LA SENTENCE DU SOUVERAIN JUGE
Enfin, arrivons à la scène finale de ce drame glaçant que nous avons entrepris de décrire.
Lorsque la manifestation des consciences aura eu lieu, le Juge suprême prononcera la sentence qui doit fixer pouir toujours le sort des justes ct des pécheurs. L'Évangile nous dit comment il parlera aux uns etaux autres. Aux justes il adressera ces douces paroles aui renferment déjà toute une éternité de bonheur : ‘ Venez, les bénis de mon Père, posséder le royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde. ” (Matth., xXV.) Quelle consolante invitation, surtout sortant de la bouche d’un Dieu qui l’adresse avec le ton de la douceur et de la bonté, avec un cœur embrasé d’un amour immense ! ‘Venez, les bénis de mon Père.” Le
Ætemps des humiliations, des croix et des souffrances est i, femme Sa Mpassé. Une joie éternelle va commencer dans les délidénaturé, Ces enivrantes de la maison de Dieu. Jésus y invite ses amis. Venez, les bénis de mon Père, élancez-vous
dans mon sein, plongez-vous dans cet océan de lumière et d'amour. Vos couronnes, vos trônes vous attendent : rentrez en possession de votre gloire.
Et, tout de suite, se tournant vers les réprouvés, il prononcera contre eux la sentence effroyable. Avec un regard d'où jailliront l'éclair et la foudre, il leur adressera le terrible anathème : ‘‘ Retirez-vous de moi, maudits : allez au feu éternel qui a été préparé pour Satan et pour ses esclaves.” Ce coup de foudre tombera-t-il sur un seul d’entre nous ? S'il en devait être ainsi, ne serait-ce pas assez pour nous consterner et nous faire demander, chacun à soi-même : hélas ! serait-ce moi qu'un tel sort attendrait ?
Mais, à la vie que nous menons, n’y a-t:il pas lieu d'appréhender que cet anathème ne tombe sur plusieurs ? ‘* La crainte perce mon cœur et ma chair, quand je songe à la possibilité d’un si grand malheur. —Retirez-vous de moi, maudits ! Et où vont donc aller ces maudits d’un Dieu de bonté et d'amour ? ” Ils vont aller loin du ciel, loin du séjour admirable de la paix, des consolations, des délices parfaites. Beauté éternelle, jamais ils ne vous contempleront. Lumières infinies, jamais ils ne verront vos splendeurs. O Jésus, soleil resplendissant de la Jérusalem céleste, ils vont être éternellement privés de voir votre visage dont les charmes enivrent les bienheureux ! Adieu, adieu à jamais, diront-ils, à anges, à élus! Adieu pour toujours, à Marie, leur reine à tous, et qui les surpassez tous en beauté ! Nous étions appelés à régner avec vous dans le ciel, mais, hélas ! il ne nous reste plus qu’à aller maudire et notre sort et notre folie.
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Alors la sentence du souverain Juge recevra son dernier accomplissement. Le ciel s'ouvrira : le Sauveur y montera précédé de la croix lumineuse, accompagné de tous les anges et de tous les saints. Dans ce même moment, les démons s'empareront des reprouvés et les entraineront dans les cachots de feu, là où il y aura éternellement des pleurs et des grincements de dents. Là, plus d'espérance, mais un désespoir sans fin... La porte du lieu des douleurs se fermera, et la colère de Dieu la scellera pour l'éternité.
Vous avez la foi de ces vérités. Vous savez que c'est ainsi que se passeront les choses, au dernier jugement. Et, ce jugement, vous le savez encore, il ne sera que la confirmation de celui que nous subirons, chacun de nous, au moment de notre mort. Et la sentence qui sera prononcée sur chacun de nous, à notre mort, sera la conséquence de la vie vicieuse ou vertueuse que nous aurons menée. Vous croyez, dis-je, toutes ces choses. Ne pas croire serait folie ; mais les croire, et ne pas travailler à sa sanctification, c'est au point de vue de l'éternité, une inqualifiable démence. Pendant qu'il en est temps, mesurons donc souvent, du regard d’une foi efficace, la sombre et ténébreuse profondeur de l’enfer ; calculons la longueur de ces siècles éternels que les réprouvés y passeront, dévorés par le ver de leurs remords, rongés par leur désespoir, tourmentés par un feu éternisé par le souffle de l’éternelle vengeance de Dieu. (Réflexions et résolutions.)
(Extrait et emprunté de l’abbé Coulin.)
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