‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 48 sur 204 · FÊTE DES SAINTS INNOCENTS · texte numérisé non relu

FÊTE DES SAINTS INNOCENTS

MÉDITATION

41° PRÉLUDE .—Considérez l’Enfant Jésus, encore à son berceau, entouré d’une cour formée d’une troupe nombreuse d’innocents, qui se jouent, pour ainsi dire, avec leurs palmes et leurs couronnes, autour de lui.

2 PRÉLUDE.—0 gracieux et tendres Martyrs, enlevés comme des roses naissantes ! prémices de ces millions de wartyrs immolés dans la suite des siècles, pour la

gloire du nom de Jésus, que j'aime à vous contem-

pler souriant à l'Enfant divin, qui pose joyeusement sur vos fronts une immortelle couronne, en même temps qu'il vous couvre d’une robe dont la blancheur est plus éclatante que celle du lis! Obtenez-moi de célébrer pieusement cette fête instituée en votre honneur, et d'y puiser l'instruction et les pieux sentiments qu’elle est propre à me donner.

Le PointT.—Hérode.—Jésus"devait être ‘ un signe de contradiction,” d’après la prophétie du saint vieillard Siméon. Cette prophétie commence à s’exécuter avec la vie mortelle du Sauveur. Hérode, prince ambitieux et impie, a appris par les Mages la naissance

à de ce nouveau Roi des Juifs. Aussitôt, il est troublé

sur son trône. Son ambition jalouse lui fait prendre la

| détermination la plus barbare. Il ordonne un massacre

affreux et général des petits enfants de Bethléem et des environs, croyant, dans sa fausse sagesse, se défaire ainsi de Celui qu’il redoute comme un rival. Le

sang de ces innocents coule à grands flots. En vain leur mères font entendre leurs gémissements. Le tyran et les exécuteurs de sa barbarie n’ont aucun égard à leur désolation.

Oh ! qu’une passion désordonnée qu’on n’étouffe pas à temps, et que, au contraire, cn entretient et on nourrit, peut se portier à des excès de crimes ! Hérode en offre un bien terrible exemple! O orgueil et ambiiion ! à cupidité et amour de la gloire et de la puissance, de combien de sang vous avez abreuvé la terre! combien vous avez fait verser de larmes, sans êlre attendris par les douleurs et les gémissements de vos victimes !

Mais ce n’est pas seulement la passion d’un Hérode ou d’autres ambitieux qui peut produire de grands maux, ce sont toutes les passions déréglées qui inondent la terre de malheurs. O monde, dominé par les instincts pervers de la nature, que c’est à bon droit que tu as été maudit par le Dieu de douceur et de charité lui-même. Tu ne veux pas qu'il règne sur toi. Eh bien, moi aussi, j’ai horreur de te permettre de régner sur moi. Mes sentiments, mes désirs, mes idées, seront à jamais opposés à tes sentiments, à tes désirs, à tes idées. Je déteste ton esprit, j'en gémis. Je me réjouis de me faire victime pour tâcher que tu obtiennes de suivre les saintes doctrines et les vertus de l'Évangile... Oh ! que je vous rends grâce, mon divin Sauveur, de m'avoir séparé du monde méchant pour m'attacher à vous. Dans ma reconnaissance, je renouvelle et veux renouveler souvent ma résolution de combattre en moi, avec force et persévérance, les

