‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 81 sur 204 · LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGÈSIME · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGÈSIME

JÉSUS-CHRIST PRÉDIT SA PASSION ET SA RÉ- SURRECTION, ET GUÉ"IT UN AVEUGLE AUPRÈS DE JERICHO.

47 Pornt.—Notre-Seigneur partant pour Jérusalem, avec les douze Apôtres, prédit sa Passion pour la troisième fois. Il leur dit donc: ‘‘ Tout :e qui est ‘* écrit par les prophètes au sujet du Fils de l’homme ‘ sera accompli : il sera livré aux gentils, traité avec ‘ dérision, fouetté et couvert de crachalts, et après ‘ qu'on l'aura fouetté, on le fera mourir, et i! ressus- ‘“ citera le troisième jour.”

Le moment était venu pour Jésus-Christ de consommer son sacrilice. Dans peu de jours, les Juifs allaient célébrer leur Pâque, et immoler l’Agneau

pascal, comme ils le faisaient depuis quinze cents ans. Le véritable Agneau allait être immolé, pour racheter tous les peuples de la terre de leur longue servitude, au prix des plus cruelles souffrances et de la mort la plus ignominieuse de ce Dieu incarné. Partant pour Jérusalem, où devait se passer cette lamentabie scène, Jésus-Christ en renouvelle la prédiction à ses Apôtres. Et il était calme et serein !

Il était donc vraiment Dieu celui qui prédisait non seulement sa mort, mais encore sa résurrection. Quel autre qu’un Dieu aurait pu dire : Je vais à Jérusalem, où les Juifs vont me mettre à mort, et je ressusciterai le troisième jour ?

L'Église, dans l'Évangile de ce jour, rappelle cette prédiction de la mort du Sauveur, pour faire comprendre à ses enfants qu’elle désire qu’ils fuient la dissipation mondaine, et qu’ils commencent, sans délai, à se tourner vers la pensée des mystères de la Passion, qu’elle fera célébrer à la fin de la sainte quarantaine. Oh! nous a'ons besoin d’avoir présent à l'esprit le souvenir de la Passion, afin de nous efforcer d’en tirer les fruits de grâce qu'il est si propre à produire. Et puis, c'est évident, le souvenir de sa Passion était doux au cœur de Jésus. Si nous voulons lui plaire, montrons que nous aimons la pensée de ce qu’il a souffert pour nous. C’est le moyen d’intéresser son cœur en notre faveur.—Sentiments, etc.

11e PoinT.—Jésus a voulu prédire sa Passion afin de soutenir ses apôtres, lorsqu'elle arriverait, puisque cette prédiction était une preuve de sa divinité ; et afin que cette prédiction convainquit ses amis que sa Pas-

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sion était bien plus l’effet de son amour que de la fureur de ses ennemis ; et qu’il offrait ses humiliations et ses souffrances, pour obtenir les biens du ciel et de l’éternité qu’il leur avait promis.

Mais, pour faire un effet plus certain sur l'esprit de ses disciples, Jésus voulut fortifier davantage la persuasion qu’il était vraiment Dieu. C'est pourquoi il ajouta à sa prédiction le fait du miracle en rendant la vue à un aveugle, afin que cet acte évidemment divin rendît sa divinité indubhitable.—Et Jésus voulut, en outre, faire comprendre qu’il était venu pour guérir le genre humain des ténèbres de ses erreurs, figurées par la cécité corporelle de l’infortuné auquel il rendit la lumière de ses yeux. Et ce bienfait il l’exercera en faveur de tous les pécheurs qui voudront recourir au pouvoir qu’il a conféré aux ministres de son Église, jusqu’à la fin des siècles.

Aux yeux des Pères de l’Église, la cécité spirituelle dans laquelle plonge le péché, rend l’homme, au milieu de la religion, ce qu'est l’aveugle au milieu de la nature, et quelque chose de pis encore, car ce que ne fait pas la cécité corporelle, l’aveuglement spirituel l’opère, puisqu'il va jusqu’à priver du sentiment du mal, et du désir de la guérison... L’aveugle spirituel s'enfonce dans ses ténèbres, et il se plaît à y rester, il éloigne les pensées salutaires, les rayons de lumière qui pourraient l’éclairer.

Et il faut réfléchir que l’aveuglement produit par des péchés graves n’est pas le seul qui soit à déplorer. Il y a un obscurcissement spirituel que peuvent produire les péchés véniels, l’abus des grâces, le relâche-

ment, la tiédeur, la négligence des petites choses, qu’il importe gravement de craindre, et dont il est essentiel de se préserver, par la fidélité et l'exactitude au devoir, par la vigilance et la ferveur de la prière, par le souvenir constant de la perfection à laquelle on est appelé, surtout quand on appartient au saint état religieux... Oh! comme l’aveugle de Jéricho, il faut demander à Jésus, quand ‘! passe près de nous, de nous «onner la claire vue de nos obligations. Or, Jésus passe sans cesse, pour ainsi dire, près des âmes religieuses. Il passe près d’elles par les bons exemples qu'il metsous leurs yeux; par de bonnes inspirations ; par de pieux mouvements; par le spectacle habituel des saints exercices religieux ; par la douceur qu’il sait attacher à son service dans les plus petites choses, ele.

O Jésus, je vous en conjure, guérissez-moi, faites briller aux yeux de mon âme votre céleste lumière, afin qu’elle me Girige sans cesse vers Vous, pour que je tende constamment à la perfection que Dieu demande de moi. Je vous demande cette grâce avec un cœur plein de désir, de foi et de confiance. Oh ! faites que je voie, Jésus, lumière des esprits ; et, à l'instant, je veux vous suivre en glorifiant el louant le Seigneur. Je veux vous suivre, si Dieu m'y appelle, jusque dans la voie des humiliations, des souffrances et de la croix du Calvaire.

OU

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