LA LITTÉBATURE DES SOURCES EN GÉNÉRAL
Les sources d'où est dérivée riiisloire de l'année ecclésiastique et des fêtes des Saints sont surtout les documents olTiciels, c'est-à-dire les livres liturgiques, les décisions des conciles, les constitutions et les bulles des Papes. A côté de ces sources ol'ticielles, il est nécessaire d'utiliser les renseignements (jui se trouvent chez les écrivains ecclésiastiques tics di(Vérentes époques et des dillerents pays et de les comparer aux documents officiels.
Parmi les livres liturgiques de l'h^glise, les Missels et les Bréviaires occupent le premier rang. Ils étaient autrement disposés dans l'antiquité qu'ils ne le sont de nos jours et ils portaient d'autres noms. Les prières et les chants en particulier (jui se rencontrent dans la messe n'étaient pas, comme aujourd'hui, léiinis ensemble, mais étaient pris dans plusieurs livres diirérenls : les prières
les plus importantes étaient prises dans le sacramenlaire qui renfermait les oraisons et les préfaces et parfois aussi le Canon. Les leçons bibliques, les épîlres et les évangiles étaient réunies clans les lectionnaires. Ces sortes de livres portaient aussi le nom de Cornes. Les chants se trouvaient à leur lourdans des livres spéciaux; on les appelait Antiphonaires, Graduels ^ Il y mnaires ^ etc. Ce ne fut qu'au moyen âge que, pour raison de commodité, on réunit dans un seul livre toutes les parties de la messe, qu'on appela mlssale plenoviiim ou missel plénier. Concurremment avec lui, les livres spéciaux reslèrenl encore en usage pour certaines circonstances.
Dans nos recherches, nous avons rencontré fréquemment les livres appelés « Sacramentaires », dont les trois recensions les plus anciennes et les plus imporUintes eurent leur origine dans TÉglise Romaine et y furent successivement en usage. Ce sont :
1. Le sacramenlaire léonin. C'est une collection de textes 1res anciens el en usage à des époques reculées. Leurs auteurs sont inconnus et il se peut que quelques-uns d'entre eux soient de saint Léon. Le nom de la colleclion qui peut faire croire que sainl Léon en est l'auleur, doil être mis au compte du premier éditeur. L'unique manuscrit qui en reste se Irouve à \'érone ; il est malheureusement incomplet. 11 y mancpie le commencement jusqu'au mois d'avril, notamment le temps de Carême et de Pâques. Comme il y a, dans la colleclion, une prière pour le Pape Simplice (-j- 483), il l'aut regarder la ville de Rome comme en étant le lieu de composition el d'usage ; la compilation a du être arrêtée sous le pontificat de Félix II (483-492).