‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 181 sur 299 · Matthaeus Paris, ad ann. 1228, Chron. mai. m, 1G · texte numérisé non relu

Matthaeus Paris, ad ann. 1228, Chron. mai. m, 1G

2. WiLHELM. Malmesbur. Gcsta Reg. Angliae IV, 338, Migne cLxxix, 12'J0. — Eadmer, Hisî. nou. praef. et passim, Migne, clix,

3. Ceci résulte d'un document de Gauthier, évêque de Rouen, de 1207, reproduit par Migne (ccvii, 1179) et provenant de la collection Bigot. Gauthier avait retenu des rentes assignées au chapitre par son prédécesseur Rotrou pour les différents jours de fête et les restitue. L'ahbé Vacandard [Les origines de la fêle de la Conc. Imm. dans la Revue des quesl. hisl. 1897, 16G) a ignoré ce document ; sans cela il serait arrivé à d'autres conclusions.

siaslique, composée de six diocèses, que les églises des siiffragants se conformassent, quant au rite et au bréviaire, à l'église métropolitaine^ ; la fête par conséquent était célébrée, dès cette époque, jans la Normandie tout entière. Si la corporation des étudiants normands de l'université de Paris l'adopta comme fête patronale, ce ne pouvait être l'effet d'un caprice, mais la chose dut avoir sa raison d'être dans les usages ecclésiastiques de leur pays. Encore moins ce choix peut-il justifier l'appellation de « fête aux Normands » [festiini nationis normannicae), sous lequel le moyen âge désignait cette solennité. Ce nom ne peut avoir d'autre origine sinon le fait que, depuis les temps anciens, la Conception était célébrée avec amour par tous les peuples normands, avant qu'elle le fût par les autres peuples de lOccident. La chose est d'ailleurs attestée expressément par le scolastique Henri de Gand, Docteur de la Sorbonne 2. Or, les Normands n'ont pu avoir inventé la fête, mais ils ont appris sans doute à la connaître dans la Basse- Italie où elle existait depuis longtemps, après qu'ils eurent commencé à s'y établir. Si l'on préfère ne pas expliquer d'une manière aussi réaliste la marche des choses, d'autres traces indiquent également que les deux

Lui-même d'ailleurs affirme avec preuves à l'appui, que déjà au xii« siècle la fêle était célébrée à Jumièges et à Saint-Ouen, et certainement au xiii'^ à Fécamp.

L Syn. Rolom. de 1189, can. 1 ; Migme, ccvii, 1180.

2- Henricus a Gandavo. Quaest. quod 1. 15, 9, 13 fol. 584 B : M Normanni, in quorum territorio dicitur hujusmodi revelatio facta fuisse, prae caeleris populls, illam conceptionem praecipiie célébrant » ; plus loin (fol. 385 A) il est dit encore par deux fois « festum quod a Normannis celebralur ». Cela sonne comme si avant 1260 les Normands avaient été le seul peuple à célébrer celte fête.

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Anselme, les premiers partisans connus de la fêle en Angleterre, ne furent pas sans subir Tinfluence d'autres formes de culte rendu à xMarie dans l'Orient. Nous en trouvons la preuve, non seulement dans les hymnes de saint Anselme en l'honneur de la Mère de Dieu, dans lescpiels le refrain Ave sponsa insponsata est emprunté à l'hymne nommée acal/iisie, mais encore dans une notice d'un calendrier irlandais (à laquelle, soit dit en passant, on a attribué, dans un écrit récent, trop d'importance), dans laquelle la Conception de Marie est marquée au 3 mai, d'accord avec la légende ingénue des Grecs ^ d'après laquelle Marie serait née sept mois après sa conception. En supposant même que cette insertion date réellement du ix^ siècle, elle ne serait autre chose qu'une preuve de la science monacale et conduirait simplement à cette conclusion que l'auteur eut connaissance de la fable grecque dont il vient d'être fait mention et qu'il en fît usage dans son calendrier.

On se demande maintenant si, en Occident, la fêle a pris son origine première dans la Normandie et dans l'Angleterre, pays unis politiquement depuis 1066, ou bien si elle a existé ailleurs à une époque plus ancienne. A en croire le Père Passaglia, elle aurait déjà été célébrée en Espagne au vii« siècle 2. Dans ce cas on ne s'ex-

1. Elle a dû èlre très répandue, puisc|ue le bréviaire grec croit devoir la combattre, éd. de Constantinople 1843, p. 77.

2. Le Père Passaglia (De Imm. Conc. III, I75i>} ne se laisse pas davantage troubler par le fait que Mabillon ne leconnaît pas S. Ildefonsc comme auteur de la Viia falsifiée {Acta Ord. S. Bened. 11,521). L'expression Conce/)//o .S. Virg. M. Genilricis Domini do\t s'entendre de Noël. Le fait qu'au vir siécleles Juifs auraient pris [►art (d'une manière passive) h\n célébration du 8 décembre est, à vrai dire, une trouvaille par trop naïve. On regrette d'avoir à

plique pas comment elle ait pu disparaître ensuite sans laisser aucune trace. Car la Liturgie mozarabique ne Ta pas ; elle ne se trouve pas davantage dans les calendriers espagnols les plus anciens, comme par exemple dans celui de Tolède du x^ siècle, édité par Morin. De plus, le Père Jésuite Lesleus, auteur de l'introduction à la liturgie mozarabique, concède sans ambages que la fête est venue de la France en Espagne ^. Les deux arguments que donne Passaglia en faveur de sa thèse n'ont aucune valeur. Il s'appuie d'abord sur une vie apocryplie, interpolée depuis, de S. Isidore de Séville, tandis que la vie authentique, composée par S. Ildefonse, n'en dit rien ; son second argument est un article du code des Visigoths ; mais dans ce texte les mots Conceplio S, Virginis Mariae doivent être interprétés, à la manière de parler alors en usage, de la Conception de Jésus-Christ par Marie. Si le même auteur veut faire croire à ses lecteurs que la fête existait déjà à Crémone au x^ siècle 2, il suffit de faire remarquer que, au xiii^ siècle, Sicard ^y évêque de Crémone, était encore un adversaire catégorique de son introduction.

Ce qui vient d'être dit démontre, ce semble, jusqu'à l'évidence, que la fête de la Conception de Marie fut introduite à la fin du xi« siècle dans les monastères béné-

constater que Schwane dans son histoire des dogmes (III, 414 ait copié cette erreur du Père Passaglia.

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