Le sacramenlaire de Gélase. Il est ainsi nommé à
cause de Gélase I (492-496). Ce Pape a composé, il est vrai, des livres liturgiques ; mais le voliimen sacramenlorum que Geunade lui attribue n'est pas Touvrage dont il est ici ({uestiou, puisque celui-ci renferme les quatre fêtes de la Sainte Vierge qui ne furent introduites à Rome qu'après saint Grégoire le Grand. Par contre, il ne renferme pas encore les stations du jeudi de Carême qui ont été introduites par (irégoirc II (^715-731). Il leprésenle par conséquent les usages liturgiques du vu*" siècle ou du temps qui a suivi saint Grégoire le Grand, et c'est à tort qu'il porte le nom de gélasien. Il se compose de trois livres : I" De iempore, commençant à Noël ; 2^ De Sanclis, commençant au !•" janvier ; 3" des messes pour les simples dimanches, pour des circonstances particulières et surtout pour les morts. Le nombre des Préfaces qu'on y rencontre dépasse la centaine. Le missel de Stowe donne séparément le Canon Gelasii Papae. Le livre a été composé à Rome et pour Rome ; mais nous n'en possédons que des manuscrits destinés aux églises franques ; on dit que le plus ancien de ces manuscrits vient de l'abbaye de Saint-Denis près Paris {Cad. TV//. Be<j. Sueciae 316). Les autres manuscrits qui existent encore de ce livre primitivement destiné à Rome, ne donnent qu'un remaniement fait pour le royaume franc, ainsi qu'il reSvSort de l'oraison Respice propilius ad Romaniun siue Francorum imperiiim.
3. Le sacramenlaire grégorien représente le rite romain de la messe au temps du Pape Adrien I (772-795) et de Charlemagne. C'est une compilation du vui^ siècle d'origine romaine. Destiné d'abord aux Papes, il devint ensuite d'un usage commun. Le canon y précède tout le reste. Il commence au jour de Noël, mais rAvent se
trouve à la fin du Propre du Temps. L'Agnus Dei qui f[it introduit dans le texte de la messe par le Pape Lucius I, se trouve déjà à sa place, tandis qu'il manque encore dans le sacramentaire de Gélase^. La première mention qui soit laite de cet ouvrage se trouve dans la correspondance des Papes du vni" siècle appelée Codex Caroliiuis, et plus exactement dans une lettre d'Adrien l à Charlemagne. Celui-ci en reçut une copie d'Adrien entre les années 784 et 791 2. Depuis, l'ouvrage lut, introduit dans l'empire franc ; on en fit des copies qui furent répandues et peu à peu enrichies d'additions. Dans sa lettre, Adrien attribue une part personnelle dans la confection de l'ouvrage à son prédécesseur Gi'égoire, en s'appuyant, il est vrai, sur la tradition de l'Église Romaine 3.
4. Ce dernier sacramentaire élimina peu à peu la liturgie et les livres liturgiques jusqu'alors en usage dans l'ancienne Gaule. En fait d'anciens livres liturgiquesde la Gaule, nous possédons le sacramenlaire gallican avec le lectionuaire correspondant, le missel Romanogolhicum-gallicaniun et le missale Francorum ^. Le