C'est le premier de ses discours. Migne, I^. gr. C
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d'abord de dévotion, puis de précepte ecclésiastique et enfin de reconnaissance légale.
Pendant toute l'époque dont nous venons de parler, riLalie méridionale, la Sicile et la Sardaigne faisaient partie de rempire byzantin. Mais dès le viii^ siècle, Byzance ne pouvait plus conserver le duché de Home ni Texarchat de Ravenne ; plus tard il perdit la domination sur les Fouilles, la Calabre et la Sicile, surtout depuis que les Normands s'y furent établis. La ville de Naples fut perdue la dernière. Ce ne fut qu'en 1227 que Roger II, qui se fit couronner roi des deux Siciles en 1130, la leur enleva.
La Constitution de Manuel Comnène de l'an 116G dont nous avons parlé, ne fut donc pas publiée à Naples et n'y entra pas en vigueur. Néanmoins l'union avec Ryzance avait duré trop de temps pour ne pas faire entrer également à Naples la fête de la Conception de Marie. Comme preuve qu'elle y pénétra réellement, nous avons le calendrier napolitain du ix^ siècle, buriné sur marbre. Il fut découvert en 1742 à S. Jean-Majeur, et laisse voir encore d'autres influences byzantines. Même en faisant abstraction des faits historiques cités plus haut, rien que la dénomination de Conception de sainte Anne et la date du 9 décembre parlent en faveur de l'origine byzantine de la fête. Ainsi, pour ce qui est de l'histoire de la fête, Naples avec l'Italie méridionale et la Sicile doivent être rangés avec la partie orientale de l'Eglise universelle. On y célébrait la fête quand, à Rome, personne n'y songeait encore.
De ces données on peut inférer qu'au commencement du VIII® siècle la fête de la Conception de la Sainte Vierge était déjà connue dans l'empire byzantin, mais sous un
nom différent de celui sous lequel elle est connue de nos jours. La fête était-elle identique avec la nôtre, quant à l'idée et à la nature? Le lecteur répondra lui-même à cette question. Plusieurs choses sont sans aucun doute en faveur de l'affirmative. Car les auteurs grecs attribuent à Marie les louanges les plus magnifiques qu'on puisse imaginer — les leçons de l'office du 8 décembre, actuellement en usage, en fournissent des preuves plus que suffisantes — et l'élèvent non seulement au-dessus de tous les hommes, mais au-dessus de toutes les créatures. D'ailleurs la fête de la Conception n'avait, à proprement parler, de sens que dans l'hypothèse de considérer Marie exempte de péché, tout comme les Grecs célèbrent aussi une fête en l'honneur de la conception de saint Jean-Baptiste, uniquement parce que le saint Précurseur fut sanctifié dans le sein de sa mère, tandis qu'ordinairement on ne célèbre pas les jours de la naissance des Saints, mais celui de leur mort. Tout cela est pour l'affirmative ; d'autre part, les Pères grecs n'ont jamais employé ni trouvé l'expression qui eût été décisive; jamais ils n'ont soulevé la question si Marie a été conçue sans péché.
A vrai dire, il est difficile de maintenir l'affirmative en face de ce fait que les Grecs de nos jours ne donnent pas à leur fête de la Conception de Marie le sens indiqué plus haut, et qu'elle signifie chez eux très peu de chose. Leurs Bréviaires disent à ce sujet : « Dieu envoya son ange aux deux dévots Joachim et Anne et leur fit annoncer l'enfantement de celle qui était stérile, afin de préparer la Conception de la Vierge ». Ainsi la Sainte Vierge Marie fut conçue à la suite, il est vrai, d'un message, mais néanmoins par l'union avec l'homme et
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de sa semence; Noire Seigneur Jésus-Christ seul étant né de la Sainte Vierge xMarie, d'une manière inefTable, sans la coopération de l'homme et de sa semence >>.
