Thomassin, 1. 2, c. 5, p. 176 suiv
2. Syn. de Rouen 650, can. 15 ; Decrel. Grat., c. 1. dist. 3 de consecr. ; can. 2, x, de feriis, in, 9. Sur les variations dans la manière de traiter le sabbat, v. Alt, 10 suiv.
dans les calendriers orientaux : b) ils peuvent être des apôtres, des martyrs, des vierges, des confesseurs, des anges et enfin la Mère de Dieu.
2. — Au point de vue de Fextension, les fêtes sont universelles ou locales.
3. — Envisagées selon leur caractère à un point de vue purement théorique, elles pourraient être divisées convenablement en fêtes commémoratives et en fêtes votives. Les fêtes commémoratives sont celles qui consacrent la mémoire d'un événement historique, tel que la naissance et la mort de Jésus-Christ, la mort d'un apôtre ou d'un martyr etc. Dans beaucoup de cas elles sont fixées au jour où a eu lieu l'événement qu'elles rappellent. On peut considérer comme fêtes votives celles qui rappellent quelque mystère, par exemple celui de la sainte Trinité ; ou encore celles qui, consacrées au souvenir d'un événement déterminé, par exemple la Transfiguration de Jésus-Christ, ne sont pas marquées, dans le calendrier, au jour où l'événement a eu lieu.
Comme le nombre des fêtes s'est beaucoup modifié dans la suite des siècles, et comme leur objet est si différent, les fêtes ont également entre elles des différences de dignité ; aussi existe-t-il toute une série de subdivisions.
D'abord on peut distinguer les fêtes purement ecclésiastiques, c'est-à-dire celles dont la célébration est limitée à l'intérieur des églises [festa chori) et celles dont la célébration se fait sentir également dans la vie civile, notamment par le repos sabbatique [festa fori).
On peut encore distinguer ce qu'on appelle les fériés par opposition aux fêtes proprement dites. Selon l'usage ecclésiastique, les jours ordinaires de l'année ont
eux-mêmes leur place clans la liturgie et prennent part en quelque sorte au caractère des fêtes. Cependant on distingue les jours auxquels se rattache la mémoire de quelque circonstance particulière de la Rédemption ou la commémora lion de quelque Saint. Ces jours, dans un sens plus élevé, sont appelés fêtes [festd).
Ces jours sont ou bien des fêtes importantes ou des fêtes moindres ; dans le langage des rubriques on les appelle fêles doubles ou fêles simples, les fêtes semi-doubles tiennent le milieu entre les deux. La différence entre les fêtes se fait remarquer davantage dans la disposition du Bréviaire que dans celle du Missel. Néanmoins cette division ne suffit pas encore ; il y a des diversités de degré, notamment pour les fêtes du Seigneur et les mystères plus importants de la Rédemption. Ainsi on distingue les doubles majeurs, puis les doubles de V"" et de 2« classe. Les fêtes doubles de 1''® classe sont ordinairement suivies d'une solennité de huit jours ou Octave ; ce qui se vérifie également pour quelques fêtes doubles de seconde classe.
Chez les Grecs et les Russes, la gradation des fêtes n'est pas aussi compliquée ; on ne distingue chez eux que des fêtes majeures, moyennes et mineures ; des signes particuhers, apposés dans les calendriers, font remarquer cette différence.
L'Octave ou solennité de huit jours qui distingue ordinairement les grandes fêtes, tire son origine du judaïsme, où la célébration de deux événements politicoreligieux particulièrement importants, savoir la sortie d'Egypte ou la Pâque et la Dédicace du Temple, durait huit jours ^. Une raison spéciale faisait maintenir l'Oc-
1. Lev., XXIII, 24 ; Paral., xxix, 17 ; xxx, 32 ; Reg., vin, C5.
tave de la Pâque. En effet, après Texil, un grand nombre de Juifs vivaient dans la dispersion. Étant donné l'incertitude du système juif pour calculer le jour de Pûque, il était à craindre que la date exacte de la Pâque ne fût pas connue à temps de tous. Pour obvier à l'inconvénient de voir célébrer la Pâque dans quelques endroits en dehors de son jour, on en faisait durer la célébration pendant huit jours ; l'un d'eux devait bien être le jour exact. Le premier, le deuxième, le septième et le dernier jour étaient célébrés comme de vrais jours de fête ^. Bientôt la Pentecôte et Noël eurent également leur Octave : les choses en restèrent là pendant de longues années. A l'époque où l'ordre franciscain gagna de l'influence sur les institutions liturgiques, le nombre des Octaves fut augmenté. En effet, les Franciscains attribuèrent des Octaves à un nombre extraordinaire de fêtes contenues dans leur Bréviaire et célébraient chaque jour de l'octave sous le rite double. A côté des fêtes du Seigneur, un grand nombre de fêtes de saints eurent à leur tour une Octave. Dans le rite romain plus ancien, la célébration de l'octave des saints se bornait à faire, dans l'office, mémoire de la fête le huitième jour ; durant les jours intermédiaires on n'en faisait aucune mention 2. L'exemple, unique dans son espèce, que le Bréviaire ait gardé de ce procédé liturgique, se trouve dans la fête de sainte Agnès secundo (28 janvier).
Dans les temps plus anciens, les fêtes des saints n'étaient pas différenciées entre elles par le rang ; toutes étaient du rite qu'on appelle aujourd'hui simple ; même après que le Bréviaire se fut développé, elles n'avaient
L Ideler, Handbuch der Chronol. Berlin 1825, I, 515. 2. Bteumer, Gesch. des Breuiers, 325 suiv.
qu'une seule leçon. Grég-oire VU fraya la voie au changement sous ce rapport, en ordonnant que les anniversaires des Papes martyrs fussent célébrés sous le rite double '. Puis en 1298, Boniface VIII ordonna que les fêtes des Apôtres, des Èvangélisteset des quatre grands Docteurs de l'Église laline fussent élevées au même rang -. Ce furent encore les Franciscains qui amenèrent une révolution complète en célébrant dans leurs églises et dans leur Bréviaire comme doubles toutes les fêtes des saints, et en ajoutant une série de saints nouveaux 3. Plus tard Pie V a abaissé de nouveau le degré de bien des fêtes ; néanmoins en dehors et au-dessus des doubles^ il a admis des doubles de première et de seconde classe. Plus tard Clément VIII introduisit une nouvelle catégorie dans les doubles ordinaires ou duplex simpliciler per annum, en ajoutant le double majeur ^. Par conséquent la liste actuelle par gradation est la suivante : le simple, le semi-double, le double, le double majeur, le double de seconde classe et le double de première classe.
Le tableau suivant donne la division des fêtes par classes, suivant le calendrier romain actuellement en vigueur :
DupuciA PRiMAE cLASSis : NalivUas Domini^ Epiphania, Annunlialio (depuis 1895), Pascha cum tribus anlecedentibus el duobus sequentibus diebus, Ascensio
1. MiCROLOGUs, 43, dans IMigne, clt, 1010. Cependant actuellement loules n'ont pas encore ce rang, p. ex. Corneille, Silvère et d'autres. L'ordonnance citée n'avait de vigueur, i)ar conséquent, que pour la ville de Rome.