POUR LE I: DIMANCHE APRÈS PÂQUES
(SECUNDO
LA RELIGIEUSE DOIT PRIER EN IMITANT JÉSUS- CHRIST.—LA PRIÈRE INTÉRIEURE.
‘ Mon Père, glorifiez votre fils.” (SAINT JEAN, XVII.)
Jésus fit cette prière en levant les yeux au ciel... Apprenons de lui, en priant, à élever vers le ciel nos sens, nos mains, nos puissances et notre cœur. Tâchons de modeler l’action et l'hommage de notre prière sur l'exemple de Jésus; prions en lui, avec lui et par lui. Que notre prière soit une ‘ ascension de l’âme vers Dieu,” selon l’expression de saint Anselme et de saint Augustin. Pour imiter, autant que possible, Jésus- Christ, la Religieuse contemplative doit s’efforcer, lorsqu'elle prie, de sortir d'elle-même et de toutes choses créées, s'élever au-dessus de toutes les créatures, porter toute son âme en Dieu dans le profond abime de sa divinité, plonger son esprit dans l'esprit de Dieu avec un abandon complet de toute elle-même, et s'unir ainsi étroitement à Dieu. Car la prière n’est autre chose que cette union intime et sincère avec Dieu; c’est, autant que possible, l'immersion et la fusion de l'esprit humain dans l'esprit divin. Pour bien prier donc, il faut que la prière s'unisse à Dieu et se recueille en lui. C’est à la prière intérieure que tout doit concourir et aboutir. La prière des lèvres, les formules, les œuvres extérieures, les pratiques, etc.,
et je leur chera de
C'était refroidi, ni Dieu, refroidiss le cœur.
coupable:
grâces et l'abandon ventes, ir leur amot sécheress cune douc cet hiver
tout doit recevoir l’âme et l’esprit de la prière intérieure. C'est elle qui donne la valeur et le mérite à tout cela. C’est par elle que tout ce qui nous vient de Dieu est reporté vers Dieu.
POUR LE Ile DIMANCHE APRÈS PÂQUES,
MÉDITATION
‘“ Mes brebis entendent ma voix.” (SAINT JEAN, X.)
Je Pornr.—C'était la fête de la dédicace... C'était l'hiver... Jésus se promenait dans le portique de Salomon. Et il dit, entre autres choses : Mes brebis entendent ma voix, et je les connais ; elles me suivent et je leur donne la vie éternelle, et personne ne les arrachera de mes mains.
C'était l’hiver. L'hiver symbolise le cœur, lorsque, refroidi, endurci, on ne sent plus en soi ni la grâce, ni Dieu, ni les choses divines... La cause de ce refroidissement, ce sont les objets créés qui occupent le cœur... y sont la source de joies et de douleurs coupables, qui y éteignent la charité et le privent des grâces et des consolations. L'hiver symbolise aussi l'abandon pénible auquel sont en proie les âmes ferventes, innocentes, tout à Dieu par leurs pensées et leur amour, et qui néanmoins éprouvent une désolante sécheresse, froideur et obscurité, sans mélange d’aucune douceur ni consolation. Notre. Seigneur a éprouvé cet hiver durant les douleurs indicibles de sa Passion.
Les âmes qu’il aime, qui sont ses brebis les plus chéries, doivent s'attendre à l’éprouver aussi... Elles doivent protiter de leur délaissement, par la résignation et l'abandon... L’hiver spirituel peut valoir mieux que le plus doux printemps.
Ile PornT.—Notre-Seigneur appelle ses amis du nom de brebis. C’est pour faire comprendre qu'il veut et aime dans ses amis l’innocence et la douceur. Les âmes innocentes, pures et douces peuvent suivre partout l’Agneau, entendre sa parole secrète et mystérieuse... Dans le bruit et la tempête des passions, les âmes sont loin de lui, et ne peuvent entendre sa voix. Il faut que l’âme, pour entendre cette voix et être pénétrée intimement par ce soufile léger, s'éloigne de la violence et de l’impétuosité, et qu’elle fasse taire «2 bruit des passions. Alors seulement, elle prêt: vne oreille docile, reconnaît ses défauts et se laisse conduire. |
Ces mystères sont cachés pour ceux qui ne sont pas les brebis du Seigneur. A ceux qui le sont, il donnera ‘ une terre désirable, un héritage magnifique.” Quelle est cette ‘‘ terre désirable,” dit un auteur ascétique, promise aux brebis et aux amis les plus chers du Seigneur ? C'est leur propre corps, dit-il, ce corps qui naturellement rebelle, est devenu soumis et complaisant pour toutes leurs volontés, prêt à faire lout ce qu’ils Ini demandent : et cette docilité est pour le corps lui-même une source de plaisirs et de délices. Ainsi purifié, il semble éprouver comme un désir mystérieux pour le bien.
Et cet ‘‘ héritage magnifique,” continue le même
auteur, héritie
ritiers.
tout ce rend a
action d la vertu attache daignez régnant