L'annonce de l'ange mentionnée en cet endroit est basée sur une légende apocryphe qu'on rencontre au VIII*' et au IX'' siècle dans les sermons byzantins sur la Sainte Vierge. Joacliim aurait voulu, selon l'usage des Juifs, offrir un sacrifice dans le temple, mais en aurait été empêché et en outre injurié par des gens de la tribu de Ruben, parce qu'il était sans enfants. La chose l'aurait tellement peiné qu'il ne serait pas rentré dans la maison, mais se serait retiré dans un endroit solitaire. Anne, très inquiète à son sujet, aurait alors prié Dieu instamment et aurait su par un ange qu'elle deviendrait la mère d'une fille grandement enrichie des grâces divines. Cette légende a son origine dans l'évangile primitif de S. Jacques et occupe une large place dans les sermons de Jean d^Eubée et de Pierre de Sicile. Elle a pénétré également dans l'Occident où elle a même exercé quelque influence sur les beaux-arts *.
Les bréviaires grecs font connaître qu'une idée étrange s'était accréditée parmi les peuples, idée contre laquelle ils réagissent, bien entendu, à savoir que Marie était née sept mois après sa conception ; on verra plus loin le motif pour lequel il importe de rappeler ici cette naïveté. Remarquons seulement que, par tout ce que nous venons de dire, la fête chez les Grecs était bien amoindrie quant à sa signification.
Il en a été autrement dans l'Occident 2. Ici la fête
1. L'idée est exprimée dans le beau tableau de Ilans Holbein l'aîné, â la cathédrale d'Augsbourt^; dans la fresque de Procaccini de l'église Sanla Maria deW Orlo à Rome etc.
2. La date du 8 décembre en Occident au lieu du 9 usitée chez
apparaît quand son développement s'arrête en Orient. Elle fait son entrée d'abord timidement dans des sphères privées et dans les monastères ; puis elle est adoptée par des diocèses, non cependant sans qu'il se produise quelque opposition. D'autre part, à la première apparition officielle de la fête s'éleva aussitôt la discussion sur son fondement doctrinal et sa raison d'être, discussion qui s'est continuée à travers les siècles pour n'être définitivement terminée qu'à notre époque.
Avant d'examiner l'introduction de la fête dans les différents pays, faisons trois remarques importantes. Premièrement il ne s'agissait que d'une fête de la Conception de la Sainte Vierge, non d'une Conception Immaculée ; deuxièmement elle ne devint pas fête d'obligation, mais de dévotion seulement ; troisièmement enfin, le fait de son introduction dans un ordre religieux ou un couvent particulier ne constituait pas son adoption par le diocèse ou le pays dans lesquels le monastère était situé.
Nous avons d'abord des renseignements certains et précis par rapport à l'Angleterre ; on nomme comme y ayant pris une part active les personnages suivants : un certain Elsinus ou lielsinus, moine du couvent de Saint Augustin et plus tard abbé de Ramsey dans le diocèse de Worcester (1080 1087), S. Anselme, évêque de Cantorbéry et son neveu du même nom, Osberl de Clare, Prieur de Westminster, Warinus doyen à Worcester, l'abbé Hugues de Reading, enfin l'historien
les Grecs, s'explique probablement par ce fait que, dans le calendrier romain, la manière d'écrire vi Mus Dec. correspond à la date de la Nativité vi Mus Sept., tandis que le 9 décembre s'écrit V Mus.
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Eadmer. Avant d'exposer en ilélail les événements, il sera bon de donner quelques renseignements sur la vie de ces hommes ; nous parlerons en dernier lieu du personnage nommé le premier.
Le célèbre docteur de TÉglise, saint Anselme, d'origine germanique ainsi que l'indique son nom, était né à Aoste en 1033 ; en 1056 il entra dans l'ordre des Bénédictins, dans rai)baye du Bec en Normandie, dont Lanfranc était alors abbé. Il devint abbé lui-même de ce monastère en 1078 et, comme tel, entra en relations avec Guillaume I^' et Guillaume II rois d'Angleterre, pays avec lequel la Normandie, à cette époque, était politiquement unie. Pendant une maladie de Guillaume II, lui-même l'ut élu archevêque de Gantorbéry, en 1093, et confirmé par le roi. Mais bientôt il eut avec lui des divergences d'idées relativement à l'investiture et aux biens de son église, ce qui le détermina à se rendre à Rome où il demeura jusqu'à la mort du roi.
