sacrificateurs rayonnai quand l'huile sacrée était répandue sur leur tête et de cendait sur leur barbe et même jusqu'au bord de le\ vêtement. Sans onction, la vie chrétienne est quelqi chose de décousu, car son vrai caractère ne consiste p dans une suite d'œuvres, mais dans la teneur généra de la vie. L'onction est ce qui demeure en nous, ce q donne à notre vie spirituelle sa continuité et son et permanent. Quand nous aurons reçu l'onction d\ Haut, nous n'aurons plus besoin que personne ne instruise. l\ ne sera plus besoin de venir à nous av< un catalogue de prescriptions et de défenses, nous a rons en nous un tact spirituel qui ne nous trompe pas parce qu't7 est exempt de mensonge. Le Saint-Espri qui est l'Esprit de discernement, nous fera vivre dans vrai. Demeurer en cet Esprit, c'est demeurer sur le te rain de la vérité, c'est croître en toutes choses dansceh qui est le chef, savoir, Christ. Pour obtenir cette oncitoi voyez ce qu'il y a, dans votre manière d'être, de dispi rate ou de double. Soyez chrétien jusque dans vos joii 'ures, mais que ces jointures ne cmuX ^omX, ^ç^mts
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les gonds d'une porte. Ne logez point deux esprits en vous, un seul est le véritable, c'est celui qui veut de^ meurer en vous et vous enseigner toutes choses, pour vous faire parvenir à Vétat d'homme fait, et à la mesure de la stature parfaite de Christ.
Si je n'ai point la charilé, je ne suis que comme Tairain qui résonne, oa comme la cymbale qui releniit. (1 Cor. xiii, 1.)
La cliarité est la vie de Dieu, et Ton ne vit point, si l'on n*est point pénétré de Dieu ; on n'est que comme tmrain froid qui résonne, ou comme la cymbale creuse fut retentit. Pourquoi, au lieu de cette vie intime et divine, trouve-t-on si souvent autre chose dans le monde chrétien ? Tantôt c'est une pompe de mots ou Boe phraséologie sacrée, mais sans vraie nourriture spirituelle et sans levain édiGant. Tantôt c'est une fausse gravité, un christianisme de manières qui s'efforce de dissimuler la pauvreté du fonds. On se donne Y apparence ie la vie, m^iis on en dément la force. Ailleurs encore, c'est une repentance forcée qui revient à des jours fixes, par exemple les jours de jeûne et de prière ; ce sont des larmes qu'on pourrait aussi faire répandre à des statues. Tout ce qui est haute convenance, fanstamagorie religieuse, affaire de chair et de sang, est un airain qui résonne f une cymbale qui retentit. C'est de la charité qu'il faut, cette vie qui rend souverainement heureux, et qui seule fait avancer. Demandez-la à deux genoux, et que votre cœur en soit enfin pénétré. Movei-xQws dao5 le monde ce qui est creux, ce qui esV Itovôi, ^^ ofiv
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ne donne qqe des tintements d'oreille et qui se tait après? Ce que vous n'aimez pas dans le monde, comment Taimeriez-vous dans le siège de la vie, où Dieu seul veut régner?
l\ a délivré toas ceax qui, par la crainte de la mort, étaient toute lear vie assujettis à la servitude (Hébr. ii, 15.)
Le dénûment dans lequel nous jette la mort, semble être un gouffre sans fond. Avant de passer par la mort nous sommes poursuivis par la crainte de la mort, de sorte que depuis que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché lamort, Thorreur de la mort nous tient assujettis sous une servitude qui est notre véritable état tant que Dieu ne nous a pas affranchis. Cette horreur peut ne pas se faire sentir en tous temps, mais elle n'en règne pas moins au fond de l'âme. Elle se décèle tantôt par une horreur pour l'acte de mourir, tantôt par l'appréhension du réveil dans l'éternité, tantôt par la crainte du jugement. Heureusement que Jésus-Christ, en portant sur lui toutes nos craintes, a délivré tous ceux qui par la crainte de la mort étaient toute leur vie assujettis à la servitude. Son agonie est entrée d'avance dans la nôtre, le Seigneur a pouf vu à tout, et jusqu'à nos derniers moments. Le réveil dans l'éternité est pour ceux qui sont en Christ une manifestation de la vie, car ce que nous serons^ n*apas encore été manifesté. Enfin le jugement que nous redoutons n'existe plus; Christ, condamné devant le juge j'nique, a racheté les siens de la condaLtm^Vvotv (\ai les
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attendait devant le tribunal du juste Juge. En vérité^ dit lésus-Christ, en vérité^ je vom dis que celui qui écoute wwt parole et qui croit à Celui- qui m'a envoyé a la vie étemelle, et il ne sera point sujet à la condamnation, niais il est passé de la mort à la vie. Qui a le Fils, a la ^ie; non seulement il l'aura, mais il Ta. Ce qui lui '^esle à traverser n'est plus que Tombre de la mort et non la mort elle-même. Mais qu'est-ce qu'une ombre? Ce ^'est rien, c'est quelque chose qui n'a point de corps, point de réalité.
