‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 24 sur 204 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Dans ces antiennes est renfermé comme un catéchisme abrégé, qui apprend ce que Jésus-Christ a fait pour sauver le genre humain. Les fitres augustes que l’Écriture donne au Sauveur, les qualités qui lui méritent nos hommages et notre reconnaissance, y sont énumérés. Pour participer aux fruits de l’Incarnation et de la Rédemption, il fautentrer dans l’esprit avec lequel Jésus-Christ a opéré ces mystères pour nous.

La méditation des Grandes Antiennes est bien propre à nous inspirer les sentiments qui doivent rendre nos cœurs semblables au sien. Ces sentiments seront réveillés en nous par les vérités sublimes qui brillent du plus vif éclat, dans les divers ministères que Jésus- Christ est venu remplir au milieu des hommes.

PrarTique.—Réciter ces Antiennes avec une foi vive. Insister avec ferveur sur la demande par laquelle chacune se termine, demande toujours en rapport avec les qualités de Jésus-Christ qui y sont énoncées.

PREMIÈRE MÉDITATION (le 17 décembre).

O Sagesse sortie de la bouche du Très-Haut, qui vous étendez d'une extrémité à l’autre, et qui disposez tout avec force et avec douceur, venez nous montrer la voie de la prudence.

Le Très-Haut, c’est Dieu le Père. Il connaît, il contemple ses perfections infinies, sa nature, lui-même. Cette connaissance est parfaite, elle est substantielle. C’est la seconde personne de la sainte Trinité ; l’image de la première, c’est-à-dire du Père, l’image de sa substance, ayant sa nature, toutes ses perfections.

Elle s'appelle Sagesse du Père, Sagesse éternelle. Sagesse renferme l’idée de science avec goût, avec Saveur de connaissance, âvec bonheur.

Dieu est la souveraine perfection, la souveraine amabilité. La connaissance parfaite, infinie, qu’il a de lui-même, est pour lui le principe de sa souveraine félicité.

La Sagesse sort de la bouche du Très-Haut, c’est-àdire, qu’elle est produite par la pensée du Très-Haut,

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par la science et la connaissance qu’il a de lui-même. C’est une pensée éternelle, substantielle, qui est un même Dieu avec le Père.

Dieu engendre son Fils par voie de connaissance. Il est sa raison, sa sagesse, sa pensée, sa parole intérieure. Au ciel, nous contemplerons cette sagesse, nous nous y plongerons comme dans un Océan sans bornes de lumière ravissante. Consacrons nos facultés à la contempler maintenant, à travers le voile qui la cache.

La divine Sagesse, le Verbe, s’est fait chair ; il s’est revêtu de notre nature ; il a habité parmi nous. Adorons-le dans le sein de Marie, où il s’est incarné.

La Sagesse s'étend d’une extrémité à l’autre, c’est-àdire qu’elle est éternelle, immense. Elle gouverne le monde, dans tous les ordres, disposant tout avec force et avec douceur. Avec force : rien ne lui résiste ; elle fléchit et conduit la volonté humaine, sans contrainte cependant, librement, avec douceur et onction. Oh ! abandonnons-lui notre volonté, notre liberté. Heureux ceux que la divine sagesse possède, sur lesquels elle exerce un souverain empire !

17 PointT.—L'homme avait perdu la sagesse. Par le péché d'Adam, l’homme avait vu s’éclipser la lumière que Dieu avait mise dans son esprit pour le diriger. Cette lumière surnaturelle, c'était la vraie sagesse. Son cœur avait aussi perdu l’amour de la vérité, principe du bonheur de l'intelligence. Lies ténèbres remplacèrent chez lui la lumière ; le mensong: et l'erreur, la vérité. Il suivait une lumière trompeuse et ses perfides leçons. Il était plongé dans les

ombres de la mort, dans la nuit de l'erreur. De là, le déplorable état dans lequel était tombé le genre humain, sa dégradation, son esclavage sous les humiliantes chaînes du mensonge et du péché. De là ces paroles du Saint-Esprit : Le nombre des insensés est infini. ” (Eccl., i.) ‘ Vous avez abandonné la souree de la sagesse,” dit Baruch aux hommes. (Baruch, iii.)

Les vérités avaient, hélas ! étrangement diminué, sur la nature de Dieu,—ses perfections,—ses attributs, touchant la nature de l’homme, ses destinées, ses devoirs. Oh ! où en serait le genre humain aujourd'hui, sans la lumière due au Messie? Mais, à miséricorde ! le Verbe est descendu parmi nous. Il nous a rendu la sagesse. IL a dissipé les ténèbres de notre ignorance, lui, la ‘ lumicre du monde, ” lui, la vérité même. O vérité incréée, je vous adore, vous aime, vous embrasse ; chassez les ténèbres de mon cœur.

2° PorntT.—ZLa sagesse s’est communiquée à l’homme pour dissiper la folie amassée dans le cœur des enfants d'Adam.—Dans le ciel, nous verrons parfaitement la lumière. Nous pourrons nous plonger dans le sein de la lumière incréée. Mais déjà nous voyons la vérité et la lumière dans la lumière même de Dieu: Zn lumine tuo videbimus lumen. (Ps. 35.) Jésus-Christ, la sagesse éternelle, est bien cette lumière, et il est aussi la lumière de l’homme. Sa parole est esprit et vie. (Jean, vi.) Elle éclaire délicieusement notre intelligence, et nous rend sages de la sagesse même de Dieu ; raisonnables de la raison même de Dieu, dans nos pensées, paroles, jugements, du moins si nous

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sommes fidèles à étudier la vérité à l’école du Sauveur. Il y en a qui demeurent dans leurs ténèbres, en dépit de la lumière qui brille avec un si divin éclat: ce sont les faux sages et les faux savants du siècle. Zls ne cherchent pas Dieu, ni la vérité et la lumière, en Jésus-Christ qui l’a apportée au monde. Voilà pourquoi ils restent dans l'erreur et dans le mensonge... La lumière et la vérité se trouvent dans les maximes de l'Évangile, règles immuables, principes éternels du vrai et du bien. Elles se trouvent en particulier dans les Auit Béatitudes : dans la pauvreté d'esprit, la douceur, la patience, les persécutions du monde, l’amour des ennemis, le pardon des injures. C’est l'Évangile qui nous découvre cette lumière par laquelle nous croyons à la nécessité de nous renoncer, de porter la croix avec Jésus-Christ, de crucifier la chair, d’entrer par la porte étroite, de ravir le ciel à force de violence, etc.

