POUR LE 9IMANCHE DANS L'OCTAVE DE L'ESCENSION
MÉDITATION
Ir PorntT.—Comment se préparer à recevoir le Saint-Esprit ? Il faut scruter scrupuleusement, courageusement et avec sincérité, nos actions, omissions, notre vie toute entière, pour voir si nous n’y avons en vue que Dieu seul. On peut mettre en œuvre quatre moyens: le recueillement, le vide du cœur, l'esprit intérieur et l'union.
Nousdevonsscrutersérieusement notre intérieur, voir dans notre fond, le bouleverser ; examiner l’usage que nous faisons de nos sens, et arracher de l’Âme tout ce que Dieu n’aime pas à y voir. Lorsque tout notre intérieur et tout notre extérieur auront été ainsi remués et préparés, l’Esprit-Saint, ce soleil divin, luira sur nous et nous échaulfera de ses rayons. Il fera fleurir notre fond et lui fera produire de délectables fruits. Impossible de dire, et même de concevoir ce que le Saint- Esprit opère dans un cœur où il est présent, et qu'il pénètre de sa lumière divine. Quelle volupté il fait goûter! C’est vraiment un festin de noces... Tout
ravir sister de la pas ance.
est embaumé des mets divins... Une seule goutte de la consolation divine goûtée alors,surpasse de beaucoup les douceurs que peuvent donner toutes les créatures ensemble.
Il: PornT.—Comment faut-il se conduire lorsque l’on goûte les douceurs sensibles et les consolations de la grâce divine ? Il faut les accepter avec reconnaissance, les rapporter humblement à Dieu, l'en remercier, le louer et s’en confesser tout à fait indigne. Fortifiés et nourris des divines consolations, neus devons faire beaucoup plus, en fait de perfection, que nous ne faisions auparavant, aimer, remercier, louer Dieu davantage ; concevoir des désirs plus vifs, un amour plus ardent, afin de mériter ainsi plus de dons encore, plus de consolations et de bonheur. Car toutes les fois que le cœur, comblé des suavités divines, se tourne vers Dieu avec reconnaissance, Dieu le comble de plus de dons, de grâces et de douceurs. Les consolations deviennent donc un secours, un moyen d’aller à Dieu, d'acquérir plus de faveurs, de vertus et de perfections.
Cherchons le Dieu des consolations, et non les consolations de Dieu. Usons, servons-nous des dons de Dieu, mais ne jouissons que de lui.
IIIe Pornr.—Comment devons-nous retirer des avantages de la prière, et qu'entendons-nons par la prière ? Il faut entendre par prière ce que les docteurs et les saints entendent : une ascension de l’âme vers Dieu. La prière orale aide la véritable prière, qui est celle par laquelle on prie en esprit et en vérité ; mais elle ne lui est pourtant pas identique. C'est la prière
intérieure qui est la prière à proprement parler. C’est par elle que l’âme et l’esprit entrent immédiatement en Dieu, s’échauffent d'amour, conçoivent de fervents désirs, se soumettent humblement à Dieu. C'est là, à proprement parler, l’ascension de l’âme en Dieu ; car cette prière porte l’âme en lui, et Dieu, à son tour, entre véritablement dans la partie la plus pure, la plus noble, la plus intime de l’âme, là où s’opère la véritable union.
Saint Augustin dit à ce sujet que l’âme a en soi un abime secret qui n’a rien de commun ni avec le temps, ni avec le monde extérieur, et que, dans cette partie d’elle-même, elle est beaucoup plus élevée que l’autre partie, laquelle donne au corps le mouvement et la vie. Cette partie supérieure réside dans un abîme glorieux et plein de délices, dans ce ciel de l'âme où s’amassent et séjournent les suavités divines. C’est là que l’homme devient calme, solide, stable, plus séparé de toutes choses, plus recueilli, plus élevé, plus pur, plus vide et plus résigné en toutes choses ; car Dieu yest présent, c’est là qu’il habite, qu’il règne et qu’il opère ; c’est là aussi que l’homme obtient une vie divine. Là, l'esprit se plonge dans le feu de l'amour, qui n’est autre que Dieu lui-même. Puis, sortant de cette fournaise, pressé par la charité, il prie avec de saints désirs pour toutes les choses pour lesquelles Dieu veut être prié. Il prie pour ses amis, les pécheurs, les défunts, ete., etc.
C'est
Mat POUR LE GRAND JOUR DE LA PENTECÔTE, ns CONSIDÉRATION OU MÉDITATION.
y Car \ Repleti sunt omnes Spiritu Sancto.
tour, ‘€ Ds furent tons remplis du Saint-Esprit.” e, la (Actes, II, 4.) re la PRÉLUDES.—1° Ce qu'est la Pentecôte.—2’ Demanoi un de des grâces de la Fête.
