‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 164 sur 299 · Seldenius, De synhedriis, ni · texte numérisé non relu

Seldenius, De synhedriis, ni

Il existe deux narrations difTérenles au sujet de la tête du S. Précurseur. D'après celle que rapporte Sozomène (vu, 21), elle se serait trouvée à Jérusalem en possession de moines appartenant à la secte des iMacédoniens ; ceux-ci se seraient retirés plus tard dans la Cilicie en emportant avec eux la relique. Quand l'empereur Valens apprit cette nouvelle, il y envoya un officier de la cour qui devait la transférera Constanlinople. Lorsque le précieux dépôt arriva près de Ghalcédoine, les mules (|ui traînaient les envoyés et la relique ne voulurent pas aller plus loin et, malgré tous les efforts, on ne parvint pas à faire avancer la voiture — fait qui est rapporté depuis d'une manière semblable dans d'autres légendes. N'alens et son entourage regardèrent la cho§e comme miraculeuse et n'osèrent pas porter la relique plus loin. Elle demeura ainsi dans un village près de Ghalcédoine sous la garde de membres de la même secte jusqu'au règne de Théodose, qui se les appropria et les déposa à Hebdomon, faubourg de Constanlinople, où il avait bAti une église en l'honneur de S. Jean-Baptiste.

Il est fait mention de la première translation dans le Chronicon pascJiale pour l'an 391, et de la seconde, dans le Chronicon pour 453, sans qu'on donne la moindre indication sur la possibilité de la co-existence des deux événements. La seconde translation, que mentionne également Hufin illist. eccL ii, 28), aurait été faite de la manière suivante :

La tête aurait été portée de Macharus à Jérusalem oïl elle aurait été ensevelie. Au temps de Constantin, elle aurait été transférée à Emèse et cachée dans une caverne. On n'explique pas pour quel motif cette dernière précaution avait été prise. Elle y fut découverte

par le prêtre Marcellus, supérieur d'un monastère de ce lieu, qui composa une relation détaillée sur la découverle. Ce mémoire renferme également des indications sur rhistoire ancienne de la relique *. L'invention eut lieu à la suite de plusieurs visions, et une étoile de feu aurait conduit Marcellus au lieu où le trésor était profondément caché dans une urne. Marcellus fit part de sa trouvaille à Ih'anius, évêque d'Emèse ; celui-ci reconnut la relique solennellement le 24 février 452. Elle fut d'abord déposée dans Téglise cathédrale où une chapelle particulière fut aussitôt bâtie pour la recevoir ; elle y fut enfermée le 26 septembre de la môme année. Elle demeura au même endroit, même sous la domination mahométane ; en 766, on remplaça la chapelle par une grande église. De là vient qu'on parle d'une triple translation du chef de S. Jean-Baptiste. On prétend posséder à Amiens une partie de ce chef, laquelle y fut apportée de Constantinople au xiii'' siècle. Deux de ces trois translations sont commémorées dans les ménologes grecs au 24 février et au 26 septembre '^^, On le voit, la date du 29 août pour la fête de la décollation ne s'explique pas par l'histoire de ces translations.

Au point de vue liturgique, la fête de la Nativité de S. Jean-Baptiste était, dès les temps les plus anciens, hautement distinguée dans l'Église romaine. Déjà dans

L Denis-le-Petit a traduit en latin ce rapport ; Mi^iNE, lxvii 418. V. les autres écrits à ce sujet dans Tillemont, Mémoires, I, 44 ; vn, 163. Morcelli, Menol. Consi. I, 167, ii, 65, 222 ; Baillet, ly, 291 ; Du Gange {traité du chef de S. J.-B. Paris 1665) a écrit contre la véridicité de Marcellus. La chronologie du Chronicon paschale a été rectifiée par Du Cange et Pagi. Cfr. Rauschen, Jalirbiïcher, 3564.

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