PREMIÈRE MÉDITATION
1° PRÉLUDE.— Se faire un tableau abrégé de la Passion en général.
IT PRÉLUDE.— Demander à Jésus-Christ de pouvoir ressentir en nous-mêmes quelque ressemblance des sentiments avec lesquels il a enduré sa douloureuse Passion.
[ PornT.—Les solennités de la religion se composent, en grande partie, d'anniversaires destinés à rappeier de mémorables evénements religieux : Noël, la Circoncision, l'Épiphanic, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, etc... Chrétiens enfantés à l’Église... à Jésus-Christ... à Dieu... aux espérances du eiel par le Sang de Notre-Seigneur ; enfants de sa douleur... enfants de ses larmes... enfants de sa mort! nous voici rendus au grand anniversaire de l’époque où il nous racheta au prix de ses ignominies, de ses souf-
:frances et de sa mort... Oui, voici la semaine où l'Église élève à nos yeux l’étendard du Roi des rois : vexilla regis.
Voici l'anniversaire des mystères sanglants et lugu-
bres de la croix... Oh! préparons nos larmes, préparons nos prières pour les répandre au pied de fa croix
de notre Sauveur, pour les répandre auprès de son tombeau !...
- Demandons à Jésus-Christ de préparer nos cœurs aux grands jours de la Semaine Sainte, demandonslui de nous apprendre les grandeurs de cette semaine auguste... d’en écouter les instructions, d’en recueil- Br les sentiments. Uhr autem abundavit delictum. superabundavit gratia.
Ile Poinr.—Il y a eu deux grandes semaines dans la durée du monde : la première où Dieu créa l'univers, et dont chaque jour fut marqué par un miracle de toute-puissance ; la seconde est celle où Dieu répara et recréa en quelque sorte son ouvrage... le purifia... le ramena à sa sainteté première, par le Sang et la mort de son Fils !
Cette semaine fut aussi signalée par des miracles d'amour... C'est la Semaine Sainte, c’est la Grande Semaine, comme on l’appelait dans la primitive Église. C’est la Semaine auguste où se célèbre par les larmes l’anniversaire du plus grand sacrifice qui fut jamais. O époque aux grandes émotions religieuses !
Grande et mystérieuse fut la semaine de la création! Mémorables furent ces six jours, où Dieu parlait, et où la lumière, le ciel, la terre, tous les êtres sortaient des profondeurs du néant.
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Mais aussi grande et mystérieuse est la Semaine Sainte. Le Tout-Puissant y opéra une œuvre plus merveilleuse peut-être que la première. Dans ces quelques jours de souffrances du Sauveur voyez quel amas de prodiges ! Voyez le nombre et la grandeur des myslères opérés ! La tyrannie du démon est détruite, Ja mort est vaincue et désarmée, le péché et sa malédiction sont cffacés. Le ciel est ouvert. — Une nouvelle alliance est créée entre Dieu et les pauvres humains, création admirable où Dieu ne parle plus en maître, comme dans la première, mais où, au contraire, il cimente de son Sang l’alliance rétablie !
Ile Pornr.— Voyez encore quelle énumération de merveilles opérées dans cette grande semaine. La création du sacrement de l'Eucharistie, de ce sacrement qui fait de Jésus-Christ notre hôte, notre nourriture ; la création d’un nouvoau peuple, du peuple chrétien enfanté par la douleur et par les souffrances d’un Dieu sur la croix. Quels miracles ! C’est l’Innocent qui devient Victime du péché ! C’est l'Éternel qui est frappé de mort! C’est l’Adorable qui se fait l’opprobre des hommes et l’abjection du peuple !
Quels miracles encore ! Ce sont la croix et les merveilles du crucifiement ! C’est le soleil obscurei ! C’est le ciel voilé ! C’est le rocher du Calvaire qui se fend ! Ce sont les morts qui ressuscitent, et qui, sortant de leurs sépulcres, épouvantent la cité sainte !... Enfin, c’est le Christ, vainqueur de la mort, qui brise la pierre de son sépulcre ! Ne dirait-on pas que, dans cette grande semaine, le Seigneur s’est joué avec les prodiges ? QG auguste Semaine, que vous êtes donc vraiment la
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grande époque des chrétiens. Est-il rien d’auguste et d’admirable comme les souvenirs de Gethsémani, de l’agonie au jardin, de la sueur de sang ? Est-il rien de saisissant et de digne de tous les sentiments d’adoration de nos âmes, comme les souvenirs de la flagellation, de la croix, du Calvaire, du tombeau sacré ? — Est-il rien qui doive faire impression sur nous comme ce grand ouvrage de notre rédemption qui est consommé pendant ces jours, par les mystères de la Passion, de la mort, et de la sépulture de Jésus- Christ ?—C'est pendant cette grande semaine, en effet, que le mur de séparation élevé entre Dieu et nous à été renversé... que le Dieu de paix a réconcilié le ciel avec la terre, en effaçant l'arrêt de notre condamnation et l’attachant à sa croix. (Delens q'od adversus ros erat chrographum decreti, quod era’ contrarium nobis, et ipsum tulit de medio, affigens iliud cruci. (Coloss., IT, 14.)
DEUXIÈME MÉDITATION
PRéLune.—A l'exemple de tous les vrais chrétiens de tous les temps, nous devons nous efforcer de passer cette sainte Semaine dans des sentiments de particulière ferveur. Nous devons nous efforcer de nous édifier de cette douleur imposante et majestueuse que l'Église exprime par ses cérémonies, qui parlent au cœur et qui doivent l’émouvoir d'amour, — Deux motifs nous engagent à passer ainsi la grande Semaine. Le premier, c’est qu'il n’en est point qu’il convienne mieux de sanctifier; le second, c’est qu’il n’est point de semaine qui puisse mieux nous sanctifier.
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A PornT.—JIl n'est pas de semaine qu'il convienne mieux de sanctifier.—ÆEn effet, cette grande Semaine, par les nombreux mystères qu'elle déroule devant nos veux, nous rappelle comment Jésus-Christ nous a aimés d'un amour infini ; elle nous rappelle comment ce divin Rédempteur, en subissant des douleurs et des ignominies inouïes, nous a préparé un océan de grâces et de bénédictions. Or, il faut que nous sachions reconnaître de si grands bienfaits. Quand Jésus- Christ nous a délivrés, rachetés, justifiés par ses souffrances, par sa passion et par sa mort, il serait monstrueux de payer d'indifférenee ce Dieu flagellé, crucifié, abreuvé d’humiliations et d’ignominies. Aussi, combien les saints ont été éloignés d’une conduite si ingrate ! Saint Paul ne voulait savoir que Jésus crucilié. Il voulait concentrer dans cette étude sa sagesse, sa science et son génie. [Il est mort pour moi, il a été immolé pour moi! Tel était le sujet où cet Apôtre puisait une reconnaissance si vive et si ardente, qu'il s'écriait: Quis nos separahit à charitate Christi? Ce ne sont ni les persécutions, ni les tourments, ni les fouets, ni la mort, etc.
Et le moyen de témoigner à Jésus-Christ notre reconnaissance, c’est de nous occuper pieusement de sa Passion et des autres mystères d'amour qu'il à opérés pour nous, de manière à nous en rendre participants, et à nous remplir de leurs sentiments... C’est assez dire combien pieusement nous devons nous efforcer de passer cette semaine consacrée au souvenir de tous ces mystères...
[le Pornr.—Jl n'est point non plus de semaine qui
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