PREMIER DE L’AN
Trois circonstances bien remarquables donnent une haute importance à la solennité de la Circoncision. Ces trois circonstances sont {1° la circoncision ellemême qui fut donnée à l'Enfant de Bethléem ; 2° le nom de Jésus, c'est-à-dire Sauveur, qu'il reçut à pareil jour, et dont l’Église s’occupera le deuxième dimanche après l’Épiphanie ; 3" enfin, l'ouverture de la nouvelle année, dont il est question dans la méditation qui précède. Nous allons méditer sur la première de ces circonstances. Puisse ce premier Sang que Jésus répand sous le couteau de la circoncision, être apprécié à sa divine valeur, par les Sœurs de cette communauté, et les pénétrer d'amour et d’une vive reconnaissance !
Le premier Sang répandu par l'Enfant divin, dans le mystère de la Circoncision, e’est là, à proprement parler, ce qui fait l’objet de la solennité de ce jour.
La circoncision était une cérémonie sanglante et pleine de mystère, que Dieu avait imposée à Abraham et à toute sa race, comme la marque extérieure de l'alliance du peuple juif avec le Seigneur. On était agrégé, par ce rite, au peuple de Dieu, comme nous entrons nous-mêmes dans l’Église par le baptême qui l'a remplacée.
On comprend facilement que Notre-Seigneur étant le Fils de Dieu, n’était nullement obligé de se soumettre à une loi qui regardait les enfants des hommes.
Pourquoi donc s’y est-il soumis, et y a-t-il reçu le qui le - nom de Jésus, c’est-à-dire Sauveur ? Pourquoi, de- de la mande le grand saint Bernard, ce nom si auguste de Jés Jésus est-il attaché à la circoncision, qui était une menc cérémonie douloureuse et humiliante ? Quels rapports Dieu existe-t-il done entre le nom du Sauveur et la circon- prém cision de l’£nfant ? 2° Eh bien, la voici : c’est que ce circor fut dans cette cérémonie que le Sauveur commença à la cro opérer ce grand mystère qu’il s'était proposé pour lin In dans son /ncarnation. Je veux dire le mystère de la une g Rédemption du genre humain, par l’effusion de son Sang, été pa ‘ mystère distinct de celui de l’Incarnation, bien qu'il n’en nous ( soit pas séparé. Par l’/ncarnation, le Fils de Dieu s’est bien f fait Lomme pour nous, par la ÆRédemption il s’est fait tique | notre Sauveur et notre victime, en prenant sur lui nos m ystè péchés, et les misères, les souffrances, les humiliations, 3°. la mort même, qui sont la suite et la punition du loi, p péché. Or, par la circoncision sont signifiés tous ces circon services, toutes ces fonctions de Sauveur. Elle en est extéri ‘le gage. Car la Circoncision et la Croix ne forment que d “qu'un seul mystère, quel que soit l’intervalle qui consis sépare le sanctuaire où ont été répandues les pre- piscen :mières gouttes du Sang de Jésus, âgé de huit jours, et qui se ‘le Calvaire qui a été arrosé de la dernière goutte qui A cl fût restée dans ses veines ; dès aujourd’hui, ils sont déjà cette f réunis ; car le Fils de Dieu, qui en s’engageant sous qu'il € ‘le couteau de la circoncision, a rempli tout ce que la loi de volonté de son Père lui imposait, s’engageait aussi aux l’accor affreux tourments de sa Passion ; il accepte dès lors quée, ‘la mort de la croix ; il est dès lors une victime dé- soume -vouée au sacrifice, déjà frappée, déjà sanglante, et sur Or,
u le dee de une ports con- 1e ce ça à re fin de la ang, n’en | s’est t fait i nos ions, on du s ces n est ment qui prers, el e qui déjà sous ue la i aux lors dé-
t sur
qui le dernier coup est suspendu. L'œuvre ineffable de la rédemption du monde est commencée.
Jésus-Christ, en se soumettant à la circoncision, commença dès lors à faire de sa part tout ce-qu’un Homme- Dieu pouvait faire pour nons sauver. En offrant les prémices de son Sang adorable, en vertu même de sa circoncision, il s'engagea à répandre tout son Sang sur la croix pour la réparation entière de nos péchés.
Il n’en faut, sans doute, pas plus pour nous inspirer une grande et haute idée du mystère de ce jour, quia été pour nous le commencement du salut, et pour nous engager à en bien profiter. Et le moyen d'en bien profiter, c’est de comprendre et de mettre en pratique les saints enseignements que renferme ce grand mystère de la Circoncision.
3° Jésus-Christ a voulu abolir ce rite de l’ancienne loi, pour y substituer la circoncision nouvelle, la circoncision du cœur. Celle-ci n’est pas seulement extérieure, mais elle pénètre, pour ainsi-dire, jusque dans les parties les plus intimes de l’âme. Elle consiste dans le renoncement aux vices et aux concupiscences de la chair. C’est une circoncision du cœur, qui se fait dans la ferveur de l'esprit.
A commencer donc du mystère qui fait l’objet de cette fête, le Fils de Dieu nous impose sa loi nouvelle qu'il est venu substituer à la loi de Moïse : c’est la loi de la circoncision spirituelle et les obligations qui l’accompagnent. Toute âme qui n’en sera pas marquée, qui ne pratiquera pas les devoirs auxquels elle soumet, sera privée du ciel.
Or, ces devoirs consistent à retrancher tout ce qui
dépfaît à Dieu dans l’âme; à réformer entièrement toute affection vicieuse, toute inclination dangereuse. Ils consistent à dompter et l'humeur, et les passions et les penchants ; à changer toute habitude mauvaise, et à extirper du cœur tout désir vicieux. Le chrétien vraiment circoncis de cœur doit comprimer l’orgueil et la colère; il doit élouffer la vengeance et la rancune, réduire les hideux penchants de la volupté; enfin arracher tous les germes de péché de son cœur, et s'éloigner de tous les objets, de toutes les occasions qui peuvent le pervertir.
Tels sont les importants sujets que la solennité du jour nous donne à considérer. La circoncision ancienne signifiait de grandes choses pour la loi de grâce, Elle signifiait la circoncision du cœur, siège de la triste concupiscence, et d’où vient tout le mal.
Cette grande solennité doit nous faire souvenir que Jésus-Christ, à sa Circoncision, a pris le titre de Sauveur (Jésus), parce qu'il s’engageait à racheter, plus tard, le genre humain au prix de son Sang. Cette fête nous rappelle également l'obligation que nous impose le Dieu qui s’est fait notre victime, de travailler à une circoncision générale de tout ce qui peut déplaire à Dieu ; de mener une vie pénitente ; d'observer l’Évangile avec docilité et obéissance.
Donc, quelle sérieuse méditation à faire, pour conformer notre conduite à ces notions ; pour embrasser le travail du détachement de toutes les choses de la terre; pour n’aspirer plus qu'aux choses célestes ; pour toujours faire effort pour mourir à soi-même, et
pour seul Ex
nèm