‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 169 sur 204 · POUR LE JOUR DE L'ASCENSION · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DE L'ASCENSION

MÉDITATION

PRÉLUDES.—Foi ardente, animée par la charité. Goûter et désirer Dieu par-dessus toutes choses ; trouver son bonheur en lui, voilà la conséquence d’une foi véritable et vivante dans une Religieuse.

‘ Le Christ, montant en haut, a fait captive la captivité.” (Éph., IV.)

Ge texte du grand Apôtre prête matière à une très grave et très salutaire méditation sur les différentes captivités auxquelles la pauvre humanité peut être en proie. On peut distinguer cinq espèces de captivités pour l’homme.

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1° L'homme est captif de l’amour des créatures, — surtout de ses semblables, caplivité qu’il connaît, qu'il craint, qui l’inquiète et le tourmente ; ou bien, captivité qui le laisse à l'aise et dans la paix,— sourd et aveugle. Cette dernière espèce de captivité est la plus triste et la plus déplorable... Le démon trompe ceux qui en sont possédés pour les retenir captifs.

2° Quelques hommes, après avoir été délivrés de la première captivité, tombent dans la seconde, celle de l’amour-propre. Quelles illusions celle-ci cause ! Elle cache les défauts sous de belles apparences. rend esclave de la nature, de prétendus besoins, d’exigences et de délicatesses.… fait rechercher en tout l’avautage humain, le plaisir, la consolation, les aises, la gloire, etc. Elle fait recevoir très mal les épreuves.. fait murmurer, cause la calomnie, la médisance, la colère, etc.

3° La troisième captivité, c'est celle de la raison. Elle fait corrompre tout ce qui doit être le prodvit de l'esprit, fait chercher la vanité en tout, dans la recherche de la vérité, dans la doctrine. Désirer de comprendre des choses élevées, par orgueil, pour en parler, pour briller, pour se grandir aux yeux des autres, sans penser à tout rapporter aux œuvres et à la vertu. Oh! que la lumière naturelle est peu de chose, comparée à la lumière surnaturelle et divine ! C’est une faible lueur comparée à la lumière du soleil. La lumière naturelle paraît au dehors, produit l’orgueil, la complaisance en soi-même, le désir de la gloire et de la réputation, le besoin de juger les autres hommes. La lumière divine se cache dans le

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fond de l'âme; elle fait qu'un homme se regarde comme le plus petit, vil, malade, aveugle. Et, en effet, s’il y a quelque chose de bon en lui, il n’est pas à lui, mais à Dieu.

La 4° captivité consiste dans la douceur spirituelle. Il ne faut pas se laisser séduire par cette douceur, ni suivre trop son attrait, ni la rechercher avec excès, ni s’y abandonner avec dérèglement. Cette douceur est sans doute un bien; mais il faut ne pas s’y attacher et n’en pas jouir avec une satisfaction où la nature se recherche elle-même. On reconnaît que c’est la nature, et non Dieu, que l’on cherche dans la douceur spirituelle, quand, en étant privé, on perd le rc;,os et la paix, quand on devien! inquiet, et que l’on n’a plus le même zèle et la mê’ne fidélité dans le service de Dieu.

La 5° captivité est celle de la volonté propre. On veut faire sa volonté même dans les choses divines. Vouloir ce que Dieu veut, voilà la vraie vertu... Résignation dans les privations,—contrariétés. Renoncement, méme aux douceurs de la piété. Sacrifice des sentiments

trop naturels... Souffrir, tout quitter, renoncer à : tout, voilà la disposition propre à nous faire mériter C que Jésus emporte nos cœurs avec'lui au ciel. F d'

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AUTRE MÉDITATION SUR L'ASCENSION. to

I°* PoinT.—Jésus-Christ, dans sa merveilleuse Ascen- J sion, veut attirer après lui les sens et les cœurs, et b toutes les puissances intérieures et extérieures de ceux b

qu'il aime d’un amour de prédilecti… Il veut qu'ils

ne trouvent rien sur la terre qui puisse remplir leurs désirs, et leur donner le vrai bonheur. ‘‘ O Seigneur, tirez-moi après vous.” Jésus-Christ nous a précédés dans la béatitude. Il nous faut suivre la même route que lui:—misère, pauvreté, mépris, amertume, si Dieu le veut. Suivre sa doctrine, imiter sa vie sainte, adorable... Il est la voie, la vérité et la vie... Comme l’aimant attire le fer, Jésus-Christ attire tous les cœurs qu'il a touchés.

II: PoinT.—Quand les cœurs ont été touchés de Dieu, ils poursuivent avec ardeur le souverain bien. Ni plaisir, ni douleur ne les retarde. Ils tendent ardemment vers leur principe, leur fin, leur seule vraie béatitude. Ils n’ont plus de repos, qu’ils ne se soient élevés au-dessus d'eux-mêmes, ne cherchant qu'en Dieu l’amour, la joie, la consolation. 1ls s’élancent vers Dieu avec une force proportionnée à la grâce attractive qui les attire.

Ce n’est pas la faute de Dieu si tous les cœurs ne sont pas touchés. Beaucoup, en effet, demeurent insensibles à sa touche, à ses avertissements, à ses dons... C'est qu'ils aiment et cherchent autre chose que Dieu. Fuyons les pièges de la nature, éloignors-nous-en avec promplitude et courage... Prions tendrement, sérieusement... Ayons une attention pieuse à vouloir toujours faire la volonté de Dieu.

Ile Porntr.—C'est de la montagne des Olives que Jésus-Christ monte au ciel. L'âme où Dieu doit célébrer sa délicieuse ascension, doit être comme une haute montagne élevée au-dessus des choses terrestres, afin qu’elle puisse recevoir la lumière, les opérations,

les reflets de Dieu. Quoi qu’il en coûte, il faut gravir

la montagne spirituelle ; et, pour cela, il faut résister

à la nature et à ses convoitises ; il faut se donner de la peine et du travail, pour faire du progrès, ne pas

craindre la peine de la souffrance et de l’obéissance. \

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