II eut également des dissentiments avec Henri I, successeur de Guillaume, par suite desquels il demeura en France jusqu'en 1106, époque à laquelle fut passé un accommodement en vertu duquel il put retourner en Angleterre où il occupa son siège épiscopal jusqu'à sa mort ; celle-ci arriva le 21 avril 1109.
Anselme le jeune, son neveu, fils de sa sœur, était originaire de la Lombardie. Sa jeunesse fut confiée au monastère de Saint Michel à Chiusa. Il reçut sa formation théologique chez les Bénédictins de Gantorbéry '. Après la mort de son oncle, nous le trouvons abbé de Saint-Sabas à Rome, poste qu'il n'occupa que peu de temps. Puis, en IMa, il fut chargé par le Pape de remettre le Pallium à Radul, archevêque nouvellement élu de Gantorbéry. Ayant, en qualité
1. y. comme se référanlà lui Ansf.lme. Ej>. ur. 43 et 77 ; iv, 114 (Inns MiGNK CLViii. Eadmei>,, Ilisl. nouorum v, 492 et 497, Migne, CLix le mentionne également.
de Légat, revendiqué énergiquement les droits pontificaux relativement au choix des évéques, il tomba en disgrâce auprès du roi Henri et dut se retirer en Normandie jusqu'au moment où une convention lut conclue entre le Pape Calixte I et le roi. Alors il fut élu abbé du monastère bénédictin de Edmundsbury et confirmé en cette qualité en M2i. Il occupa cette charge jusqu'à sa mort (11 janvier 1148). La tentative, faite en 1136 par une partie du chapitre de la cathédrale de Londres à l'effet de le faire évoque, n'eut pas d'effet, mais fut pour lui une source de beaucoup de contrariétés.
L'anglo-saxon Eadmer ou Edmer fut un disciple et un adhérent fidèle d'Anselme l'Ancien. Né dans le comté de Kent, il entra au couvent à Cantorbéry et accomgagna ensuite S. Anselme dans l'exil et à Rome. Après la mort de S. Anselme, il vécut dans la retraite qu'il ne quitta que peu de temps pour accepter, en 1 120, la charge d'évêque de Saint- André dans l'Ecosse, à laquelle il renonça au l)Out d'une année pour rentrer dans son couvent. 11 y mourut après Tan 1124. Il composa une histoire d'Angleterre ainsi qu'un certain nombre de vies de Saints d'Angleterre et quelques traités théologiques au nombre desquels il y en a deux en l'honneur de la Sainte Vierge [De excellentia Virginis Mariœ et De quahior virliilibas Mariœ). Dans ces derniers temps on a démontré jusqu'à l'évidence qu'il est également l'auteur de l'écrit sur la Conception de Marie [de Conceplione S. Mariœ) que, jusqu'à ces jours, on attribuait ordinairement à l'un des deux Anselme '. L'écrit ci-dessus mentionné d'Eadmer sur l'excellence de la Sainte Vierge, fait
1. Dans les manuscrits, il se trouve au milieu des œuvres de S. Anselme TAiicien, auquel il était d'abord attribué. Le Père de BucH et autres l'attribuèrent à son neveu. Mais dans le plus ancien manuscrit de Cantorbéry du xn* siècle, il est mentionné expressément comme l'œuvre d'EADMER, cf. TnuRSTONet Slatek, Eadmeri Mon. Cant. tractaius de Conceplione S. Mariae ; Frib. Brisff. 1904.
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ressortir d'une manière particulière la coopération de Marie à l'œuvre et à la Passion de Jésus-Christ. L'auteur y garde une attitude neutre vis à vis de la doctrine de l'Immaculée Conception et admet la possibilité qu'EUe n'ait été purifiée du péché originel qu'à l'Annonciation de l'ange. Mais dans l'ouvrage de conceplione S. Maviœ,'\\ se fait le chami)ion de lintroduction de la fête et cherche à en motiver le fondement doctrinal qu'il défend avec chaleur et non sans ' éloquence contre plusieurs objections, ayantreconnu, ditil, la justesse de la cause après un examen plus approfondi. Le fait que cet ouvrage est le premier qui se soit proposé comme but de défendre cette thèse, lui donne un intérêt particulier.
