MÉDITATION SUR LA NAISSANCE DE JÉSUS-CHRIST A BETHLÉEM
‘“ Lorsque tout reposait dans un silence paisible, et ‘que la nuit était au milieu de sa course, est-il écrit ‘au livre de la Sagesse (ch. 18), votre parole toute- ‘ puissante vint du ciel, du trône royal, et fondit tout ‘“ d’un coup sur cette terre,” etc.—Ces paroles reçoivent aujourd’hui leur accomplissement. La nuit merveilleuse qui devait être pour le genre humain un jour resplendissant de lumière, est enfin arrivée. Nations de la terre, tressaillez. Celui qui faisait depuis si longtemps le sujet de votre attente, vous est venu. ‘ Un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné,” selon la prophétie d’Isaïe...C’est l’Agneau sans tache immolé dès l’origine du monde..Cœurs fidèles, volez audevant de lui...Il vient plein de bénignité et de miséricorde, .….rempli de compassion pour nous. 1 vient répandre sur nous les richesses de sa bonté. Revêtu de notre nature, il vient faire ses délices d’être avec nous, nous traiter comme ses frères...semer sur chacun de ses pas les plus abondantes bénédictions. Sic Deus dilexit mundum, etc! L'esprit humain ne saurait jamais sonder l’abime profond de ce mystère d'amour. .Du moins, dociles à l'invitation de l’Église, adorons ce Dieu qui est né pour nous..Dirigeons-nous en esprit vers Bethléem, pleins d’une joie pure. .C’est un jour de réjouissance.. Tandis que les justes ont sujet de pleurer d'amour, les pécheurs ont lieu de livrer leurs âmes à l'espérance. . . C’est aujourd’hui la fête de l’£Emmanuel,
de Dieu avec nous !...qu’il y a de douceur à savourer dans la méditation de la délicieuse vérité renfermée sous ces mots ! —0 Marie, introduisez-nous vous-même auprès de la crèche et du berceau de l’Enfant-Dieu. Aidez-nous à contempler le spectacle de Bethléem comme vous l’avez contemplé vous-même.
A7 PoinT.—Jésus. — Venez voir, âmes pieuses et fidèles, l’étonnant spectacle de la naissance de l’Enfant- Dieu. Quels merveilleux contrastes s’y rencontrent! quel humiliant abaissement, et quel signe de puissance tout à la fois! Jésus naît dans l’étable ; mais Marie l’enfante sans douleur—avec une joie ineffable—sans cesser d’être vierge. Il paraît comme la lumière, comme un rayon du soleil qui traverse le cristal le plus pur, sans qu’il en reçoive la moindre atteinte. Miraculeusement concu, il naît d’une manière encore plus miraculeuse...Nous vous adorons, Seigneur, au moment de votre naissance. En union avec Marie et Joseph, nous nous prosternons avec une foi vive et un sentiment de respect profond devant votre majesté infinie, voilée et cachée sous les traits de la divine enfance. Ni l’étable que vous habitez, ni les langes qui vous servent de vêtement, ni la crèche où vous êtes couché, ne nous empêchent de vous reconnaître et de vous adorer comme le Roi immortel des siècles. Sous ces dehors, nous croyons que vous êtes le Dieu fort, grand, magnifique et digne d’éternelles louanges. Discernant votre gloire à travers les voiies qui nous la dérobent, nous voudrions pouvoir emprunter aux anges leurs sublimes cantiques, pour exalter votre puissance et votre grandeur infinies...Quand nous considérons
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que vous vous êtes rendu si petit, si humble, si pauvre, nous n’éprouvons, Ô divin Enfant, qu’un seul sentiment, celui de l’enchantement avec lequel nous sommes ravis de vos infinies amabilités. Et puis, quelles consolantes lumières nous puisons auprès de votre berceau ! Nous vous y voyons non pas environné, comme les enfants des grands, d’une sorte de gloire qui éblouit ; vous êtes enveloppé de langes, et ces langes signifient qu’en prenant notre mortalité, vous avez pris aussi nos infirmités. En vous faisant ainsi semblable à vos frères (Hebr., 2), vous nous consolez, parce que vêus nous donnez la garantie que, ayant voulu goûter nos maux et en faire la douloureuse expérience, vous serez plein de compassion et d’amoureuse tendresse pour nous, lorsque nous éprouverons les douleurs et les misères de la vie. O Dieu Enfant ! à langes ! à crèche ! que vous parlez éloquemment à notre esprit et à notre cœur !
