‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 182 sur 204 · LE VENDREDI APRÈS L'OCTAVE DE LA FÊTE DU TRÈS SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

LE VENDREDI APRÈS L'OCTAVE DE LA FÊTE DU TRÈS SAINT SACREMENT

LA DÉVOTION AU SACRÉ-CŒUR DE sésusf —LA FÊTE DU SACRÉ-CŒUR.—

le PonT.—Une dévotion, dans l’Église, est un mouvement des cœurs, mouvement surnaturel qui vient de Dieu et qui porte à aimer, à honorer ce qui est saint... La fin, l’objet d’une dévotion, est toujours une vérité de la religion à laquelle on s’attache et dont on espère retirer des fruits de grâce et de salut. Ainsi, la dévotion suppose un dogme et en découle.

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a particulièrement pour motif, fondement et appui le dogme par excellence de l’Incarnation. Comme homme, Jésus- Christ a un cœur moral ou spirituel, principe de ses affeetions, et un cœur matériel, instrument, signe et symbole de ces même affections. Mais Jésus-Christ est Dieu en même temps qu’'AÆomme. Son cœur est le cœur du Fils de Dieu incarné ; et la dévotion à ce cœur est fondée sur ce dogme de foi.

Dès le berceau de l’Église, la sainte humanité de Notre-Seigneur a été l’objet réel, principal de la dévotion des fidèles. Et si le culte du Sacré-Cœur parait être nouveau, il ne l’est que dans le langage, Ja forme et les diverses manifestations de nos sentiments, et non dans ce qui est des sentiments euxmêmes... Sans parler des Apôtres et de leurs successeurs, des écrivains sacrés, des saints et des docteurs

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anciens de l’Église, voici quelques saints et saintes surtout remarquables par leur dévotion au Sacré- Cœur: 1°-St Bernard; 2° St Bonaventure ; 3 Ste Catherine de Sienne ; 4° Ste Gertrude ; 5° le vénérable Père Eudes ; 6° enfin, la B. Marguerite Marie, etc., etc.

Une dévotion est un moyen d’arriver à Dieu, de l’honorer, de l'aimer davantage. De là, les nofbreuses dévotions de l’Église.

(Apostrophe amoureuse au Sacré-Cœur de Jésus, comme moyen d'arriver à Dieu, de l’honorer et de l'aimer davantage.)

IT° Point.-—-La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est en rapport, aujourd'hui surtout, avec les besoins du monde et de la société des temps actuels. Si, au dix-septième siècle, elle est entrée dans le culte public, et a fait, en quelque sorte, explosion dans l'Église universelle, c’est que, dans les desseins de Dieu, elle a été offerte au monde comme un moyen de ranimer le feu de la charité, pour qu'il ne s’éteignît pas par le déluge d'incrédulité et d’impiété de nos tristes temps. Et ce moyen ne pouvait venir plus à propos. |

En effet, le Cœur de Jésus est le symbole de limmense amour de Rédempteur à l'égard des hommes. Ce cœur de l’Homme-Dieu renferme toutes les affections, tous les sentiments qui sont purs, grands, sublimes... Le corps de Jésus-Christ participe à la sainteté de son âme, et celle-ci partage cette même sainteté. Il est plus pur que les rayons du soleil : Cor solo purius. Ilest le chef-d'œuvre des mains de

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Dieu ; le sanctuaire, le tabernacle, l’autel d’où s'élève sans cesse l’encens le plus pur vers le trône de Dieu. Car, il est à remarquer que le culte du Sacré-Cœur ne se borne pas au Cœur matériel dejà si admirable du Sauveur ; mais qu’il porte ses hommages à son Cœur spirituel, c’est-à-dire à tout l’amour, à toutes les affections infiniment saintes de la divine âme de Jésus. Voilà le vrai Sacré-Cœur que l'Église propose, au culte de ses enfants, et qu'elle veut voir honoré, loué, contemplé par eux.

Oh ! écoutons notre mère la sainte Église. Honorons, contemplons, louons le Cœur de notre aimant Sauveur. Comme une fournaise ardente, comme un brasier d'amour, il brûle sans cesse pour tout le genre humain. Ses flammes s’échappent et se répandent sur toutes les âmes de bonne volonté —Allons donc à ce foyer infini, pour nous y voir échauffés, brülés, consumés, purifiés.

(Expression de sentiments d’adoration, etc., envers le Cœur du Dieu de notre cœur.)

IN° PoinT.—Pour retirer d’une dévotion des fruits solides et abondants, il est nécessaire de se bien pénétrer de son esprit, c'est-à-dire de la pensée et du sentiment qui la produit et qui doit la dominer.

La tendance et l'esprit de la divotion au Sacré- Cœur, c’est: 1° d’honorer et de glorifier le grand mystère de l'Incarnation. Car le Cœur de Jésus est honoré parce qu’il est le cœur d’un Dieu. Or, il ne doit cetle qualité de cœur d’un Dieu, qu’au mystère de l’Incarnation. Cet ineffable wiystère est donc honoré et glorifié par le culte rendu au Cœur sacré de notre Sauveur divin.

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2 L'esprit de la dévotion au Sacré-Cœur est particulièrement un esprit d'amour. Le culte qui lui est rendu est un culte d'amour, un culte destiné à propager l’amour envers le divin Cœur. C’est un culte qui suppose l’amour et l’alimente dans les âmes qui s’y adonnent.

3° Enfin l'esprit propre à la précieuse dévotion qui a pour objet le Cœur sacré de Jésus, c’est l'esprit de reconnaissance et de réparation.—Esprit de reconnaissance pour l'intensité et la gratuité de l'amour de Jésus envers nous. Toute sa vie n'a été qu’un loug acte d'amour pour nous.—Esprit de réparation : hélas ! l’amour du Cœur de Jésus est payé d’indifférence, et même de mépris et d’outrages ! Cette indignité doit être réparée. Les amis de Jésus doivent pleurer et gémir sur les injures dont il est l’objet. Ils doivent pratiquer la réparation, en honorant et exaltant le Dieu dont le Cœur nous a tant aimés, et nous aimera toujours dans l'inneffable mystère de l’Eucharistie.

Expression de sentiments d'amour, de reconnaissance et de réparation.

La fête du Sacré-Cœur n’est pas très ancienne, mais la dévotion en remonte aux origines du christianisme.

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POUR LE Ill: DIMANCHE APRÈS LA PENTECOE.

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