‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 233 sur 299 · LA TOUSSAINT · texte numérisé non relu

LA TOUSSAINT

Orientaux el leurs calendriers menlionnenl un dimanche de tous les Sainls, tandis que les Unis ont adopté pour celle fêle la date de l'Kglise romaine.

Dans l'Occident, le développement de la fètc a eu les phases suivantes. L'empereur Phocas (fie 4 octobre 610), souverain de Rome et de l'Italie cenlrale, répondant aux vœux du PapeBoniface IV, lui abandonna le Panthéon, érigé l'an *27 avant Jésus-Christ en l'honneur d'Auguste par Agrippa. Cet édifice a-t-il eu comme destination primitive de servir de temple ou de bain public (laconiciiin, swlfilio)^ ? Les savants ne sont pas d'accord sur ce point. Mais il n'est pas douteux qu'à l'intérieur les niches aient été occupées par des statues de divinités, d'où l'édifice a re(;u le nom de Panthéon. Dans tous les cas, il n'avait plus sa destination primitive au vii*^ siècle et sa conservation constituait une charge pour le fisc. Le Pape fit nettoyer le monument et le changea en église qu'il dédia à la sainte Vierge et à tous les martyrs. Le jour anniversaire de cette dédicace était le 13 mai (609 ou 610) ; de cette manière ce jour devint pour la ville de Rome un jour commémoralif de tous les sainls martyrs.

La seconde phase de cette fête appartient au siècle suivant. Grégoire III (781-741) dédia dans la basilique Saint-Pierre un oratoire « au Sauveur, à sa sainte Mère, à tous les Apôtres, Martyrs, Confesseurs et à tous les parfaits justes qui se sont endormis*dans le monde entier ». En leur honneur, des moines devaient cihanter dans cet

1. LU), ponlif, éd. de Mirr Diciiesnf., I, 317 ; Fccit ecrlesiam B. Mariae seniper Vinjinis el omnium Marlijrum. Cf. Bf.oa, Ilist. Anyl, II, 4; Pailus Diac. Ilisl. Lofu/., IV, 37 ; Ronu.vcnER-Uu.MP, Kirchengesch., \, 107.

FÊTES CHFŒTIE.NNES. — 27.

oratoire des vigiles et célébrer des messes ^ Par là, la pensée fondamentale de la fêle de la Toussaint était clairement exprimée. D'ailleurs il existait déjà à Rome une basilique en l'honneur de tous les apôtres et le jour de sa dédicace (l'^'" mai) pouvait passer comme jour commémoralif de tous les apôtres. L'église Sancla Maria ad Martyres ou Panlhéon subit une restauration complète sous Grégoire 111 ^.

Le pas décisif pour rintroduction de la fête se fit sous Grégoire IV (827-844). Un auteur du moyen âge, mais certainement bien informé sur cette matière, rapporte qu'à l'occasion de cette fête de tous les martyrs (13 mai), beaucoup de pèlerins accouraient à Rome. Or comme au printemps les vivres sont peu abondants et ne suffisaient pas à la subsistance des Romains et des étrangers, Grégoire IV aurait transféré la fête du 13 mai au l'^' novembre '^. Des écrivains francs contemporains disent de plus que le même Pape aurait porté Louis le Pieux à introduire la fête dans tout l'empire franc et que Louis, docile à ce conseil, et d'accord avec les évêques francs et allemands, en aurait rendu obligatoire la célébration dans son empire^. C'est la raison pour laquelle plusieurs

L Lib. pont. 194, 204 ulla Gregoril III, Migne, cxxviti.

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