2° Pornt.—Les ANGES. — Le Roi du ciel s’est fait petit enfant. Ses ministres, les Esprits bienheureux, descendent pour l'adorer, et pour annoncer sa naissance miraculeuse. Ce n’est pas aux grands, aux riches, aux puissants qu’ils s’adressent d’abord ; ce ne sont pas ceux qu'ils amènent à son berceau divin comme les premiers disciples de l’'Homme-Dieu. Comme c’est dans la personne d’un petit enfant que la terre va reconnaître son nouveau Roi, c’est dans la personne d'humbles bergers qu’elle va reconnaître ses premiers partisans. C’est à ces hommes simples et pauvres que les anges apprennent le grand événement de la naiss sance du Messie. Une charté brillante comme la lumière du soleil les environne, pour faire comprendre que
celui qui est né, est la lumière des intelligences, —le soleil des âmes,—la splendeur de l’éternelle clarté...0 lumière précieuse, descendue du ciel, venez inonder nos âmes. Venez y répandre cette joie que l’ange nous annonce : annuntio vobhis gaudium magnum. Là où nait la vie, il ne doit plus y avoir lieu à la tristesse. —Chose étonnante ! au milieu de cette clarté, l'ange annonce aux bergers qu'il leur est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, et il ajoute : ‘‘ Voici le signe que je ‘vous os pour le reconnaitre : Vous trouverez un ‘enfant enveloppé de langes et couché dans une ‘“ crèche.”"—Voilà tout le signalement, voilà tout le royal appareil du Roi des nations.—Oh ! j'en comprends la raison. Ce n’est pas un royaume temporel que ce grandroivientseformer: c'estun royaumetoutspirituel. C’est le signe de toutes les vertus qu’il vient inaugurer ; et pour cela, il abat d’abord tous les vices, il stigmatise l'orgueil, la volupté, l’avarice, l'amour des grandeurs, des plaisirs. Voilà Ja signification de l’étable, des langes, de la crèche...Il en sort une voix qui foudroie les vices de l’ancien monde, et qui prêche et met en honneur les vertus du monde nouveau que le Messie vient faire surgir de ses doctrines...0 étable ! 6 langes ! à crèche ! puissé-je bien comprendre et pratiquer tout ce que vous me prêchez d’humilité, de mortification, de renoncement aux plaisirs, etc. Les vrais disciples du Dieu fait homme doivent ressembler à leur maître, et se faire reconnaître aux mêmes signes que lui.
3° PoiNT. — Les BERGERS.—"** Heureux les pauvres par le cœur,” dira un jour Jésus-Christ, ‘ parce que le royaume des cieux leur appartient.” Déjà le choix des
crèc
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bergers pour être les premiers adorateurs du Messie nouveau-né, de préférence aux riches et aux savants, fait anticiper quels sont ceux que ce divin Roi doit choisir pour son royaume... Heureux pasteurs de Bethléem ! ravis de ce qu'ils venaient de voir et d’entendre, ils se hâtent de répondre à l'appel céleste. ‘ Allons jusqu’à Bethléem, se disent-ils les uns aux ‘autres, et voyons ce qui est arrivé, et ce que le Sei- ‘ gneur nous a fait connaitre.” Bel exemplede prompte fidélité à répondre à la grâce ! Quand il s’agit de se laisser attirer par Jésus, de le chercher, de le contempler, il ne faut pas se permettre le moindre délai, Nous nous joignons à vous, premiers adorateurs du Verbe fait chair, nous voulons partager votre empressement, et nous hâter aussi vers Bethléem, pour comtempler, admirer, aimer avec vous l'Enfant de la crèche. Animés de votre foi, nous vous accompagnons dans son humble demeure, pour adorer ses abaissements, pour reconnaitre son amour infini pour nous, et pour étudier les divines leçons qu’il nous y donne.