‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 12 sur 204 · CONSIDÉRATION SUR L'INCARNATION · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATION SUR L'INCARNATION

(A méditer, ainsi que les deux qui suivent: )

Et d’abord, voyons combien l’/ncarnation nous fait

connaître Dieu ! Le Verbe s'est fait chair, dit l'Évangé-

liste saint Jean ; en entendant ces sublimes paroles nous avons la notion de l’Incarnation : nous en savons la nature.

C’est le mystère par lequel le Fils de Dieu élève’la na ture humaine jusqu’à Ja nature divine ; et, par un pro-

sdige incompréhensible, unit hypostatiquement ces

deux natures dans sa seule personne. Ainsi, l’Incarnation nous fait voir, dans la personne de Jésus-Christ, un Dieu et uh Homme ; deux natures distinctes, mais désormais éternellement inséparables. Elle nous fait voir ce qu'il ya de plus élevé, Dieu, revêtu de la forme d’esclave. Elle nous fait contempler un même être tout à la fois créateur et créature, éternel et enfant d’un jour, auteur et principe de la vie, et néan-

2 moins soumis à la mort. ‘‘ O profondeur de la sagesse de Dieu” (Rom., xi, 33), sommes-nous forcés de nous

écrier, saisis d’admiration et de transport ! Le Verbe s’est fait chair. Oh ! que le cœur de l’homme doit se sentir heureux, ennobli, à l’énoncé de cette sublime

Et puis, comme l’Incarnation découvre à nos regards tout ce qu’il y a de profond et d’incompréhensible dans la justice de Dieu ! Au grand jour du christianisme, il nous est donné de pouvoir sonder les profondeurs de Dieu, avec une lumière, avec un flam-

beau que lui-même a placé dans nos mains ; et cette lumière, ce flambeau, c’est le mystère de l’Incarnation. Voici notre lampe : Le Verbe s’est fait chair. A l’aide de cette lampe, nous pénétrons dans les profondeurs de Dieu. Nous contemplons, avec cette lumière, la grandeur, la sainteté, la justice infinie du grand Être.

L'homme avait méprisé, en se révoltant contre sa | volonté souveraine, ce Dieu dont la majesté est éter- |

nelle. A cette injure il fallait une réparation. Eh bien ! un homme offrira cette réparation, au nom de tous ses frères. Mais cet Homme est Dieu. C’est le Fils éternel de Dieu, l’image et la splendeur de sa gloire, l’objet de ses infinies complaisances.

Ici, nous devons admirer la profonde sagesse de Dieu, qui a su, tout à la fois, satisfaire aux droits de

sa justice et aux exigences de son amour. Ze Verbe. s’est fait chair. ‘Il s’est anéanti lui-même en prenant

‘ la forme d'un esclave” (Philip., Il). Et en manifes-

tant ainsi son amour immense pour nous, il a, en? même temps, donné à sa justice ce qu’elle avait droit # . d'exiger. Parce que le Verbe s’est fait chair, l'homme !

a élé sauvé et Dieu glorifié. Voilà pourquoi les Anges

chantèrent, au moment de la naissance du Sauveur : M ‘ Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux, et sur la M

‘“lerre, paix aux hommes.”

Oh ! comme ces vérités sont propres à nous accabler #

sous le poids de leur grandeur ! Comment donc se

fait-il que nous ne nous en occupions pas? O ingra-! titude inconcevable ! aveuglement affreux ! Faisons

done un retour sur nous-mêmes : formons en nous une volonté forte et bien décidée de méditer les per- M

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fections infinies de Dieu, manifestées avec tant de magnificence dans l’adorable mystère de l’Incarnation.

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