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moindres indices de l'esprit et des passions du monde en révolte contre votre esprit et vos saintes maximes. 2e PoinT.—Les Innocents. —Que ces enfants sont heureux d’être morts pour Jésus-Christ ! Oh ! si leurs mères plongées dans une douleur si profonde avaienf pu apprécier leur bonheur, il est vraisemblable que leur désolation aurait fait place à de bien douces larmes. C’est pour Jésus-Christ qu'ils ont été massacrés. Oh ! sans doute ce Dieu persécuté en leur personne se sera révélé à eux et leur aura découvert l'honneur de leur martyre et la gloire dont il les ferait jouir, au ciel, lorsqu'il l'aurait rouvert par sa propre mort. L'Église nous élève à l’idée de leur félicité en citant, dans sa liturgie, ce passage de l'Apocalypse où saint Jean décrit la scène qu’il vit sur la montagne sainte où’ l’'Agneau sans tache a établi son trône. ‘ Et je vis..…..et ‘* voilà que l’Agneau était debout sur la montagne de ‘Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille, qui ‘‘avaient son nom, et le nom de son Père, écrit sur ‘leurs fronts... Et ils chantaient comme un cautique ‘‘ nouveau devant le trône...et nul ne pouvait chanter ‘“ ce cantique, si ce n’est ces cent quarante-quatre mille, ‘‘ qui ont été rachetés de la terre... Ceux-là suivent ‘ l'Agneau partout où il va. Ge sont ceux qui ont été ‘‘ rachetés d’entre les hommes, pour être les prémices ‘‘offertes à Dieu et à l’Agneau.” (Apoc., 14.)

En bénissant, en gloritiant et en célébrant aujourd’hui, avec l’Église, la bienheureuse troupe des saints Innocents, apprenons à tourner nos yeux, nos pensées et nos cœurs vers la sainte montagne, et à ne pas manquer de louer et de remercier le Seigneur lors-

qu’il permet que l’affliction tombe sur nous. Car les peines qui nous arrivent ont peut-être sa miséricorde pour cause. Elles servent à nous purifier, et elles deviennent comme des garanties de salut quand elles sônt endurées avec patience et soumission aux vues du ciel.

3° POINT.—Jésus.— Il n’y a ni force, ni sagesse contre Dieu : ce n’est que de la faiblesse et de la folie. La sagesse divine confond tous les conseils de la prudence humaine, et elle arrive à sa fin par des moyens ‘ qui semblaient contraires... Hérode a voulu faire périr l’Enfant-Dieu ; et, en le faisant fuir en Égypte, son horrible plan n’a servi qu’à faire accomplir plus tard cette parole que le Seigneur avait dite par la prophétie : ‘ J'ai rappelé mon fils de l'Égypte. ” En sorte que ce prince impie est devenu simplement l’instrument de la Providence.

Les combats contre Jésus-Christ ne finiront jamais, mais ses victoires suivront toujours les attaques. Ses disciples ont donc lieu de se rassurer. Ce n’est pas en vain qu'il a dit: ‘‘ Ayez confiance, j'ai vaincu le monde.” (Jean, 16.) Dans tous les temps Jésus sera persécuté dans son Église. Les sages du siècle, les savants mettront tout leur esprit à tâcher de convaincre celle-ci de fausseté dans son enseignement. Les riches, les puissants essaieront de lui porter des coups mortels, mais en vain. En dépit de toutes les haines et de tous les efforts, après dix-huit siècles, le Christ règne, il est victorieux, il commande. Ses combats perpétuels perpétueront ses triomphes ; ils prouveront sa divinité, la vérité de sa religion et l’infaillibité de

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ses promesses. En sorte que le vrai chrétien a droit de s’écrier, plein de sécurité, avec saint Paul : Je sais qui est celui auquel je me suis confié, et j'ai une entière et parfaite certitude qu'il accomplira fidèlement ses promesses.

Dans cette consolante pensée, il s’abstient de toutes plaintes, s’il éprouve des peines et contradictions de la part du monde. S'il est persécuté dans ses paroles, dans ses vertus, dans ses œuvres, il songe que c’est Jésus qui est persécuté en lui; et à la vue de la malice du monde, il se console par l’abandon et la confiance envers Celui qui distribue, au ciel, les palmes et les couronnes. O mon Jésus, voilà quel sera le principe de ma paix et de ma sérénité, dans tous les déboires qu’il pourrait m'arriver d'éprouver de la part des hommes.

MÉDITATION

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