‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 276 sur 299 · LE MÉNÛLOGE DE BASILE II · texte numérisé non relu

LE MÉNÛLOGE DE BASILE II

vait y avoir des raisons pour agir ainsi. Des rédacteurs postérieurs, en trouvant le même nom en plusieurs endroits du calentlrier^ pouvaient elre induits à croire qu'il s'agissait de personnages dilTérents, ce qui pouvait alors conduire au redoublement des noms des Sainls. Puis on voit (ju'en introduisant des noms nouveaux pour lesquels on n'avait pas la date exacle de la mort, on agissait arbitrairement. C'est ce qui eut lieu sans doute pour les soixante-douze disciples, dont plusieurs apparaissent ici pour la première fois. On a dû procéder de la même façon en certaines circonstances pourles fêtes de Notre Seigneur. C'est ainsi qu'on introduisit la fuite en Egypte et qu'on la plaça au 26 décembre, c'est-à-dire, par ordre de temps, avant la Circoncision et la Présentation de Notre Seigneur au temple. De même aussi l'introduction de Saints étrangers dépendait de circonstances accidentelles et souvent du bon plaisir. Ainsi, par exemple, les Saints occidentaux Ambroise, Martin de Tours et liosius ont été acceptés, tandis qu'llilaire, Augustin, Jérôme et d'autres encore ont été laissés de côté.

Lensemble de l'écrit donne l'impression que, dans la compilation de ce document liturgique, les principes qui règlent la matière n'ont pas été observés assez rigoureusement et qu'on a procédé suivant le bon plaisir et l'arbitraire au-delà de ce qui est permis. En bien des cas, il semble encore que les connaissances historiques nécessaires et les matériaux liturgiques aient fait défaut.

Un leclioniiaiie des Si/riens orlhodoxes^ renfermé dans un manuscrit du Vatican, semble présenter cpielque utilité, notamment en ce qui concerne les fêtes des

Saints. Il a été écrit à Antioche, dans le couvent de Ma- Mussa, en 1030; dans la première partie il offre les leçons pour Tannée ecclésiastique, dans la seconde celles pour les fêtes des Saints. Il commence au l'^'' septembre comme premier jour de l'an. Les marlyrs de l'époque de la lutte pour les saintes images y sont mentionnés ; quelques Patriarches orthodoxes de Constantinople, dont le dernier est Nicéphore (-]- 2 juin 828) y sont également admis; puis il y a un grand nombre de noms de l'Ancien Testament comme aussi de fêtes d'apôtres parmi lesquels saint Pierre-aux-liensle 16 janvier, quatre fêtes de saint Jean-Baptiste et six fêtes de la sainte Vierge. En dehors de saint Laurent on n'a inséré aucun Saint romain ou occidental. Le manuscrit a été publié sous le nom de Evangeliariiim Hierosolymiianiim par le comte François Miniscalchi-Errizzo (Verona 1862, 2 vol. in-4°).

Si l'on veut tirer profit de ces sortes de documents dans les recherches historiques, comme, par exemple, pour déterminer la date exacte de la mort d'un personnage historique, il faut toujours s'en tenir à la source locale. Ainsi, quand il s'agit d'un personnage de l'Église occidentale, on n'attachera aucune importance à la date à laquelle il est fixé dans l'Église orientale et vice-versa, comme par exemple pour saint Ignace d'x\ntioche. Mais si le jour est fixé dans un document local par ailleurs digne de foi, on peut être certain qu'on est en présence du vrai jour de la mort. Il faut procéder de cette manière en ce qui regarde les saints apôtres Pierre et Paul; les sources indigènes marquent constamment leur martyre au 29 juin, tandis que des documents exotiques, tels que le calendrier arien, et déjà Polemius Silvius, dou-

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