TROISIÈMEMENT
Le troisième et le. plus parfait motif de se donner tout à Dieu, est celui qui vient de la considération de la bonté de Dieu, et de ses immenses et gratuits bien- ” faits. De là une profonde reconnaissance, un tendre désir de servir Dieu éternellement.— ‘‘ Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?”’— Domine, quid me vis facere ? dit une âme dans cette disposition. Que voulez-vous que je fasse ? Souffrir ? tout quitter ? Accomplissez en moi, Seigneur, votre volonté. L'amour de Dieu meut uniquement cette âme. Son repentir, sa pénitence vient de ce qu’elle a été infidèle envers un Dieu si bon. Cette négligence la fait gémir, et non pas la crainte de l'enfer ou le désir du ciel. Elle ne sait
par quels châtiments réparer son malheur. Elle veut l’expier de tout son pouvoir par les exercices de la pénitence. Un haut degré de gloire l'attend au ciel. Si elle vit longtemps dans cette justice parfaite, elle acquiert une vcrtu qui lui permet de dire avec le Prophète: Paratum cor meum, Domine: ‘‘ Seigneur, mon cœur est prêt à aimer ou à souffrir, — à faire ou
‘à laisser, — à accomplir votre volonté et non la mienne, en voulaut tout ce que vous voulez de moi.”
* Avec plus de temps encore,une telle âme s'élève à un état de charité qui lui fait dire avec saint Paul: Qui me délivrera de ce corps de mort? Je désire la dissolution de mon corps afin d’être avec le Christ. Et cependant, dans l’ardeur de son zèle, l’Apôtre ajoute qu'il est prêt à être exilé du Christ — anathème — pour ses frères. Ce désir d'être utile aux autres est un désir surtout agréable à Dieu. Cette abnégation est si belle que Dieu en est épris, et qu’il descend en cette me et s’unit à elle intimement. Alors, elle s’écrie encore avec saint Paul: Vivo, jam non ego, vivit vero
© :n me Christus. ‘Je vis, non pas moi, mais le Christ
'vit en moi.”