Festum cracis (14 septembre
Pour les chrétiens d'Egypte, le vendredi saint n'était donc pas un jour de fête ni de première ni de seconde classe, chose d'autant plus frappante que le jour qui le précède et celui qui le suit, c'est-à-dire le jeudi et le samedi saint, étaient regardés comme des fêtes de seconde classe.
On peut voir dans l'ouvrage De offîciis palatii^ écrit par Georges Codinus, officier du palais, quelles fêtes étaient célébrées dans les derniers temps de l'empire byzantin sous les Paléologues. On y indique exactement dans quel costume, avec quelles insignes etc. l'empereur et ses officiers de Cour prenaient part à l'office divin dans les différentes églises de la capitale. Outre les fêtes principales, Noël, l'Epiphanie, Hypapante (la Purification), Pâques et la Pentecôte,les jours de l'année ecclésiastique spécialement distingués par la participation aux offices de la Cour, sont les suivants : le premier dimanche de Carême, appelé chez les Grecs dimanche de l'orthodoxie ; le dimanche des Rameaux, le Samedi Sainl, et la semaine de Pâques, le l^i- septembre comme premier jour de l'an, plus un grand nombre de fêtes de Saints, savoir ; le l^r janvier, saint Basile ; le
23 avril, saint Georges ; le 21 mai, S. Constantin ; le
24 juin, la Nativité de saint Jean-Baptiste ; le 30 juin, la fête des Apôtres ; le 8 août, la Transfiguration de
Jésus-Christ ; le 15 aoùl, l'Assomption (Kot;jir^j'.; -?]:; \jT.iooL-('.i- Osoj-ôxo'j) ; le 29 août, la décollation de saint Jean Baptiste ; le 31 août on le 2 juillet, la Translation de la robe de la Sainte Vierge dans l'église de Blacherna ; le 8 septembre, Nativité de la sainte Vierge ; le 14 septembre, Exaltation de la Sainte Croix (•Ji/wjt? To-i a-.i'j'jryj ; le 26 octobre, fête du martyr Démétrius Myroblyta ; le 13 novembre, saint Glirysostome ; le 21 novembre, Présentation delà sainte Vierge au Temple ; enfin le jour de la résurrection de Lazare, lequel était célébré le samedi avant le dimanche des Rameaux. Le Vendredi Saint, la Cour ne prenait pas part à l'office divin, mais bien le Samedi Saint. L'Ascension de Notre Seigneur n'est pas mentionnée.
La forte augmentation du nombre des fêtes au moyen âge était grandement favorisée par ce fait, qu'en vertu de la législation alors en vigueur i, les évêques exerçaient le droit d'instituer des fêtes nouvelles dans leur circonscription diocésaine. L'origine de ce droit est liée à la charge exercée par les évêques dans l'antiquité de veiller sur le culte des martyrs et de décréter si un martyr devait être reconnu et honoré comme tel. Plus tard, quand les ordres religieux se furent multipliés et eurent acquis plus d'influence, les choses se passaient le plus souvent de la manière suivante. Un monastère commençait à rendre un culte à un Mystère ou à un Saint. Ce culte obtint la faveur du peuple et prit racine. D'autres monastères ou l'Ordre entier adoptèrent la fête à leur tour - elles évêques donnèrent leur approba-
1. Dist. 3 de Consecr. can. 1, Conqueslas, de feriis. Cfr. le concile de MAcon, can. 10.