HiERON. De vir. ilL c
s. PHILIPPE ET S. JACQUES LE MINEUR 383
laquelle le grand prêtre Ananie II l'aurait fait lapider; l'autre d'Hégésippe, conservée par Eusèbe, laquelle a reçu des additions légendaires. Toutes les deux s'accordent à placer son martyre dans la semaine Sainte et, comme ajoute S. Jérôme, en la septième année de Néron, c'est-à-dire en 61 après J.-C. et non en 60. La mémoire de S. Jacques était célébrée en Orient au 27 décembre. Déjà le martyrologe arien le place à ce jour, et celui de Carthage, qui est également très ancien, le suit quanta cette indication. 11 importe peu que ce dernier calendrier ajoute faussement : quem Herodes occidit, car il y est certainement question de S. Jacques le Mineur, dont les autres sources orientales placent également le jour anniversaire dans le temps de Noël, ce qu'elles ne font pas pour S. Jacques le Majeur. Il faut avouer néanmoins qu'elles ne sont plus d'accord entre elles quand il s'agit de déterminer le jour. Tantôt elles le mettent au 26, tantôt au 28 ; les calendriers napolitain et mozarabique le placent même au 29, tandis que le lectionnaire syrien nomme son nom au 23 octobre en plus du 28 décembre. En présence de cette multitude de témoignages anciens, nous serions par conséquent assez portés à accepter la date du 27 décembre comme le jour de sa mort. Mais plusieurs raisons s'y opposent. D'abord, dans les sources indiquées, S. Jacques partage le plus souvent avec S. Jean l'évangéliste le même jour anniversaire, et il est peu probable que les deux soient morts le même jour. Ensuite, dans la source la plus ancienne, le martyrologe arien, immédiatement après le 28 décembre, anniversaire de S. Jacques et de S. Jean, on nomme S. Pierre et S. Paul, dont le jour de la mort est tout autre. On voit que le rédacteur a placé aux jours
qui suivent Noël les personnages les plus importants qui avaient approché le Sauveur. Une troisième raison encore est le fait que l'église, bâtie par sainte Hélène sur la montagne des Oliviers, a été consacrée le 27 décembre i. Or S. Jacques et S. Philippe furent également honorés dans cette église. Ici, comme dans d'autres circonstances, la date de la dédicace de l'égjise a pu motiver la date de la fête des Saints en question. On pourrait supposer, il est vrai, qu'on a placé à dessein la consécration de l'église au jour de la fête des Saints, mais dans le cas qui nous occupe la chose ne saurait être démontrée. Nous devons donc renoncer au 27 décembre comme jour vrai de la mort de S. Jacques; c'était peut-être le jour de son ordination 2,
Ce que nous venons de dire est confirmé en outre par un fait relaté dans les livres des pèlerins. D'après ces relations, S. Jacques avait possédé à Jérusalem une maison et un sépulcre propres dans lequel il aurait fait déposer Zacharie et Siméon le prophète et il a été enseveli dans l'église du mont desOliviers^.Ilest vrai que des sources plus récentes, même latines, indiquent expressément le 27 décembre comme étant le dies natalis, c'est-à-dire le vrai jour de sa mort ^, mais leur témoi-
1. MoRCELLi, Kalend. Eccl. Consi. i, 168. Il ne cite, il est vrai, que les calendriers de Reichenau et de Rheinau ; mais cela devrait suffire.
2. C'est du moins ce que dit le martyrologe biéronymien au 27 décembre : Adsumptio S. Joannis Euangelisîae apiid Ephesum el ordinatio s. Jacobi fratrls Domini, qui ab apostolis primiis ex Judaeis Hierosolymis episcopus est ordinakis.
3. Theodostus (circa 530), De situ Terrae S. éd. Vindob. 1898, 142; cf. 174. Venantius Fort. Carniina. vni, 6.
4. Ainsi, par exemple, lecbronograpbe de 354. Le martyrologe biéronymien, dans la recension de Wissembourg qui est la
s. PHILIPPE ET S. JACQUES LE MINEUR 385
gnage n'est vraiment pas suffisant. Bien en désaccord avec les dates orientales, le martyrologe hiéronymien place sa mort an 2b mars {Hierosoly ma passio Jacobi Jiisli, ou bien, selon la rédaction du manuscrit de Berne: fralris Domini). Cette date est pleinement d*accord avec rindicalion d'Eusèbe (Hist. eccl. ii, 23, 11) d'après laquelle la mort de S. Jacques arriva au temps pascal.
Les sources de Conslanlinople, tout comme les romaines, difTèrent au sujet de S.Jacques le Mineur. Le calendrier le plus ancien n'en parle pas encore, tandis que celui dit de S. Basile le nomme au 23 octobre et au 30 avril, chaque fois avec le qualificatif aOÀT.jt; lequel n'est donné ailleurs qu'aux martyrs. On constate dans cet ouvrage d'autres caprices et singularités de ce genre.
Quant aux documents liturgiques romains et à ceux
qui en dépendent, tous, le sacramenlaire gélasien en
tête, sont d'accord pour placer ensemble au P^ mai,
noire S. Jacques et S. Philippe. Ce fait s'explique par
l'érection, à Rome, au vi® siècle, d'une église en Thon-
neur de ces deux apôtres, laquelle porte actuellement
le titre général de « basilique des Apôtres ». Le Pape
Pelage l (556 561) commença l'édifice et son successeur
Jean III l'acheva^. La consécration en eut lieu le l^''
mai. De cette manière le l^'" mai est devenu, dans le
rite romain, le jour commémoratif des deux apôtres.
Des documents postérieurs firent du P^ mai, par suite
d'un malentendu, le dies natalis.
plus ancienne, renferme la notice suivante : In Africa, nalalis S. Philippi apostoli, Jacohi, Quintiani elc; tandis que la rédaction d'Echternach et celle de Metz emploient la formule suivante : Nalalis SS. Aposlolorum Philippi el Jacobi, l'addition erronée In Africa a été mise à un autre endroit. 1. Liber Pontif. éd. de Mgr Dlciiesne, I, 303, 306, n. 2,
Le jour commémora tif de S. Philippe, d'après le ménologe de S. Basile et le calendrier de Naples, est le 14 novembre. A Constantinople, il y avait, dès 511, un couvent sous le vocable de S. Philippe.