^ésos lai dit : Je sais le chemin, la vérité et la vie; personne ne vient au Père que par moi. (Jean xiv, 6.)
Qui n'a point Jésus-Christ et n'est point uni à lui par ï^ lien de l'Esprit, n'a point le chemin ; il erre dans de fausses routes, dans de fausses directions, il a des opinions trompeuses, il est dans un labyrinthe sans issue. Qui n'a point Jésus-Christ n'a point non plus la vérité ; 1^ vérité c'est la réalité, et les biens du monde ou un christianisme qu'on se fait soi-même, ne sont point la ^alité; Jésus-Christ seul est le bien réel ; tout ce qui est «n lui, sont des choses désirables. Qui n'a point Jésus- Christ n'a point enfin la vie ; la vie naturelle n'est qu'une ^ort prolongée, un long état de sommeil et de tristesse. Celui qui n'a d* espérance que pour cette vie seulement^ ^^t laplus misé'able d'entre les créatures. Mais celui qui trouve Jésus-Christ, trouve tout réuni en lui, car toute '« plénitude de la divinité habite corporellemetvX ^tv. Chrisi Si vous cherchiez encore qae\cïa^ dûû^^ ^xi
dehors de la plénitude de Christ, ce serait un signe que le Christ que vous possédez n*est point le vrai, et que votre existence a été jusqu'ici une existence manquée.
Oh I si ta avais reconnu, au moins en ce jour qui t'est donné, les choses qui regardent ta paix ! (Luc xix, 42.)
Les jours où les appels du Seigneur sont plus directs que jamais, et où ils prennent en quelque sorte corps et vie, sont des jours qui reviennent rarement. Cette exclamation de Jésus sur une ville aussi favorisée que Jérusalem, qui eût pu, en ce jour-là, toucher de ses mains et recevoir à salut le Prince de la vie et de la paix, cette exclamation, il la répète encore du haut du ciel, quand il voit une âme méconnaître une de ces occasions décisives. Jésus-Christ a pour les âmes, telles qu'il les voit» une sainte douleur et un saint amour ; recevoir Jésus- Christ, ou croire en lui, c'est être touché des deux manières, par la douleur et par Tamour du Seigneur. Si vous ne sentez point sa douleur, vous ne sentirez point son amour ; si vous parlez de son amour, sansavoir passé par sa douleur, vous ne connaissez point le véritable amour, celui qui est répandu dans le cœur par le Saint- Esprit. La profondeur de la vie vient de la croix de Christ ; nulle part les souffrances et l'amour ne sont unis comme elles le sont là. La conversion réelle est dans une âme quia été faite une même plante avec Christ par la conformité à sa mort, pour l'être aussi, dans un saint amour, par la conformité à sa résurrection.
[LXlJ 1 MARS.
Nul ne vient an Père que par moi. (Jean xiv, 6.)
Comment Thomme vient-il ordinairement à Dieu? Par ses opinions, ses rêveries, ou par des prières qui sortent de son esprit naturel et qui se perdent dans le vague. De tels rapports avec Dieu ne font pas avancer l'Ame de la largeur d'un cheveu. Mais dès que la personne de Jésus-Christ prend vie dans le cœur et dans la prière, tout change. Lui-même a dit : Sivcms me connaissiez^ vous connaîtriez aussi mon Père; moi et mon Père, nous ne sommes qu*un; celui qui m'a vu, a vu mon Père. La connaissance et la communion de Jésus- Christ est une clef qui nous ouvre le sanctuaire de Dieu et qui nous fait trouver en lui un Père. Ceux qui ne veulent pas du Médiateur, resteront éternellement séparés de Dieu, car quiconque nie le Fils, n'a point le Père; mais celui qui confesse le Fils, a aussi le Père. Demandez à un homme qui a trouvé le Sauveur quelle action Dieu exerçait sur lui avant ce renouvellement. Il vous avouera qu'il avait une religion sans fondement, une prière sans garantie, un cœur sans paix. La connaissance de Jésus-Christ nous donne accès a^îL^tfe^ ôfe Dieu dsns un esprit Doaveau, qui nous aççveivô. ^\«^