Si nous passons aux renseignements qui nous sont transmis relativement à l'introduction de la fête en Angleterre, nous rencontrons d'abord rhistoire d'Elsinus, personnage nullement légendaire mais historique. Il était moine de S. Augustin de Cantorbéry, puis abbé de Ramsay de 1080 à 1087, à Fépoque, par conséquent, de Guillaume I, dit le Conquérant. Un récit qui paraît légendaire mais qui, au moyen âge, avait largement cours sous des formes difierentes, soit comme sermon soit comme lettre de S. Anselme l'Ancien, soit autrement, prétend qu'Elsinus fut envoyé en Danemark par Guillaume, chargé de porter des présents au roi et de s'informer si ce monarque préparait une invasion dans l'Angleterre. Il aurait rempli sa mission, mais au retour il aurait été surpris par une tempête si violente que les cordages se rompirent, les rames se brisèrent et que le naufrage parut imminent. Dans cette extrémité, pendant que tous attendaient la mort et invoquaient le secours de Marie, un personnage en habits pontificaux aurait apparu — il s'agit de S. Nicolas, patron des navi-
gateurs — lequel, appelant Elsinus par son nom, lui aurait assuré le salut s'il promettait de célébrer chaque année, au 8 décembre, la Conception de Marie et d'en porter d'autres par ses exhortations à solenniser cette fête. Elsinus le promit et tous furent sauvés K
Cette relation, qui a tout l'air d'une légende, a été beaucoup utilisée dans les temps anciens pour les leçons du Bréviaire 2, mais dans les temps modernes elle a été fortement révoquée en doute. Gerberon, le savant Bénédictin de la Congrégation de Saint-iMaur, éditeur des œuvres de S. Anselme, a objecté contre la légende qu'après la bataille de Hastings, en 1066, Guillaume s'est rendu en Normandie et que la descente des Danois s'est efïectuée peu de temps après. Gerberon s'est mépris sur la date du voyage. Elsinus l'a entrepris, non quand il était simple moine, mais en qualité d'abbé, ce qui d'ailleurs est parfaitement vraisemblable. Le voyage doit donc être placé entre 1080 et 1087 et non en 1066. Quoi qu'il en soit, en admettant d'ailleurs que le récit paraisse légendaire, il peut avoir au moins cela de vrai qu'Elsinus a introduit dans son monastère la fête du 8 décembre 3.
Deux lettres d'Osbert de Clare, défenseur ardent de
1. II y a, parmi les œuvres apocryphes de S. Anselme, deux relations au sujet d'Elsinus (Migne c:lix, 319-326). Dernièrement TnuRSTON et Slatep. en ont donné deux autres, Eadmeiu, Mon. Cant. tract, de Concept. S. Mariae 88-98. Un autre se trouve dans Leghler. Mittelalt. Kirchenfeste-, 92.
2. Par exemple, dans le Bréviaire romain de 1473 (à la Bibliothèque de l'Université de Fribourg en Brisgau), dans celui de Sion de 1493 (musée national de Zurich) et dans celui de Constance de 1509.
3. Gerberon, dans l'introduction aux œuvres de S. Anselme, MiGNE, CLvni, 43.
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a thèse (loclriiiale, écrilcs dans les années ir28el 1129, lémoignenl qn'Anseline le jeune a introduit la fêle dans son couvent d'Edniondsbury.Il se plaint en termes amers de ce que deux évêques, Roger de Saint-Alban et Bernard de Menevia, empêchaient l'introduction de la fêle. Ils avaient même tenu un synode et avaient interdit la fête comme une innovation. Ce fait et la circonstance qu'Osbert lui-même n'ose pas parler de l'Immaculée Conception le jour du 8 décembre « par peur de ses adversaires », comme il dit, prouvent combien grande a dû être du côté du clergé séculier anglo-saxon Fopposilion aussi bien contre la fête que contre le dogme lui-même^. D'après ce que nous venons de dire, il faut de plus enregistrer comme historiquement démontré que, vers Tan 1128, la fêle de la Conception de Marie était célébrée comme fêle ecclésiastique dans plusieurs monastères bénédictins d'Angleterre, notamment dans ceux de Ramsay, d'Edmundsbury et Reading, ainsi qu'à Worcester et Weslminster^et peut-être dans quelques autres, sans cependant que la célébration sortît aucunement des murs des couvents. Elle devait d'ailleurs être faite avec discrétion, puisque des persoimages importantvS ecclésiasticjues et séculiers la voyaient d'un mauvais œil, et qu'on ne pouvait pas compter la voir adopter par le clergé séculier, les évêques et les synodes. Bien plus, un synode de cette époque alla même jusqu'à la prohiber. L'adoption de la fête n'eut lieu qu'au xv^ siècle.
