SUR LA PERTE DE JÉSUS
(Lecture d l'Évangile du jour.)
1° Quelle grande perte pour des religieuses, que la perte de Jésus ! Jésus pour elles, c’est tout le bien. I est la source d’où coulent pour elles les vrais plaisirs, le vrai bonheur. C’est dans la jouissance de sa présence et de son amour dans leurs cœurs, qu’elles goùtent de délectables consolations. Mille mondes, avec tous leurs plaisirs, ne sont rien auprès de lui.
On perd Jésus par le péché grave; on commence à le perdre par le péche véniel ; on s’en éloigne par les infidélités ; on Île quitte par l'oubli, par la tiédeur et par la négligence. Jésus dans une âme s’unit à elle, la dirige, la protège, la console.
On perd entièrement ou en partie ces avantages ; on rompt tout à fait ou on commence à rompre avec la grâce d’union de Dieu avec l'âme, —avec la grâce de direction, de protection et de consolation; et l’âme qui se désunit ainsi d'avec Dieu par ses fautes, ses infidélités, etc., se sent bientôt affaiblie, parce que Jésus n’est plus en elle comme auparavant, et ne la dirige, ni ne la protège, ni ne la console plus. Quel malheur pour une âme religieuse !
2 Quand on a perdu Jésus, il faut s’efforcer de le recouvrer ; il faut soupirer pieusement sur sa perte. Il faut chercher Jésus comme Joseph et Marie, avec
douleur, diligence, humilité, dévotion, etc... Il faut mettre tout à profit pour le retrouver: exercices spirirituels, détachement, fidélité dans les petites choses, mortification, recueillement intérieur, silence, etc... O mon Jésus, préservez-moi de vous perdre jamais. Soyez loujours dans mon cœur, comme sur le trône de votre grâce, comme dans le temple de votre gloire, comme dans le sanctuaire de votre esprit, comme dans le lieu des délices de votre cœur. Faites-moi jouir sans cesse de votre douce présence. O fontaine d’eau vive, abreuvez mon âme, rafraïchissez-la, vivifiez-la.