AFFECTIONS DE TENDRESSE ENVERS L'ENFANT JÉSUS
1° O Dieu la Sagesse même, vous avez choisi une étable pour le palais de votre grandeur, et une crèche pour le trône de votre gloire ! En voyant vatre divine majesté ainsi anéantie et humiliée, comment pourrais- Je être épris de l’amour des richesses et des grandeurs ? Oh! je veux, au contraire, n’estimer que ce que vous avez estimé, et mépriser ce que vous avez méprisé.
Je veux aimer la pauvreté et l'humilité ; je veux mépriser la vaine fumée de l’orgueil.
90 O Dieu de bonté, que vous avez caché votre grandeur en vous rendant enfant ! mais que vous avez fait éclater votre bonté et votre miséricorde ! Jamais vous ne vous êtes rendu plus aimable, que lorsque vous avez paru pauvre et misérable. Jamais votre bonté n’a paru plus grande que lorsque vous avez anéanti votre majesté. Le petit enfant calme la crainte en répandant ses amabilités sur lé Dieu grand et terrible ; il fait naître, il sollicite l'amour.
3° O petit enfant, on se sent attendri par vos larmes, vos pleurs excitent la compassion, mais non la crainte : ils relèvent notre espérance et bannissent la défiance. —Enfants des hommes, faites-vous enfants de Dieu.
4° Vous êtes grand, admirable, vous êtes le Roi des rois, mais vos grandeurs me surprennent moins que vos abaissements. Les éclats de votre tonnerre m'émeuvent moins que vos gémissements et vos larmes. J'ai pu résister à votre puissance et à votre grandeur, je ne puis résister à votre infirmité et à votre humilité, Elles me ravissent et m'enlèvent ! Si vous n’étiez que Dieu, j'aurais peut-être le triste courage de combattre contre vous, mais parce que vous êles Dieu- Homme, vous triomphez de mon cœur sans combat. Les charmes de votre amour font sur ma volonté ce que ia crainte de votre colère n'aurait pas opéré. Ils excitent un plus grand feu dans mon âme que n’en allumeraient les éclairs du Sinaï.—0O divin Enfant, j'attends de vous tous vos biens, parce que vous avez pris sur vous tous mes maux. J’espère que vous
m’enlèverez au ciel, puisque vous êtes descendu pour moi sur la terre.
O cher enfant de Marie! venez entre mes bras ; reposez-vous sur mon cœur, baignez-moi de vos larmes, bénissez-moi de vos petites mains, baisez-moi de votre bouche sacrée ! Si, ici, je m’oublie vis à-vis de vous, si je manque au respect que je vous dois, c'est bien votre amour qui en est la cause. Si vous ne voulez pas être ainsi aimé, pourquoi vous seriez-vous rendu si aimable ?
O mon juge et mon Sauveur! si l’éclat de votre trône me pénètre de frayeur, la crainte fait place à la joie, à l’amour et à la confiance, lorsque je vous contemple emmailloté dans une crèche! Vous ne vous êtes pas fait enfant pour vous faire craindre. Vous ne vous êtes pas fait homme pour me perdre. Aussi espéré-je vivement que votre miséricorde va me sauver.