POUR LE PREMIER DIMANCHE DE CARÊME
(SECUNDO
MÉDITATION SUR QUATRE ESPÈCES DE TENTA- TIONS AUXQUELLES LES PERSONNES SPIRITU- ELLES SONT EXPOSÉES.
4er PRÉLUDE.—La vie de la grâce doit être tout naturellement entravée par de subtiles et dangereuses tentations suscitées par le démon et par les penchants de la mauvaise nature.
II° PRÉLUDE.—0O Esprit-Saint, aidez-nous à méditer les sérieux combats qu’il y a à soutenir, dans la vie spirituelle, contre la nature et contre le tentateur, afin que nous soyons éclairés et victorieux dans la lutte.
Au début de la vie de la grâce, les personnes spirituelles peuvent être portées à ramper dans la sainte carrière au lieu de marcher. La tentation les porte à la recherche d’elles-mêmes, à la fuite de l’austérité, — puis à être enclines à l’indulgence envers leur propre faiblesse, et à contenter la nature en tout. Et, en même temps, ces personnes qui ne résistent pas à leur nature, se montrent pleines de fiel contre ceux qui diffèrent de leurs.sentiments et de leurs dispositions. Elles mordent quelquefois, et condamnent sans pitié ceux qui leur déplaisent. Ces personnes, si surtout elles ont autrefois vécu selon leurs inclinations naturelles, doivent s'abstenir, sous peine de tomber bien bas, d'accorder à leur nature toutes les satisfactions qu’elle demande.
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Une seconde espèce de tentation est celle qui consiste dans une sorte de sensualité intérieure et extérieure. Les personnes qui sont en butte à ce genre de tentation, sont celles qui n’ont point le véritable esprit de Dieu ; qui paraissent bounes au dehors, quoique leurs intentions ne soient pas pures. Elles recherchent les
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Iles nique :
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satisfactions sensibles ; elles suivent la nature et cèdent toujours à leurs penchants naturels. Leur manque de pureté d'intention est souvent cause de leurs tentations: Ces personnes sont mobiles dans leur esprit. Elles remarquent attentivement les défauts des autres... Elles manquent de la simplicité véritable — qui ne cherche point l'éclat, et qui n'aime pas ce qui ne porte pas à la dévotion et au recueillement... Manquer de charité commune envers tout le monde, se croire plus sages que les autres; vouloir imposer leurs opinions ; manquer de vraie humilité, de bienveillance, de compassion et de miséricorde, etc., voilà autant de traits qui caractérisent ces personnes faussement dévotes.
Il estune troisième espèce de tentation, qui communique son poison de différentes manières. En effet, elle fait rechercher aux unes, avec un empressement déréglé, leur bien-être corporel, le repos, et les consolations que donnent les créatures. Elles veulent unir l'amour de Dieu à l’amour de ce qui est passager. Nécessairement, un tel amour ne peut être que tiède et faible, préoccupé de choses étrangères, souillé de recherche propre jusque dans le service de Dieu.— Les autres, après avoir reçu beaucoup de grâces, s’en trouvant privées pour un temps, perdent contenance, deviennent inconstantes et mobiles, changent souvent de résolutions, forment de beaux projets, mais ne les
exécutent pas... Leur état vient de ce que leur atten à tion se porte plutôt sur les pratiques extérieures de la vertu que sur Dieu, qui doit être placé, dans la pensée, au-dessus de toutes les vertus et de toutes les pratiques.
Une quatrième tentation, c’est celle de l’orgueil spirituel porté à son comble... Ce vice infecte surtout ces personnes qui, étant infidèles aux grâces ou n'étant pas à leur place, dans l’état religieux, au lieu de chercher leur repos en Dieu, le cherchent dans les choses étrangères. Rien d'étonnant qu'elles ne puissent pas arriver à bonne fin.— Enfin arrivent de graves égarements, auxquels se mêle un orgueil grossier qui rend difficile de sortir de la mauvaise voie.