O Jésus, faites que nous profitions de la lumière et de la sagesse que vous êtes venu nous communiquer ; dirigez-nous dans la voie droite ; enseignez-nous vos sentiers, corrigez nos erreurs, dissipez nos illusions.

3° PoinrT.—ZLa sagesse, c’est la science que l'on goûte, la lumière qui réjouit et rend heureux, la vérité que l’on aime et dont on fait ses délices.—La vérité est un bien qui est au-dessus de tous les biens. Jésus-Christ, la sagesse, nous apprend à en faire nos délices. Il est donc essentiel que nous inclinions volontairement nos cœurs vers les enseignements divins de son Évangile. Notre volonté doit embrasser la lumière que notre intellience a comprise. Repousser cette lumière, c’est le

plus grand des malheurs. Le Verbe est venu habiter parmi nous, plein de grâce et de vérité, pour nous communiquer le goût de la vérité par l’onction de cette grâce que le Saint-Esprit répand dans les âmes.

Il parle, sa lumière éclaire l'intelligence, sa grâce descend doucement dans les cœurs pour les remuer et les rendre dociles à la voix de la sagesse.

La sagesse se commuuique à notre être tout entier ; elle éclaire l'esprit, elle sanctifie le cœur. Elle agit avec force. Voyez le fait de saint Paul éclairé et converti sur le chemin de Damas... Elle fait surmonter les obstacles, vaincre les difficultés, évanouir les prétextes; elle passionne pour la vérité,... elle fait marcher au combat et triompher. Elle agit aussi avec douceur. Elle met dans l’âme une délicieuse onction, un doux attrait intérieur pour le bien, un goût céleste pour la vertu, pour l'innocence et pour la piété. Quand elle fait pénétrer ainsi l'influence de son action dans l’âme, tout lui devient facile, tout lui devient agréable, même ce qui est révoltant pour la nature.

Seigneur, versez dans mon âme le vin délicieux de l’amour ; communiquez-lui les douceurs enivrantes de l'espérance, afin qu’elle trouve en vous le repos, la paix, et tous les biens que votre cœur promet aux cœurs fidèles.

DEUXIÈME MÉDITATION (18 déce re).

‘4 O Adonaï, chef et conductenr de la maison d'Israël, qui avez apparu à Moïse dans la flamme d'un buisson ardent, et qui lui avez donné la loi sur le mont Sinaï, venez nous racheter par la force de votre bras.”

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Hier, le Messie était considéré comme Fils de Dieu, sagesse éternelle. Aujourd’hui, l’Église, transportée de joie, inondée d'espérance, l’adore comme le Dieu Très-Haut, qui, après avoir créé le monde, vient le sauver par sa bonté puissante. Adonaï, c'est le nom que Dieu s’est donné à lui-même. (Exod., vi.) Ce mot exprime la grandeur infinie. Il convient à Jésus- Christ, le Dieu trois fois saint... L’antienne présente agit l'appelle ‘‘ Chef de la maison d'Israël.” Pour comiverti prendre cette antienne, il faut se rappeler ce que l’Ér les criture raconte de la délivrance du peuple juif, sous PS" la conduite de Moïse, de sa sortie d'Égypte, de son séfait jour dans le désert, de son entrée dans la terre prooi mise, etc. Toute cette histoire est une figure de l'Éee glise et de Jésus-Christ. Le vrai peuple de Dieu, c’est gout le peuple chrétien délivré par son chef, Jésus-Christ, r la de l’esclavage du péché, et conduit à travers le désert Tien de cette vie, vers le ciel, la vraie terre promise. | de- L'Église veut que ses enfants méditent, durant l’A- “Ar vent, sur l'esclavage de l’homme, sur sa délivrance, sur l’état de liberté où il a été rétabli.

itier ;

eux

ites l'" POINT.—L'ÉTAT D’ESCLAVAGE.

C’est l’assujettissement aux conséquences du péché d'Adam et d'Éve; c’est l’asservissement à la triple concupiscence, et aux lourdes chaînes qu’elle fait porter à ceux qui s’abandonnent à ses convoitises. Jésus- Christ seul peut délivrer l’homme de cet esclavage, et détruire à son égard la tyrannie du démon.

‘ Quiconque est vaincu, est l’esclave de celui qui

l'a vaincu” (II Petr., xi), et celui qui pèche, subit l'esclavage du péché R des passions.

‘6 Tout homme qui commet le péché est esclave du péché. ” (Rom., vii.) Oh ! qu’il y a, même parmi les chrétiens, d'esclaves de Satan, et du péché et des vices, qui gémissent sous cette tyrannie, comme Augustin avant sa conversion! Voici le Libérateur qui vient : voici l’anniversaire de sa venue dans le monde; que tous ceux qui gémissent dans cette servitude, lui fassent entendre la voix de leur cœur demandant le pardon et la délivrance.

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