‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 115 sur 204 · DEUX TRANSFIGURATIONS : THABOR ET EUCHA- RISTIE · texte numérisé non relu

DEUX TRANSFIGURATIONS : THABOR ET EUCHA- RISTIE

1° PRÉLUDE.— Méditons la transfiguration de Jésus dans l’Eucharistie. (est le même Dieu qui est sur le Thabor et dans le Tabernacle. Mais, dans son Sacrement, il se cache et s’efface sous l’apparence d’un peu de pain.

Il° PRÉLUDE.— O0 Jésus! aidez-moi à me plonger dans la méditation de votre transfiguration eucharis-

tique, où vous rempiacez les splendeurs de votre nacle q gloire par les abaissements d’un amour qui surpasse plein d toute admiration et toute reconnaissance. lants et 1° PornT.—Comme au Thabor, une transfiguration pieds d s'opère à l'autel eucharistique. Mais il y a une grande abrités « différence entre la première et la seconde. A la trans- doux mé figuration du Thabor, la face de Jésus s’illumina et AW Merces: devint brillante comme le soleil : dans l’Eucharistie, nous tro elle s’efface jusqu’à ne laisser voir que l'apparence charme d’un peu de pain. Il y avait, sans doute, sur le Thabor ne terr plus de gloire; mais dans l’Eucharistie, il y a plus e reméd d'amour. Aussi, si le mystère du Thabor a excité la 8 de crainte chez les trois Apôtres, la confiance l’emporte MARAGPR | sur la crainte dans le mystère eucharistique, parce que sein desq l'éclat de sa majesté divine y est tout éclipsée. Et route bor toutefois, c’est toujours le même roi éternel des siècles M "ce, en ‘ainemer

qui s’entoure de lumière et de splendeur au Thabor,

et qui s’obscurcit et se cache au Tabernacle. Il y descend de l’éclat de son trône, pour venir à nous plein de douceur et d'amour.

En sorte que le fidèle qui jouit de sa présence au pied de l’autel, peut bien s’écrier, lui aussi, comme Pierre au Thabor : ‘‘ Seigneur, il nous fait bon d’être ii: ” Domine, bonum est nos hic esse. Oui, Seigneur, un jour dans votre temple vaut mieux qu'un siècle dans la demeure des pécheurs. C’est aux pieds de vos tabernacles que se laissent goûter les charmes incomparables de votre douce et sereine majesté. C'est aux pieds de votre tabernacle que l’âme jouit des chastes et ineffables délices de ses noces spirituelles avec l'Époux aux amabilités infinies. C’est de votre tabernacle que nous sentons les charmes de votre cœur plein d’une suave et divine amitié, sortir à flots bràlants et nous inonder de leur plénitude. C’est aux pieds de votre tabernacle que nous nous sentons abrités contre la céleste justice irritée, et couverts, à doux médiateur, de votre toute délectable et puissante intercession. C’est aux pieds de votre tabernacle que nous trouvons la consolation de nos cœurs affligés; le charme dans nos larmes; la joie dans les tristesses de cette terre ; la guérison aux blessures de nos âmes et le remède à leurs langueurs et malaises. C’est aux pieds de votre tabernacle que nous allons recueillir la lumière contre les sombres et désolées obscurités au sein desquelles nous marchons si souvent dans notre route bordée d’abimes. C’est aux pieds de votre tabernacle, enfin, que nous trouvons ce que nous irions vainement chercher d’apaisement à nos peines et de

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nger arisvotre passe

soulagement à nos souffrances, auprès d’un monde indifférent, aussi inapte à nous comprendre, qu'impuissant à adoucir nos peines.

Ie Pornr.—Oh ! Seigneur, qu’il y a de bonheur à goûter, devant votre tabernacle, la douceur et la suavité des flammes qui s’en échappént pour consumer agréablement les âmes. Tous les jours, vous descendez sur l'autel, vous y allumez le feu de l’amour au sein des cœurs qui sout sensibles à votre présence. Et s'ils secondent vos opérations, vous les embrasez. Comme le soleil est la joie, la vie de toute la nature, de même vous êtes, dans votre Eucharistie, la joie, la vie et le bonheur des âmes. Vous ne demandez qu’à descendre en elles, et à les rendre heureuses de votre union avec elles. Mais eiles ne doivent pas oublier que l'amour ne peut se plaire que dans un amour pareil à lui-même. Si donc nous voulons jouir de l'amour de Jésus, nous devons le faire jouir du nôtre, en nous

efforçant de lui donner l’esprit et la ressemblance du ciel, sien... Nous devons tendre à l’aimer comme il nous aime.

‘Comme Pierre parlait encore, une nuée lumineuse LE VE les couvrit. Et en même temps sortit de la nuée une voix disant : ‘* C’est là mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le.” En entendant cette voix, les trois disciples, saisis de frayeur, tombèrent le visage contre terre. Mais Jésus, s'approchant lé d'eux, les toucha et leur dit: ‘‘ Levez-vous et ne crai- À xt de gnez rien.” Pour mieux les rassurer, il s'était dépouillé listes, es

de la gloire dont il venait de faire briller l'éclat dans sa divine personne.

et naïf..

par la f

Dans son Eucharistie, aussi, notre Sauveur s’approche de nous, il nous touche de son corps adorable. En se donnant à nous dans la sainte Communion, il fait naître en nous la confiance et l’abandon. Il semble que la voix de son Père pénètre, pleine de charmes, dans nos âmes et nous dit : Celui-ci est mon Fils bienaimé, goûtez, et voyez combien il est doux ! Et, après cette cène délicieuse de l’Eucharistie, nous pouvons, comme les disciples, passer au souvenir de la mort, des souffrances de la vie et des croix de chaque jour. La communion fortifie et encourage. Elle inonde de force et de générosité pour nous faire monter, avec Jésus-Christ, au Calvaire de cette vie d’exil et de peine, en nous rappelant qu'il sera un jour remplacé par l'éternelle vision du Thabor céleste.

Courage donc, à mon âme, en te souvenant qu’il n’y a pas loin des souffrances et des scènes du Golgotha, au triomphe de la glorieuse résurrection pour le ciel.

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