1. Les lettres d'Osbert ont été publiées d'abord avec celles d'Herbert de Losingo par Robert Anstrutiier (Bruxelles 1846), d'une manière incorrecte et incomplète. Elles ont été publiées dernièrement par Thurston et Slater. 1. c. 53.
2. OsBEHT DE Clara, dans Thurston et Slater, App. B. OC suiv.
Si l'on examine les circonstances politiques et ecclésiastiques de cette époque, on est surpris qu'une telle innovation — car la fête est nommée ainsi dans les écrits cités — ait pu se produire précisément en Angletere. Au xi^ siècle, en effet, le pays était déchiré par des guerres intestines, et éprouvé par des invasions ennemies, tandis qu'au dire d'historiens anglais contemporains, le clergé indigène était entaché de simonie et d'esprit mondaine Ce n'est pas là l'atmosphère apte à la naissance d'une fête qui touche si profondément l'intime de la vie pieuse. Cela étant, il fallait une excitation venue du dehors; celle-ci vint indirectement de l'Orient ; elle eut pour intermédiaire la Normandie dont un grand nombre de moines et de clercs aussi savants que zélés se fixèrent en Angleterre après la conquête de ce pays par les Normands. Or l'union politique ou du moins dynastique de l'Angleterre avec la Normandie ne date pas seulement de la bataille d'Haslings (1066), mais remonte au temps du roi Edouard le Confesseur qui avait été élevé en Normandie et d'Ethelred II, dont l'épouse Emma lut une princesse normande.
L'introduction officielle de la fêle de la « Conception
1. OsBERT, Epist. 1 1. c. p. 55. Et in hoc regno et iransmarinis parllbus a nonniillis episcopis et abbatibus in ecclesiis Dei instituta est illius diei recordatio. Il ressort assez clairement de la seconde lettre d'Osberl et d'autres indications que la fête était adoptée in hoc regno, c'est-à-dire en Angleterre, non par des évêques, mais par des abbés. Ce qui vient détre dit ne s'applique par conséquent qu'à la Normandie. En parlant de Grebert de Londres, le seul évèque qu'il dit favorable à la fête, il emploie l'expression « qu'il est suffisamment instruit de ces choses » (1. c. 58), sans dire nulle part qu'il Uait instituée. Par les termes //'«nsmar/nae par/es, les chroniqueurs de ce temps entendent toujours la Normandie et la Bretagne.
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de Marie » ne commença en Angleterre qu'au xiii® siècle et ne fit que de lents progrès. Le Concile provincial d'Oxford (122*2, can. 8) se refusa encore cà Tadopler comme fête chômée, mais en permit la célébration privée. Le synode diocésain de Worcesler ne la mentionne aucunement dans la liste des fêtes. Par contre elle fut célébrée en 1228 dans le couvent et le diocèse de Saint-Alban^ et le synode diocésain d'Exeter, on 1287, l'adopta formellement par un décret, lequel, naturellement, ne pouvait être obligatoire que pour la circonscription du diocèse.
Cependant la fête était déjà introduite en Normandie par le clergé séculier et elle s'y maintint sans controverse, pendant qu'en Angleterre elle était à peine tolérée dans la solitude des couvents. Osbert lui-même l'affirme quand il dit dans sa lettre à saint Anselme que, dans les pays d'outre-mer, la fête était célébrée solennellement par quelques évêques 2. Si ces mots ne désignent pas la Normandie, qu'on nous cite un autre pays du continent où la fête existât à cette époque. C'est un fait qu'au temps de l'évêque Rotrou (1165-1183) elle était établie et placée sur la même ligne que l'Annonciation '^. Or c'était une loi dans cette province ecclé-