SAINT JEAN l'ÉVANGÉLISTE
Gomme nous Tavons fait observer plus haut, saint Jean, apôtre et évangéhste,^ avait primitivementun jour commémoratif commun avec saint Jacques le Mineur, différent du jour de sa mort. C'était le 27 décembre. Or en Occident, S. Jean élimina avec le temps S. Jacques et finit par occuper seul le jour susdit. Pendant que le calendrier hiéronymien et le Missel gothico-gaUican, que Mabillon place au viii^ siècle^ nomment encore les deux Saints le môme jour [natalis Jacohi et Johannis)^ le sacramentaire gélasien, les martyrologes postérieurs tant romains que francs ainsi que Bède marquent saint Jean seul, comme de nos jours.
S. Jean mourut à Éphèse et y fut enseveli. A l'occacasion d'une ouverture de son tombeau qui eut lieu probablement sous Constantin, lequel fit construire une église en son honneur dans cette partie de la ville appelée Hebdomon, on ne trouva plus de restes de son corps, mais seulement de la poussière qu'on appelait manne. Il est vraisemblable qu'on voulait enrichir cette église des reliques de son saiut Titulaire. On ne sera pas surpris que chez les Grecs l'idée soit entrée dans les esprits que saint Jean, ainsi que la Bienheureuse Marie, fut élevé corporellement dans le ciel. La susdite ouverture du tombeau a dû avoir lieu le 8 mai ; car le ménologe de Constantinople rappelle en ce jour la Manne dont
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il a clé parlci. Il semble qu'on ait regardé le 26 septembre comme le jour de sa mort. Le document qu'on vient de citer marque en effet « la mutation ou le décès »
de l'apôtre (ixe-A^xolu:; toj àyioo Io<vvo'j toù ^zoXoyo'j) 2 j
d'accord avec lui, le calendrier de Naples consigne à la même date assamptio Joannis Evangelisiae. De même, des sources jacobites d'Antioche indiquent le 26 septembre comme le jour de sa mort {decessus Joannis evang.^ ex mundo) 3.
En face de cette divergence d'informations, il est malaisé d'arriver à une solution certaine. Mieux vaut admettre avec Morcelli que le 26 septembre est bien le jour où saint Jean mourut à Éphèse, et que le 27 décembre on érigea, en son honneur, une église ou chapelle, ou du moins on lui dédia un auteH.
Le 6 mai apparaît déjà dans le missel gothico-gallican comme le jour de S. Jean FÉvangéliste, sans être qualifié autrement que de : Missa S. Joannis aposloli et Evangelisiae. La fête célébrée en ce jour par TÉglise romaine sous le titre de Joannis ante Porfam Latinam a été introduite à la suite de cette information donnée parTertullien que, jeté dans une chaudière d'huile bouil-
1. V. dans Morcelli, n, 97 les autres détails. L'expression de manne fait croire qiril s'agissait d'une i)Oudre blanclie, probablement du salpêtre qui s'attache au mur.