LE LIVRE DES PÉBICOPES ET LE MARTYROLOGE DE SILOS
Du moment que c'est une particularité du rite romain de consacrer des messes spéciales aux Saints, ses livres cultuels sont en même temps des sources de renseignements pour leurs fêtes. Parmi ces livres il convient de citer en premiei* lieu les sacramentaires, puis les autres livres ]ilui'gif[ues employés à la célébration delà messe, notamment les épistoliers et les évangéliaires.
Sous ce rapport le lectionnaire de Silos a attiré l'attention dans ce dernier temps, au même degré que les aulicîs livres de ce genre connus auparavant K II est de
1. IMilt'; par Dom Germain Mohin dans Aiiccdola Marcdsolana vol. I (18'.)3) rl'ni)i'<'s lo manuscrit N. '-?17l (iiouv. acquis.) de la l)ildiolh«>que nationale de Paris.
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la plus haute importance pour Tliistoire du développement aussi bien de l'année ecclésiastique que des fêles des Saints. Étant antérieur aux modifications apportées à la liturgie dans les temps carlovingiens, il représente une forme de culte très ancienne complètement ignorée jusqu'à nos jours. Car ce n'est pas celle de l'Espagne méridionale, de la province dite bétique d'où provient le rite mozarabique, mais celle de l'antique province ecclésiastique de Tolède.
Le manuscrit d'où le lectionnaire est tiré a été écrit avant l'an 1062, puisqu'une seconde main y a inséré un fait arrivé en 1063, c'est-à-dire la translation, de Séville à Léon, des reliques de saint Isidore. Ce codex qui primitivement appartenait au monastère Saint-Sébastien de Silos, est aujourd'hui à la bibliothèque nationale de Paris. Il renferme deux écrits différents, un lectionnaire qui offre des leçons tirées delà Bible pour toute l'année ecclésiastique et un martyrologe. Celui-ci a été compilé entre 925 et 1.000 ; mais le lectionnaire est beaucoup plus ancien.
Les arguments en faveur de son antiquité sont les suivants : IMe petit nombre de fêtes de Saints qui s'y trouvent ; 2" la circonstance que le catéchuménat est regardé comme existant encore ; S'' les samedis du Ca rême ne sont pas jours de jeune, ce qui cadre avec la pratique orientale ; 4° les dimanches après TÉpiphanie, et ceux après la Pentecôte ne font pas encore partie de l'année ecclésiastique ; ils ne portent pas même de numéro d'ordre, mais sont simplement désignés, comme dans le sacramentaire gélasien, sous le nom de dominicse quotidianœ et forment vingt-quatre messes propres^ ajoutées à titre de supplément. Quant aux fêtes