N. l'abbé Villion
OHAISON FUNÈBRE PRONONCÉE A CUSSEY. 213
votre seul médecin a pansé plus de deux cents blessures (1). Entrez dans cette paroisse hospitalière, ô vous qui, ayant appris les douloureuses nouvelles du combat de Gussey, venez chercher ici un fils ou un frè.e; demandez sans crainte comment ces braves sont tombés. Venez, mères chrétiennes, le prêtre n'a que des détails consolants à vous donner sur les derniers moments de celui que vous pleurerez toujours. Ce chapelet, ces médailles, ces lettres si pleines de pieuses recommandations , vous les reconnaissez. Voilà ce qui vous reste ici-bas de ces héros que vous avez mis au monde. Ah I c'est à ce signe que le prêtre a reconnu l'éducation chrétienne, il a pris cette croix, il l'a fait baiser au blessé, et votre enfant y a revu votre image avec l'image de son Dieu. A ces mourants il a parlé de leur Dieu, il a parlé de leur mère, et ces deux mots ont été les derniers que la mort a glacés sur leurs lèvres; mais leurs lèvres se sont déjà rouvertes et elles chantent maintenant le Dieu qui leur a appris à combattre pour la patrie, la mère qui leur a appris à servir leur Dieu.
Veillez sur cette tombe, pieux habitants de Gussey. Les mains qui l'ont élevée ne sauraient la confier à déplus dignes gardiens. Qu'il vive, qu'il dure, ce monument bâti par le patriotisme et par la reli-