mpS, La sainte Église célèbre aujourd’hui le jour glo- >artie rieux et mémorable où le Saint Esprit fut envoyé aux autre Apôtres, qui persévéraient dans la retraite et la prière et la depuis le jour de l’Ascension. Elle solennise le grand bîme anniversaire de l’événement si miraculeux dont la ne où conséquence fut l’établissement du christianisme et estlàa de l'Eglise. Or, ce qui rend cette fête grande, joyeuse sé- et sainte pour nous, c’est la foi que nous professons/}plus que, de même que le Saint-Esprit fut envoyé aux | ; car Apôtres, ainsi il vient de nouveau avec ses dons et ses ègne grâces, sur tous les fidèles qui, en ces jours, vel.) tient cent pieusement de l’attirer en eux... La Pentecôte u de n’est pas seulement un jour qui rappelle un des plus uis, étonnants miracles : c’est un jour dans lequel la même | prie merveille se renouvelle, bien qu’invisiblement et sans | les- éclat extérieur, en faveur de toutes les âmes bien ‘ , les préparées. |
I PornT.—Rappelons-nous d’abord le fait de la descente du Saint-Esprit, tel que rapporté dans l’Écriture sainte: ‘Le jour de la Pentecôte étant arrivé, les ‘ disciples étant tous réunis dans un même lieu, on
‘ entendit tout à coup comme le bruit d’un ven: 46 impétueux venu du ciel, qui remplit toute la maison ‘6 où ils se trouvaient. Au même instant, ils virent ‘€ paraître comme des langues de feu qui se divisèrent ‘**et qui s’arrêtèrent sur chacun d'eux; alors, ils ‘* furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commen- ‘“ cèrent à parler diverses langues, selon que le Saint- ‘ Esprit les inspirait.”— C'était une merveille inouïe d'entendre les apôtres parlant à des hommes réunis à Jérusalem d’une vingtaine de pays différents, et être compris de tous. S’adressaient-ils à un Grec, à un
Persan, à un Romain eu particulier, ils se servaient de
la langue de chacun d’eux. Parlaient-ils à tous ces différents peuples en général, chacun d’eux les entendait parler sa langue, quoiqu’ils ne parlassent alors que leur langue naturelle.
fe PornT.— Le grand bruit qui se fit entendre, comme d’un vent impétueux, qui ébranla toute la maison, et qui fut entendu dans toute la ville, était le symbole et la manifestation de la présence de la divinité. Le vent qui venait du ciel fut accompagné d’un globe de feu, dont les flammes s'étant tout à coup séparées en forme de langues, se répandirent sur toute cette sainte assemblée, et s’arrêtèrent sur la tête de chacun d’eux. Ce n’était point un feu réel et matériel, ce n'étaient que des signes extérieurs et des apparences sensibles des effets que l'Esprit-Saint produisait intérieurement dans chacun des disciples, et qu’il devait produire dans le cœur des premiers fidèles, en les remplissant de ses dons. En effet, tous les apôtres et les disciples, pleins du Saint-Esprit, se sen-
tirent, à l’instant même, tout embrasés de ce feu divin, éclairés de lumières surnaturelles qui leur dounaient une intelligence parfaite des plus hauts mystères et des plus sublimes vérités. A l'instant même, ils se sentirent animés d’un courage et d’une hardiesse qu’ils ne connaissaient point; enfin, ils furent changés en d’autres hommes.
Ils descendent du cénacle, et aussitôt saint Pierre, ce pêcheur de poisson dénué de toute science, fait un discours si solide, si énergique, si touchant, qu’on ne savait si c'était un homme qui parlait, ou un ange. A sa voix, 3,000 personnes se convertirent sur-le-champ. Peu après, 5,000 autres se convertissent également. Et puis, que de merveilles surprenantes suivirent celles-ci ! Que de miracles furent opérés au milieu de Jérusalem, dans toute la Judée et dans le monde entier ! Le grand fait du jour de la Pentecôte eut pour résultat la conversion du monde... Quel miracle frappant, convaincant et toujours subsistant que celui-là !
Ile Point. — Voyons, en effet, douze pauvres pêcheurs, dénués de tous moyens humains, bien reconnus pour être absolument sans instruction, entreprenant d'établir dans le monde la religion de Jésus- Christ. Pour cela, il faut détruire et proscrire cette multitude de religions diverses qui s’appelaient le paganisme, et leur substituer une religion pleine de mystères incompréhensibles à la raison: la Trinité, l’Iacarnation, la Rédembption. Il fallait faire adopter, non pas une morale douce, commode, charnelle, etc., mais une morale austère, contraire à toutes les passions déréglées : humilité, mortification, pureté, désin-
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téressement, charité, support des injures, pardon, i etc. Le projet des apôtres paraît à la raison une extravagance pitoyable, une folie téméraire. Et, pourtant, ce projet a réussi. Seize millions de martyrs ont versé ail leur sang. Le paganisme a fait place au christianisme. qi Voilà quel a été le fruit de la venue du Saint-Esprit, que nous solennisons par la fête d'aujourd'hui.
Pour nous conformer au désir et à l’esprit de la [AN sainte Église, sachons donner un effet tout pratique à la solennité de la Pentecôte. Pour cela, sollicitons l'Esprit-Saint, qui a inondé l’âme des apôtres, de des- | cendre aussi dans nos esprits et dans nos cœurs.— dl / Comme le feu éclaire, échauffe, et purifie, demandons fl pour nos diues la triple opération spirituelle symbo- | lisée par les langues de feu ; demandons que le divin Esprit nous éclaire, nous embrase et nous. sanctifie ; } demandons qu’il dépose en nos 1t vérité, la sainteté, (il et l’umour, et sa force toute divine.
ji | O Esprit-Saint, venez, venez en nous : communiquez-nous les pensées et les sentiments de Jésus-Christ. il Animez-nous du zèle qui nous fera donner sans réserve à son service, et qui nous fera dévouer, selon notre
{ll saint état, à le faire connaître, aimer et servir. [| leu (1 “at cre (| AUTRE CONSIDÉRATION OU MÉDITATION Sai ( POUR LA PENTECOTE. t
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Apôtres, et qui se donne encore aux âmes bien prépa- me
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