‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 30 sur 299 · Lanfranc, i, 9. Migne, cl · texte numérisé non relu

Lanfranc, i, 9. Migne, cl

2. Can. 1, dist. 3. de consecr. Ce canon est tiré d'un synode de Lyon.

1232^, bien qu'elle ne fût pas définitive pour le développement des fêtes, fut néanmoins d'une haute importance dans le moyen âge. En vertu de cette Décrétale, les débats judiciaires ne pouvaient avoir lieu aux jours de: « Xalalis Domini, s. Slephani^ Joannis Evangelistae^ ss. Innocenlium^ s. Sijlvesiri^ Circiimcisionis^ Epiphaniae, septem diebiis Do/ninicae Passionis^ Resiirrectionis cum sfplem sequenlibiis, Ascensionis^ Pentecosles ciim diiobus qui seqimniiir^ Nativitaiis Baplistae, festivilatiim omnium Virginis gloriosae^ duodecim Aposiolorum et praecipue Pelri et Pauli, beali Laurentii, Dedicationis beati Michaelis, Sollemnilatis omnium Sanclorum ac diebus Dominicis caeierisque solemnitalibus quas singuli episcopi in suis dioecesibus cum clero et populo duxerint sollemniier ceiebrandas. Ainsi, si nous fixons au nombre de cinq les fêtes de la sainte Vierge et au nombre de onze celles des Apôtres, nous avons dans l'année 94 jours où chôment les séances de justice, non compris les fêtes spéciales à chaque pays et à chaque diocèse. Il n'est pas dit dans la Décrétale que nous venons de citer, comment il fallait se comporter relativement aux œuvres servîtes ; et nous pouvons admettre que, dans la quinzaine de Pâques où les tribunaux vaquaient, il y avait dix jours où il était permis de travailler, si bien que le nombre total des jours chômés s'élevait à 85 par an, non compris les fêtes diocésaines.

D'après le synode provincial de 1308, les fêtes chômées de Tarchidiocèse de Cologne étaient, par ordre de date,

1. Can. 5, X, de feriis, n, 9. Les fêtes de la sainte Vierge sont sans doute les mêmes que celles mentionnées dans le décret de Gratien.

34 LES FÊTES DE l'ÉGLISE EN GÉNÉRAL

les suivantes: Au mois de janvier :]r Circoncision, l'Epiphanie, sainte Agnès et la conversion de saint Paul ; au mois de février : la Chandeleur, la Chaire de saint Pierre et saint Mathias ; au mois de n^ars : l'Annonciation ; au mois d'avril : Pâques et saint Georges ; au mois de mai : saint Philippe et saint Jacques, l'invention de la sainte Croix ; au mois de Juin : la Nativité de saint Jean -Baptiste, saint Pierre et saint Paul ; au mois de juillet : sainte Marie-Madeleine, saint Jacques et saint Pantaléon : au mois d'aoùl : saint Pierre- aux-liens, saint Laurent, l'Assomption, saint Barthélemi et la décollation de saint Jean-Baptiste ; au mois de septembre : la Nativité de la sainte Vierge, l'Exaltation de la sainte Croix, saint Matthieu et saint Michel ; au mois d'octobre : saint Géréon, les 11000 Vierges, saint Séverin, les saints Simon et Jude ; au mois de novembre : la Toussaint, saint Martin, saint Cunibert, sainte Cécile, sainte Catherine et saint André ; au mois de décembre : saint Nicolas, saint Thomas, Noël, saint Etienne, saint Jean l'Evangéliste, les saints Innocents. En tout par conséquent 42 jours*. Pâques et la Pentecôte étaient célébrées pendant trois jours ; l'Ascension est passée sous silence. En outre, on célébrait dans la ville de Cologne : le 23 juillet, l'anniversaire de la Translation des saints trois Rois, la Dédicace de la cathédrale, les saints Côme et Damien. Il faut y ajouter pour les différentes paroisses la Dédicace de l'Église et la fête patronale. Enfin^ au chapitre 6, on ordonne à part la célébration de la Fête-Dieu.

1. Hartzheim, IV, 106 pour l'année 1307. La date exacte, d'après BiNTERiM, est bien celle de 1308. Conc. vi, 118. Note 1. — Joerres prétendit que le canon 6' était interpolé. Roem. Quart.- Schrift

Le synode de 1549, tenu sous Adolphe III, donne cet ordre des fêtes :

Tous les dimanches, les fêtes de Pâques, de la Pentecôte et de Noël, comprenant chacune deux jours (le troisième n'était célébré que dans Féglise, in clioro), la Circoncision, rÉpiphanie, l'Ascension, la sainte Trini.té, la Fête-Dieu, voilà pour les fêtes de Notre Seigneur. Les fêtes de la sainte Vierge étaient : la Purification, l'Annonciation, la Visitation, ^Assomption, la Nativité, la Présentation au temple et la Conception. Les fêtes des Saints étaient: toutes les fêtes d'apôtre, saint Jean-Baptiste, sainte Marie- Madeleine, saint Laurent, saint Michel, la Toussaint, saint Martin et la Dédicace. Puis on nomme encore six fêtes de saints dont la célébration était facultative pour les pays où elles étaient en usage. Les fêtes patronales devaient être supprimées, d'où il résulta une diminution de quinze fêtes dans le nombre total.

Ainsi le développement des fêtes avait presque atteint son point culminant, car les époques suivantes ne virent s'ajouter que peu de solennités nouvelles, telles que la Fête-Dieu et, en certaines contrées, la Concei)tion de Marie ou quelque autre fête ; cependant le nombre des fêtes locales, en dehors des précédentes, pouvait, en certaines circonstances, être encore considérable. Aussi il y eut du xiii* au xvin« siècle des diocèses, dans lesquels le nombre de jours où il n'était pas permis de travailler, atteignait ou dépassait même le nombre de cent, de sorte qu'en moyenne, un jour par semaine, sans compter le dimanche, était soustrait au commerce ordinaire 2. Dans certains diocèses, le nombre des fêtes

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