‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 153 sur 204 · LE AT · texte numérisé non relu

LE AT

Jésus-Christ est mort à la mortalité pour ressusciter à l’immortalité. Pour nous aussi, la vie qui ne meurt plus nous vient de la mort. C’est la seule vie qui soit parfaite et immuabie. Nous ne pouvons vraiment vivre de la vie surnaturelle qu’après être morts spirituellement à la vie de la nature, ennemie de la vie de la grâce.

La vraie, l’unique mort entendue en ce sens, est celle par laquelle l’homme meurt entièrement à soimême, à sa volonté, etc.—Mourir ainsi vraiment, foncièrement, c'est le moyen de vivre vraiment, foncièrement de la véritable vie.. Sans mort point de vie... une mort complète est toujours suivie d’une vie parfaite et entière.

A chaque mort succède aussitôt une vie pleine de délices.. Dieu ne peut, en effet, refuser la vie à la mort... Plus la mort est forte, énergique et intime,

garantie chose qu’ être détac

plus aussi est forte, énergique et intime la vie qui la j IF Por suit. Telle mort, telle vie. Chaque vie apporte une D "1165; PO nouvelle force, et rend capable de mourir plus parfai- doux qu'a tement encore. | parer des Ô Il PorntT.—Mourir à soi-même, c’est supporter pour nytr Dieu un outrage, c’est renoncer à l’inclination nau- M ?°YZ que relle, lorsqu'elle porte à faire ou à omettre, intérieu- Jésus! À rement ou extérieurement, quelque chose d’agréable extérieure: on de pénible, soit en paroles, soit en actions ;—c’est est foute : renoncer fà un plaisir qui flatte le goût ou la vue ; — exclusivem c’est se taire et ne pas s’excuser quand on est accusé. MU Toutes ces choses, tous ces sacrifices sont bien péni- aut que bles à quiconque n’y est pas habitué et n’est pas par-D ° feu ne meure celu

faitemeut mortifié. L’habitude les iadoucit.—Chaque s et l’eau ct

mort rend capable d’une mort plus grande. A la tin, il est agréable et délicieux de mourir.—On trouve {& vie dans la mort, et la lumière luit dans les ténèbres. —Une mort complète aux «hoses extérieures, empêéche de sentir davantage le besoin d’y renoncer ; ces choses cessent d’être un obstacle à l’union avec Dieu, pour une âme qui a su d’abord parvenir à y mourir entièrement.—Mais, alors même, il reste encore audedans bien des choses auxquelles il faut mourir.— Quiconque est parfaitement inort, peut user de tout justement et avec joie.—Les créatures ne procurent de véritables plaisirs qu’en autant qu’on a su y mourir et s’y arracher pour Dieu... Voulez-vous avoir la garantie que vous n'aimez quelqu'un ‘ou auelque chose qu’en Dieu et pour Dieu, commencez par en être détaché et y mourir en vue de plaire à Dieu.

IIIe PornT.—Renoncer aux choses extérieures, mondaines, pour embrasser une vie intérieure, est plutôt doux qu’amer. Mourir de cette manière, c’est se préparer des délices. La mort est alors cachée dans la vie. On n’y trouve pas d’amertumes, mais de la druceur. Voyez quel bonheur Madeleine goûte aux pieds de Jésus! Ah! c’est qu'elle s’est arrachée aux choses extérieures. Les créatures ne la touchent plus. Elle est toute absorbée en l’objet divin qui la captive exclusivement. .—Elle est morte et sa vie est cachée en Dieu.—Pour que Dieu entre tout à fait dans l’âme, il faut que la nature sorte tout à fait aussi.—L’eau et le feu ne peuvent s’unir ensemble.—Il faut qu’ meure celui dont Dieu doit être la vie.—(L'eau froide

et l’eau chaude ne peuvent exister ensemble.—Le

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bois et le feu non plas.)— Et lorsqu'il est mort à toutes les choses extérieures, le Seigneur vient vivre en lui: il est sa consolation.— La vie est cachée dans la mort et la consolation dans la peine. Du reste, la mort s'étend à tout. Il faut mourir même aux dons de Dieu qui comblent l’âme de joie et de délices, lorsqu’il plaît à Dieu de les refuser ou de les retirer.

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