s. ANDHÉ ET l/É VANGELISTE S. LUC
Nous pouvons réunir ces deux fêtes d'apôtres, puisque le 3 mars 357 les reliques de Tapôtre S. André et de l'Evangélisle S. Luc furent solennellement transférées en même temps dans l'église des apôtres à Gonstantinople 2. Le tombeau de S. André avait été jusque-là à Patras, où il avait subi la mort ; l'endroit où était déposé jusque-là le corps de S. Luc n'est pas indiqué ; ce pouvait être Patras ou bien un lieu dans les environs. L'acquisition des reliques de l'apôtre S. André était
L Roem. Qiiarlahch. 1901, 244. Si Ranke pense que Bède célèbre la conversion de S. Paul « selon l'usage antique » le 29 juin, il se trompe sous plus d'un rapport. V. Bkda, Martyr., éd. Mn.Nt:, .\f;iv, 902.
2. IIiEi'.oN. De viris ill. c. 7; Cliron. pasch. ad h, a. -Les fasli Idal. et Tnt:oD. Lector {Ilisl. ceci. II, Gl) sont d'accord pour donner la date du 3 mars.
d'un prix particulier pour Constantinople, parce qu'on croyait devoir reconnaître en lui le fonda teur apostolique de la communauté de cette ville, et qu'on faisait remonter jusqu'à lui la liste des évêques, laquelle, historiquement, ne commence qu'avec Tliéopliane (315-325) ; on prétendait en effet que S. André avait ordonné Sta chys pour être le premier évêque. Son martyre à Fatras est historiquement certain, et on possède aujourd'hui une relation digne de foi de sa mort pour la foi^. En outre, on connaissait depuis longtemps une lettre circulaire des prêtres et des diacres d'Achaïe, laquelle, dans les parties essentielles, est d'accord avec la source qu'on vient d'indiquer, bien que pour les détails elle provoque quelques objections de la critique 2. Le détail que S. André était évêque de Fatras est marqué au 2 février dans le martyrologe hiéronymien.
La date du mois pour la mort de S. Luc paraît avoir de la valeur, et on conserve sans hésitation le 18 octobre. Les deux dates, celle du 18 octobre et celle du 30 novembre apparaissent déjà dans le calendrier le plus ancien de Carthage, qui ne connaît pas d'autres fêtes d'apôtres, à l'exception de celle de S.Jacques le Mineur (27 décembre). Flusieurs auteurs, tant anciens que modernes, s'appuyant sur la coïncidence de la translation accidentelle de S. André et de S. Luc, ont tiré la conséquence prématurée que S. Luc était également mort à
1. Édité d'après des manuscrits de Paris du ix' au xn" siècle, par UsENER dans Analecta Boll. xui, 372-378. Cf. ma dissertation : Zur Gesch. des Aposlels Andréas dans le Kalholik 1906, fascic. 3.
2. Publié en lalin seulement dans Mombrisius et Surius. Le texte grec a été imprimé par G. Clir. Wooc, Lips. 1749 ; Mor- CELLi, Menolog. Consl. I, 245 et Tirchendorf, Acla Ap. apocr. Lips. 1861 p. 105. Les Tipa^etç toù Avôpéoo xac MaxOsia ibid. p. 432 renferment des fables puériles.
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Palras et qu'il y avait été enseveli. Une source * récente mais donl l'orig-ine remonte néanmoins à Philostorgius, donne le vrai jour de sa mort et le lieu de son enterrement, savoir la ville de Tlièbes aux sept portes, ce qui est confirmé par S. Paulin de Noie.
De là, sa translation a très bien pu se faire dans le même temps que celle de S. André de Patras. Elle fut opérée sur l'ordre de l'empereur Constance par Artemius, officier de la Cour, qui avait également transféré à Constantinople les reliques de S. Thimothée.