‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 177 sur 204 · DU PREMIER DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE · texte numérisé non relu

DU PREMIER DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE

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MÉDITATION À FAIRE À QUELQU'UN DES PREMIERS JOURS DE LA SEMAINE. (En deux fois, sion le préfère.)

Jésus dit à ses disciples : ‘* Soyez miséricordieux ‘ comme votre Père est plein de miséricorde. Ne ‘€ jugez point, et vous ne serez point jugés ; remettez, ‘et on vous remettra; donnez eton vous donnera... ‘€ On se servira envers vous de la même mesure dont ‘ vous aurez usé envers les autres.”

I° PRréLUDE. — Figurez-vous Notre-Seigneur établissant le précepte de la miséricorde; défendant de juger et de condamner le prochain, etc.

IL PRÉLUDE.— Demandez la grâce de bien méditer, comprendre et observer la miséricorde si intimée et inculquée par Jésus-Christ en paroles et en exemples.

[° Point.—- Jésus-Christ s’est fait homme, il a pris notre nature pour que nous nous élevions jusqu’à Dieu. Il est devenu participant de notre humanité pour que nous devenions participants de sa divinité.

C’est la conséquence et le fruit de l’ineffable mystère

de l’Incarnation, et de ceux de sa vie, de sa mort et

de sa résurrection. Participer à la divinité de Jésus-

Christ, c’est reproduire en nous les divines vertus

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qu’il a prêchées et pratiquées. Parmi ces célestes vertus, il a intimé et inculqué surtout la miséricorde. Il a dic: ‘ Soyez miséricordieux comme votre Père est plein de miséricorde.” Toute la loi, en quelque sorte, est renfermée dans ce principe fondamental de la morale évangélique. Bien suivi, il. met en nous limage de Dieu... La miséricorde est une pieuse inclination à la bonté, à la condescendance, à l’amour envers nos frères. C’est la condition du salut. Le ciel récompense cette vertu d’un amour sincère, vrai et universel... Elle produit l’oubli de soi-même et un saint dévouement. Elle opère la fusion des âmes par la charité. Elle fait imiter Dieu : elle constitue une des doctrines essentielles de Jésus-Christ, si bon et si miséricordieux. Par elle, on rend à Dieu le culte en esprit et en vérité. Elle lui plaît par le sentiment de bienveillance qui porte à faire du bien à ses semblables, à être indulgent, plein de douceur et de patience, généreux, compatissant. }

Si on a reçu quelque offense, elle fait éviter l’amertume dans les paroles, la raideur et toute apparence de sentiments rancuneux... O Jésus, c’est bien là la morale que vous avez prêchée de parole et d'exemple! Gravons-la profondément dans nos esprits et dans nos cœurs, afin que nous y conformions toujours notre conduite.

La miséricorde et la bonté de Dieu le font donner et pardonner. Il donne à tous et toujours. Il donne à l'âme les biens spirituels, les grâces et les moyens de salut. Il donne les biens temporels : il créé pour nous le monde matériel pour notre jonissai.ce et notre

service. Non seulement il donne, mais surtout il pardonne. 11 amène le pécheur au pardon, et pour l'amener, il l'appelle, il le presse et le sollicite. mitons notre Père: donnons: du moins, donnons le bien de saints exemples, et de généreuses, ferventes et constantes prières. Et pairdonnons comme nous avons besoin que notre céleste Père nous pardonne.

Sentiments de regret du passé, demande de bon et

et ferme. propos pour l’avenir, etc.

IT Pornr.—“* Ne jugez point, et vous ne serez point ‘ jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point ‘ condamnés ; la mesure dont vous vous serez servis, ‘ sera celle que l’on emploiera pour vous.”— Ainsi ceux qui se font violence pour ne pas juger ni condamner, en s’élevant au-dessus d'eux-mêmes, seront récompensés, en ce que le Seigneur usera envers eux de la même mesure dont ils usent envers les autres. Notre-Seignenr nous détourne fortement des ju jements que nous sommes portés à faire contre nos frères, et qui sont le germe fécond d’un grand nombre de péchés. Ces jugements sont presque toujours téméraires, en ce qu'ils sont faits d'après des apparences extérieures, bien souvent trompeuses ; et que Dieu seul peut apprécier les évtentions. Et, en outre, ces jugements ont presque toujours pour cause la jalouse, l'amourpropre blessé, qui rend aveugle. Il faut donc se rappeler sérieusement la parole divine : ‘‘ Ne jugez point, ne condamuez point.” Avant de juger et de condamner le prochain, s'occuper de soi-même, et non des autres dont on n’a pas à répondre devant Dieu, voilà la sage conduite morale à tenir.

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Néanmoins, tout jugement sur le prochaïn n’est pas défendu. Les supérieurs ont droit de connaître leurs subordonnés, et de juger leur personne et leurs actions... Notre-Seigneur veut aussi que nous nous tenions en garde contre les exemples et les séductions de ceux qui seraient malheureusement sortis de la bonne voie. Ceux-ci se font connaître à leurs fruits, à leur indiscipline, à leur air, à leur langage, à leur esprit de murmure, de critique, etc. 11 faut fuir leur familiarité, prier pour eux, et s'attacher à la ferveur et à la régularité. Pour suivre un sage discernement, il est permis d'observer pour pouvoir juger; car la religion ne défend pas ce que requiert la prudence.

Mais il est défendu de croire trop facilement les faits désavantageux, et d'interpréter trop légèrement les actions. Il ne faut pas se montrer crédule sur le mal, ni croire des ennemis ou des personnes intéressées à dénigrer. Ces dénigreurs sont souvent de ces gens dont l'Evangile de ce jour dit, en terminant : ‘* Pourquoi voyez-vous un fétu dans l’œil de votre frère, et ne voyez-vous point la poutre qui est dans votre œil ?” Ils usent d’une sévérité inflexible envers les autres, et tout au contraire, d’une grande indulgence à se pardonner à eux-mêmes de grands torts et de grands défauts... Ils se montrent sévères censeurs de ceux qu’ils n’aiment pas, souvent parce qu'ils ne les flattent pas dans leur amour-propre.

O mon âme, recueille-toi, réfléchis aux petitesses de l’orgueil ; sonde les replis de ton cœur où se cachent peut-être la jalousie ét l'envie ; bannis tes pré-

jugés, et toute partialité. Suppute le compte qu’il te

faudra rendre, à la mort, de toutes tes infractions aux règles de conduite tracé 3 par le Dieu de miséricorde, de bienveillance et de charité même. Demande pardon, et amende-toi.

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