‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 195 sur 299 · LA FÈTIi DE NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS · texte numérisé non relu

LA FÈTIi DE NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS

Sans être une fête proprement dite, la commémoration de Notre Dame des Sept Douleurs, célébrée le vendredi de la semaine de la Passion, est chère à la piété des fidèles. Elle est sortie des profondeurs de l'âme conlemplative. 11 en faut chercher la préparation et

1. h'irchenlexicon vin, 818 ; Brev. Rom. l)om. I, Oct. lect. 79. Le 5 août, on célèbre Noire-Dame des Neiges, S. Maria ad niues. L'offhe de celte fête étant incorporé au Bréviaire universel, il scnibli^ (ju'une comte remarque à ce sujet soil ici à sa place. Le Pape Libère éleva une basili(pie sur l'Esquilin, à l'endroit où avait été la boucherie de Livie {Macellnni Liuiae) ; elle fut apj)elée Lihcrianu du nom de ce Pa|)e. Au siècle suivant, à l'occasion d'une reconstruction, Sixte III en niodiiia le titre et la dédia à la Sainte \'ievge (Lih. ponl. Liberius n. 52, Sixtus III, n. <J3 . .\ partir de cette époque elle s'appela Basilica a. Mariae. Aujourd bui on lappellc S. Maria Maggiore. Aucun document ancien ne parle du miracle de la neige, dont il est question pour la pr(Mnière fois dans des écrits du moy<;n Age. Le 5 août a dû être le jour de la dédicace ; c'est l'opinion du Père Grisau [Gesch. Roms, i, 153, A 1).

comme les racines clans les écrits ascétiques du XII® siècle. Le pieux moine Eadmer dans son écrit : « Uber die Vorziige der Jungfrau Maria (chap. V, v. plus haut § 28) montre la part que la Sainte Vierge eut aux souffrances de son Fils. Le livre d'un inconnu {de passione Chrisii e{ planctibus Matris ejus, Migne, clii) attribué communément à saint Bernard, respire lui aussi une profonde piété, bien qu'il soit un peu amolli et doucereux. Le troisième écrit sur le même sujet est composé par Amédée, disciple de S. Bernard, abbé et plus tard évêque de Lausanne (f 1159) ; sa 5^ homélie porte le titre : de nienlis dolore et martyrio B. M. V. (Migne, clxxxviu, 1325-1351). Lui aussi expose en général et dans les grandes lignes la participation de Marie à la Passion de son Fils. Plus tard on spécifia davantage l'objet et l'on ajouta d'autres considérations, si bien qu'on arriva aux sept douleurs de Marie. Dans cette forme, la dévotion fut particulièrement cultivée dans l'ordre des Servîtes, fondé en 1240. En leur faveur Innocent XI institua une seconde fête de ce nom, en dehors du temps pascal, et la fixa au m® dimanche de septembre. Elle fut élevée au rite des fêtes de seconde classe par Pie X.

§30. —LA FÊTE DE SAINT JOSEPHK LE CULTE DES. JOACHIM ET DE SAINTE ANNE,

Dans les premiers siècles de l'Eglise, les martyrs seuls, comme nous l'avons dit, jouissaient d'un culte

1. Pfùlf, Die Verehrung des h. Joseph in der Gesckichtey dans Slimmen ans Maria-Laach, 1890, p. 117. — Le développement historique du culte de S. Joseph, dans Revue bénédictine de Maredsous^ 1897, p. 106.

ecclésiastique. Il faut sans doute attribuer à cette circonstance que des personnages qui, durant leur vie mortelle, approchaient de tout près le Seigneur, ne devinrent l'objet d'un culte qu'à une époque assez tardive. La chose se réalisa notamment au sujet de saint Joseph, le père nourricier de Jésus. Malgré la dénomination de ((Juste» que lui décerne la sainte Écriture, malgré les éloges dont il est Tobjet dans les ouvrages des Pères de l'Kglise, il n'oblint que très tard un culte public et universel. Nous avons des renseignements nombreux sur les tombeaux des apôtres, on montre même dilTérents tombeaux des prophètes de l'ancienne Loi, mais la Tradition se tait au sujet de la mort, de l'enterrement et des reliques du saint Patriarche.

Les plus anciennes traces d'un culte direct se trouvent dans un des calendriers coptes * publiés par Seldon ; on y insère au 20 juillet le (( charpentier Joseph » ; il en est de même du Synaxaire, édité par le Cardinal Maï'^; ce document estplus jeune el appartient tout au plus au ix*" siècle. La date du 20 juillet n'eut d'ailleurs aucune intluence sur les autres églises. Le ménologe de Gonstantinople ne renferme pas même le nom de Joseph ; le ménologe basilien ne fait que le mentionner, au 25 décembre, comme en passant, sous forme de commémoraison. On y nomme d'abord, après la naissance du Sauveur, les rois Mages, puis Joseph comme époux et protecteur de la Sainte Vierge (6 {jLVT,(T-a>p xal çpj/.a^ -cy;; TrapOÉvojj. Il n'y a pas non plus, en cet endroit, un jour propre.

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