‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 210 sur 299 · s. JACQUES LE MAJEUR · texte numérisé non relu

s. JACQUES LE MAJEUR

Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean TÉvangéliste, élait originaire de la Galilée. Sa carrière apostolique après la mort du Seigneur ne fut pas de longue durée, puisqu'en 42 ou en 43 il fut décapité par ordre du roi Hérode Agrippa I. Celui-ci possédait, dès l'an 37, la dignité de roi de la Judée, mais n'obtint la puissance sur Jéiusalem que dans les dernières années de son règne. 11 vint, selon l'usage, dans la ville sainte pour la fête de la Paque. Afin de se concilier la faveur des Juifs il y fit, peu avant la Pâque, arrêter et exécuter Jacques, et en voyant que cela faisait plaisir aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre pour le faire exécuter également après la fête. Ceci arriva peu de temps avant la mort d'Hérode lui-même, rapportée dans le même chapitre des Actes des Apôtres (xn, 1-4 ; 23).

1, Passio S. Arlemii auclore Joiianne mon. c. 16. M igné, Pair, (jr. xvic, 12GG. Paulinls Nol. Poëina xix, 33. De même YEnoniium S. Lucae, manuscrit imprimé pour la première fois par Ph. Meyeh dans Jahrbuch fuer prolesl. Théologie 1890, livraison d'août ; enfin Abu'i. Barakat, Oriens chr. Home 1902, p. 337, cf. Tiib. Quarlalsch. 1905, 590.

Le jour de la mort de S. Jacques tomba par conséquent peu avant Pâques ou, comme nous dirions aujourd'hui, pendant la Semaine sainte. Exacts appréciateurs de ce fait, les Coptes ont fixé au 12 avril son jour commémoratif 1 ; le lectionnaire syriaque d'Antioche l'a placé au 30 du même mois. Si ces inscriptions ne marquent pas précisément avec exactitude la vraie date de la mort, elles s'en approchent sans doute. D'ailleurs la circonstance que la mort de S. Jacques tombait peu avant Pâques, c'est-à-dire dans un temps où le souvenir de la Passion du Sauveur ne souffrait pas de fête de martyr, devait nuire au maintien de la vraie date. Parmi les ménologes, le basiléen, le premier, le nomme au 9 octobre.

Les restes mortels de S. Jacques ainsi que ceux de son homonyme reposaient encore au vi'' siècle à Jérusalem 2 ; mais au ix*^ siècle ils se trouvent en Espagne, à Compostelle où, d'après Notker Balbulus 3, ils étaient l'objet d'une grande vénération. Mais on ne connaît aucune relation sur la translation, comme nous en avons sur d'autres événements de cette nature ; de même on ne trouve dans aucun auteur une notice relative à l'auteur ou à l'époque de la translation. La translation ellemême doit être historique, bien que l'opinion d'après laquelle Sr. Jacques aurait prêché l'évangile en Espagne

1. Le Calendrier édité par Selden, de synedriis Hebr. et celui édité i)ar le cardinal Mai.

2. Venantius Fort. Carmina, viii, 6. Cf. Kirclienlexicon, ni, 774 Art. Compostela par Hefele.

3. Notker Balbulus ad VIII Kal. Aacj. dit : Jussu Herodis Régis decollatus est Hierosolymis... Hujus ossa ad Hispanias translata. Migne, cxxxi, 1125.

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110 soil qu'une fable ^ On esl lente de croire que par crainte des AraJjos qui exerçaient à cette époque leur domination sur Jérusalem, les ossements aient été clandestinement enlevés par les chrétiens pour trouver enfin en Espagne un second lieu de repos.

Le Bréviaire romain et le martyrologe marquent sa fêle au 25 juillet, qui esl le jour de sa translation ; malheureusement ces livres ne donnent aucune indication sur les circonstances de cette translation. Le sacramentaire gela sien n'a pas encore S. Jacques, pas plus que Bède et le martyrologe de Naples. Par conséquent son nom n'est entré dans les écrits liturgiques qu'au viu*^ siècle. Dans les documents liturgiques plus anciens des églif^es de l'ancienne Kspagne, le nom de S. Jacques manque complètement, ce qui serait inexplicable s'il avait été l'apolre de ce pays. Son culte ne s'y montre qu'à partir du ix^ siècle. Si l'on examine les autres calendriers de l'Occident, on le trouve dans le calendrier dit de Charlemagne de 781, édité par Pieper, ainsi que dans les manuscrits plus récents du sacramenlaire grégorien, tandis que le sacramenlaire de Mayence de 840 ne le cite pas encore. Ici encore on peut constater des divergences dignes de remarque entre les différentes recensions du sacramentaire hiéronymien : celle de Wissembourg ne marque au 25 juillet qu'un S. Jacques mai'lyr, sans autre addition que l'indication du lieu Porliis Romarins ; celle d'Echlernach le désigne sous le titre de Aposloliis el fraler Joannis Evany.'^, et ajoute

1. Le P.ipe Innocent I nie catégoriquement qu'un apôU'e quelconque ait fondé une Kglise en Espagne. PJp. ad Décent, xxv, c. '2 : .1/// leijanl, si in his provinciis alias apostolorum invenilar,. etc, Mi(;ne. xx, \)')2.

2. Édition de Mgi- Duchksne, dans Acla SS. nou. tit. n, p. I,. p. OG.

Hierosolym. ; celle enfin de Berne dit simplement Passio S. Jacobi. On ne voit pas pour quels motifs ces deux dernières recensions ont fait de S. Jacques, martyr de Portus Romanus, Tapôtre et le frère du disciple bienaimé. Il ne portait en effet aucune autre désignation. Le sacramentaire napolitain n'a pas, au 25 juillet d'apôtre S. Jacques, mais bien au 15 novembre ; S. Jacques le Mineur et S. Philippe y sont marqués au l*"" mai. Il manque encore au calendrier de sainte Geneviève de 731-741, tandis qu'il se trouve déjà chez le Vénérable Bède.

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