‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 189 sur 299 · LA PRÉSENTATION DE MARIE AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA PRÉSENTATION DE MARIE AU TEMPLE

(Prœseniatio B. M. T'., 21 novembre) ^.

L'opinion qu'à l'âge de trois ans Marie aurait été, par suite de son vœu, conduite par ses parents au temple de Jérusalem pour y être élevée, ne se trouve, à vrai dire, que dans les évangiles apocryphes ^ ; cependant elle était si conforme aux idées des Religieux anciens et modernes de l'Orient et de l'Occident qu'elle fut de bonne heure utilisée en faveur du cycle des fêtes. Dans la Constitution de Manuel Comnène, publiée en 1166, la fête apparaît officiellement au nombre de celles où les tribunaux chôment entièrement ; elle est placée au jour qui lui est encore consacré aujourd'hui ^. La fête fut

1. S. Minocchi, Il nome di Maria, Firenze, 1897. Dans cet écrit (p. 37 suiv.) sur l'autorité de Maspeho et d'ERMAN, on nie la dérivation de ce nom de l'égyptien. (Note du Irad. ital.)

2. Nous renvoyons pour le reste à rexccllent article de J.-B. Kraus dans le Kirchenlexicon, remanié dans la seconde édition par ScHROD. Parmi les auteurs p[us anciens il faut citer Benoit XIV, Comentariiis defestis B. M. V., parmi les modernes la compilation sans critique de IIolweck, Fasli Mariani 1892.

3. Dans le soi-disant Proloevangeliiini, c. 7 et dans l'évangile deNalivltate Mariae, c. 6 Cf. Tappeuob^, Ausserbibl. Nachrichlen oder die Apocryphen, 25.

4. Marcelli, I, 287. Le texte porte : xàilç -:ov vaov etaoôia TT^C Heoixr,ziprj(; J..J3. Kraus (Kirchenlexicon, vi, 884) en reporte l'origine en 730 à Constantinoi»lc et renvoie à Siméon Métaphraste, mais sans citer le texte. Alt (p. 52) et d'autres l'ont

iransplantée en Occident par un gentilhomme appelé Philippe de Maizières qui, en 1371, demeurait à la cour de Grégoire XI à Avignon, en qualité d'ambassadeur du roi Lusignan de Chypre. Il représentait au Pape le caractère solennel que la fête avait en Orient, au point que le Pape en prit occasion pour en ordonner la célébration dans TEglise romaine. Bientôt elle fut en faveur dans d'autres lieux, comme dans le royaume de Navarre en 1374, à Trêves en 1381, à Metz en 1420, à Cologne et' ailleurs. Elle fut introduite à Rome par Sixte IV, et un office fut inséré dans le bréviaire romain sans être rendu obligatoire [inter [esta ad libitum et pro aliqiiibus locis). Ce ne fut que Sixte V qui la prescrivit en 1585 à TEglise universelle, après qu'elle eut été éliminée pendant quelque temps par S. Pie V. L'office, alors en usage, fut remanié sous Clément VIII. Peu remarquée auparavant, la fêle devint tout à coup en Prusse (1593) fête obligatoire in foro ; elle fut fixé au 3e mercredi de novembre, sorte d'intermédiaire entre les fêtes mobiles et les fêtes fixes.

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