Ibid. 120 suiv
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siècle. Il lient le milieu entre les calendriers slriclement locaux et ceux de l'Église universelle et porte comme titre : « Calendrier des évangiles pour des jours de fête » (jj-r/zo/vOYiov twv EÙaYYî^twv £op-:aj-'.x(ov). Il mar(|ue en etlet, chaque jour, le paragraphe de l'évangile qui doit être lu. II renferme déjà un bon nombre de Saints de rOrient, mais il s'en faut de beaucoup que tous les jours soient garnis. On est surpris de ne trouver qu'un petit nombre de fêtes dans les mois de mars et d'avril. Le fait trouve peut-être son explication daus un décret du Concile sab Triillo qui défendait de célébrer des fêtes de martyrs pendant le Carême, bien que les décisions de ce Concilene fussent plus exactementobservées.
Des faits relevés dans le ménologe indiquent la ville de Constantinople comme le lieu d'où il fut originaire et où il fut en usage. C'est d'abord la mention de certaines localités bien déterminées de cette ville, telles que Blachernae et Chalkoprateia ; puis celle du jour de sa fondation (11 mai) et du terrible tremblement de terre qui eut lieu le 24 septembre 557 et renversa le mur d'enceinte de Constantinople. De plus, le grand nombre de Patriarches de cette ville qui y sont inscrits frappe les yeux. Ils sont vingt-neuf en tout, depuis Melrophane, marqué au 4 juin (305-325), jusqu'à Paul le jeune, qui régna depuis septembre G86 jusqu'au 2 septembre 693. Et comme aucun des vingt et un Patriarches qu'on dit avoir régné auparavant, depuis l'apôtre S. André jusqu'à Métrophane, ne s'y trouve mentionné, on peut croire qu'au temps de la composition du ménologe cette légende n'avait pas encore pris pied.
Nous venons de nommer Paul le jeune comme étant
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marqué au 2 septembre. Qu'il s'agisse ici du Patriarche Paul II sous lequel fut tenu en 692 le synode appelé siib Triillo, c'est un fait admis également par Morcelli. Cet auteur voudrait néanmoins faire croire que le Patriarche n'a pas pris part à ce synode quelque peu schismatique ; à cet elïet il en recule la date, ce qui est contraire à la chronologie admise.
Aucun Patriarche, pas même S. Germain, ni aucun martyr ou confesseur de l'époque des iconoclastes sous Léon risaurien et Constantin Copronyme, ne figure dans le ménologe, d'oii l'on peut conclure qu'il a été composé immédiatement après la première lutte contre les images, à une époque où le jugement sur la sainteté de ces personnages n'était pas encore définitivement arrêté, et où l'on évitait de raviver les souvenirs désagréables que rappelaient leurs noms.
Ont trouvé place dans le ménologe, d'abord toute une série de martyrs, de confesseurs et de docteurs de l'église d'Anatolie ; c'étaient sans doute les plus célèbres ; puis des personnages appartenant aux autres patriarcats de l'Orient ; enfin, des étrangers tel qu'Anastase le Persan, mort le 22 janvier 628. Mais aucun Pape, ni aucun Saint de l'Occident n'y a trouvé place, à l'exception des trois martyrs Laurent, Gervais et Protais.
On y rencontre plusieurs noms de l'Ancien Testament : Moïse, Aaron, Elie, Jérémie, etc. ; de même un nombre assez grand d'apôtres et de disciples d'apôtres, mais le plus souvent ils figurent en d'autres jours que dans le calendrier romain. Ainsi S. Jean l'évangéliste est marqué au 8 mai et au 26 septembre. Il y en a pourtant un bon nombre qui sont marqués au même
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jour que chez nous: S. Barnabe au 11 juin, les SS. Pierre et Paul au 29 juiu, S. Tite au 25 août, S. Thomas au 6 octobre, S. Philippe au 14 novembre, S. André au 30 novembre. Puis viennent encore S. Joachim et S'** Anne au 9 septembre, l'archange S. Michel au 8 novembre, sainte Thècle avec le titre honorifique de première martyre au 24 septembre, les SS. Innocents au 31 décembre. Constantin et sa mère Hélène apparaissent ici pour la première lois comme Saints dans le calendrier ; les deux sont réunis ensemble au 21 mai, un jour avant la date de la mort de Constantin. II n'est pas jusqu'à Justinien et son épouse Théodora (|iii n'aient reçu un jour commémoratif, mais sans le tili'e cie « saints ». Ils figurent au 14 novembre, jour de la mort de Justinien. Tliéodora était morte avant lui, le 28juin 548. D'ailleurs Justinien est appelé par le pape Pelage II et S. Grégoire le Grand « un prince de pieuse mémoire » ^.
Ainsi, selon toute apparence, le martyrologe dont nous parlons était destiné, sinon exclusivement, du moins principalement à la ville et au diocèse de Constantinople. On sera encore plus près de la vérité en admettant qu'il était spécialement le ménologe du Patriarcat de Constantinople, caril tient le juste milieu entre le calendrier local et le calendrier universel. 11 est le plus ancien des ménologes grecs que nous connaissions. S. Jean Damascène passe pour être l'auteur de ces sortes de catalogues dans l'église grecque -, comme Adon dans l'église latine. Le martyrologe a été