‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 90 sur 204 · LA PIÉTÉ N'EST POINT JALOUSE · texte numérisé non relu

LA PIÉTÉ N'EST POINT JALOUSE

La jalousie, c’est un sentiment pénible,un serrement, de cœur, un chagrin de l’âme, un certain dépit du succès, des bonnes qualités, —des biens de tout genre qu’on remarque chez autrui. On voudrait posséder seul ; on, ressent de la peine de voir d’autres partager avec soi. - La jalousie naît de l’orgueil, de l’égoïsme, de l’amour de préférence pour soi, pour sa communauté, qui font. qu’on a pour odieux et insupportable ce qui est à l’avantage des autres, qu'on se chagrine, qu'on s’attriste en entendant louer, approuver, etc.— La jalousie dans le

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monde est cause de grands maux. — Dans les cœurs pieux ele est une source de critiques, de manquements à la charité, — de blâme sans motif.— Elle s’excite à l'occasion des lalent:, qualités, succès, — considération, estimc,— grâces mêmes et avantages spirituels dont

jouissent les autres.

On est jaloux de la vertu, — de ses fruits, — des

œuvres qui pourtant glorifient Dieu : on blâme, on censure, on nie.

La vraie piélé n’est point jalouse, ne recherche que la pure gloire de Dieu, et s’en réjouit. Elle en est contente ; elle en est satisfaite, elle en éprouve du bonheur.

Pour être de Jésus-Christ il faut posséder son esprit. La piété et la charité sont inséparables, de même que le ruisseau ne se conçoit pas sans la source qui l’alimente... Saint Paul nomine la piété comme un fruit de l’Esprit-Saint renfermé dans la charité (Ép. aux Galates). Pour être ce qu’elle doit être (sincère et vraie), il faut qu'elle présente les caractères et qualités que le grand apôtre assigne À la vraie charité.

4° LA PIÉTÉ N’EST POINT TÉMÉRAIRE. "e

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Elle doit nécessairement avoir pour compagnes et ses | conseillères la sagesse et la prudence, afin de ne rien D faire mal à propos. Pour êire vraie — pour venir du effet Saint-Esprit, elle doit être circonspecte—mettre dans Elle ses actions de la maturité et de la réflexion, — de la dis- peti crétion et de l’ordre.— La nature et la vraie piété n’ont cher

pas la même manière d'agir. La nature est souvent l'écl

précipitée, téméraire, inconsidérée, légère.—La piété, fille du ciel, enrichit l’Ame des qualités opposées. Elle évite le caprice, l’indiscrétion, la témérité. Elle ne fait rien mal à propos, ni imprudemment. Elle évite ce qui blesse et gêne le prochain. Elle s'applique à connaître et à choisir les moyens convenables de faire le bien. Elle ronsulte la grâce et non les impulsions de la nature... Elle sait que tout ce qui est bon n'est pas toujours convenable ; — que ce qui est permis n'est pas toujours expédient.. 11 faut avoir l'attention d'agir comme il convient à son Âme,—à Ja position, —au rang que l’on occupe.— La piété mal entendue est téméraire, imprudente ; ce qui est cause quelquefois qu’elle détruit la paix, empêche le bien, inspire contre ellemême des préjugés et de l’éloignement.— Les saints ont été remarquables par la sagesse de leurs paroles et de leurs démarches. Les âmes pleines de l'esprit de Dieu, se distinguent par la même vertu. Voilà les modèles qu’il faut suivre.

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