LA PRIÈRE EN GÉNÉRAL
La Religieuse, de même que tout fidèle, dépend de Dieu en toutes choses, et relève de son auguste et souverain domaine. De là, la nécessité pour elle de recourir à lui dans tous ses besoins, et l’obligation de lui rendre surtout le divin hommage de l’adoration.
L’adoration, dont le sentiment s’excite dans l’âme à l’idée de la grandeur et des autres attributs de Dieu, est la première prière. Elle n’a pas besoin de paroles. L’adoration et les anéantissements forment alors la prière de l’âme, humiliée de sa petitesse devant la grandeur de Dieu, de sa faiblesse devant sa force, de sa pauvreté devant le possesseur et le maître de toutes les richesses.
L'homme sent qu’il s’honore lui-même en servant
| Dieu, en s’abaissant devant sa majesté, sa grandeur | et sa toute-puissance,—en l’admirant, en l’adorant… | C'est par la prière que l’on remplit /e devoir de l’honneur dù à Dieu. La prière adore, et l’adoration prie. Voilà la prière par rapport à Dieu : c’est son suprême droit.
Pour l’homme, la prière n’est pas seulement un devoir, c’est un besain. C’est elle qui guérit en nous le mal que nous a fait le péché ; or, ce mal consiste dans l’obscurcissement de l’entendement par l’orgueil ; dans la corruption du cœur par l’égoïisme ; et dans a dégradation de notre nature par la volupté. Oui, le remède à ces maux, c'est {a prière. Il faut prier contre l’orgueil : c’est le moyen d’obtenir la connaissance de
soi-même, et d’être éclairé par la vérité infinie. prie
U faut prier contre l'égoïsme ou l'amour et l’atta- les y chement désordonné pour les biens et les jouissances notr matérielles de cette vie. C’est le moyen de prendre en prie
dégoût ces choses auxquelles nous aimons tant à coller conti notre cœur. C’est le remède à la plaie de l'excès dans offer la jouissance que la nature déchue trouve dans l’usage des choses créées. Il faut prier contre la volupté, cette autre plaie si large et si profonde faite à l’humanité par le péché. Or, ceux-là seuls sont chastes à qui Dieu en accorde la faveur ; et il la donne aux âmes qui la sollicitent par la prière. La prière, voilà A Parme pour Lu lutte ; voilà la digue contre le torrent ; voilà le cri du faible vers celui qui est la force même.
vaille de pi
Par la grâce qu'attire la prière, [lieu combat, en quelque sorte, dans l’homme et avec l’homme, et il le fait triompher.