‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 278 sur 299 · LE CALENDRIER MARMORÉEN DE NAPLES · texte numérisé non relu

LE CALENDRIER MARMORÉEN DE NAPLES

Au ix^ siècle, à l'époque où Tactivité la plus grande régnait dans le domaine de l'hagiographie, l'église de Naples eut, elle aussi, un calendrier qui présente des particularités remarquables.

Il faut faire observer avant tout, que presque tous les jours de l'année sont garnis de Saints, ce qui indique un studieux efl'ort. On est arrivée ce but en faisant entrer, comme le faisaient les Orientaux, des personnages de l'Ancien Testament, bien qu'en nombre plus restreint et pour des motifs qu'on ne parvient pas à connaître. Ainsi Abraham est fixé au 9 octobre, Isaac au 17 mars, Elisée au 28 novembre, Daniel au 17 décembre, Zacharie au 13 mai, tandis que d'autres personnages importants tels qu'Isaie, font défaut. D'autres particularités rappellent également le procédé oriental, comme par exemple l'indication du synode d'É{)hèse au 4 août et l'indication d'un petit nombre d'évequcs de Gonstantino[)le, par exemple de Metrophane ainsi que de l'empereur Constantin (mais sans Hélène), au 21 mai et de Théodose au 10 novembre. Au sujet de Melrophanc, l'auleur a fait une bévue signalée, en le placjant une

fois, sans son litre, à son vrai jour qui est le 4 juin, et une seconde fois au 4 janvier avec la mention Pair. Consi. Il pouvait arriver facilement au compilateur de prendre la date du 4 juin pour celle du 4 janvier, et l'erreur a pu se trouver déjà dans la source dont il s'est inspiré. De peur de passer un nom, on aima mieux mettre deux fois le même, la première fois avec, la seconde fois sans son vrai titre.

Ceci nous rappelle que saint Marc figure également deux fois, au 25 avril et au 17 mars ; S. Philippe se trouve réuni avec S. Jacques au l'^' mai, ce qui indique l'influence romaine ; puis il est marqué de nouveau seul au 14 novembre ; Silveslre figure au 31 décembre ; puis au 2 janvier il y a : depositio Silvestri pp.

Les apôtres S. Jacques et S. Malthieu sont marqués à des jours inusités, le premier au 15, le second au 16 septembre ; d'autres apôtres, par exemple S. Jude (21 mai) sont marqués exactement.

Le jour de saint Barthélémy (25 août) est marqué par erreur comme étant le jour de son martyre (Nat. Pass.)^ tandis qu'il est le jour de la translation de son corps. Du reste, il y a des noms d'apôtres et de disciples d'apôtres en nombre suffisant.

Quant au culte de la sainte Croix, on y rencontre déjà les deux jours (3 mai et 14 septembre) avec les dénominations encore aujourd'hui en usage, tandis qu'ailleurs on trouve dans des temps plus anciens chez les Occidentaux seulement la fête du 3 mai, et chez les Orientaux seulement celle du 14 septembre ; nous avons donné ailleurs la raison de ce phénomène.

Il y a naturellement un nombre considérable d'évêques de Naples : Marc, fixé au 15 juin, appartient au ui^

Li:s SOUHCK-S OCClUliiNTALl'^S 505

siècle, d'autres sont du vi^ au viii®, par exemple Rcdux, au 27 mars (f 584) ; Ai>nellus au 9 janvier (f 691), Adeodatus au 1'' octobre (f 671), Forlunalau 14 juin (f circa <)(X)j, l^aul sen. au 3 mars (-j- 760) et, pour clore la série probablement, Paul Junior au 17 février (t8'20) ^ ; car ce ne peut être i^aul II de Conslantinople, dont le jour anniversaire est le 30 août. Ajoutons que la l'èle de la Toussaint n'y est pas encore inscrite, circonstance ([ui indique le temps probable de la composition du calendrier. Celui-ci est particulièrement important parce qu'il occupe le milieu entre les calendriers orientaux et occidentaux et c^u'il (m forme en (luebjue sorte le trait d'union indépendant.

11 fut découvert en 1742 à Sainl-Jean Majeur et publié fautivement, comme dit Mai, par Marinius, et plus correctement par Mazzochius (Naples, 1744). L'édition la plus récente a pour auteur le Cardinal Angelo Mai lui même 2.

§ 47. — LES SOURCES OCCIDENTALES DU r« AU VII I^ SIÈCLE.

En Occident, le culte des Saints exerça sur la Liturgie une influence beaucoup plus considérable que dans rOrient. Le Rite Romain, en etï'et, et les Rites qui lui sont apparentés introduisirent des messes spéciales en riionneur des Saints, tandis (]u'en Orient, la part que prit dans la Liturgie le culte des Saints demeura limitée aux heures canoniales et à la psalmodie. Dans les i)remiers temps on ne faisait usage dans la psalmodie (lue

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